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Full text of "La cathédrale de Saint-Pol, et le minihy Léon"

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CATHiDRlli DE SilNT-POl 

ET L.E 

M. l'Abbé PEYRON 

(icg-Ptfitdwit lit II SoclM AnMologlqui du flnitUn 



QUIMPER 

TVPOGRAPHiE ARSÈNE DE KERAMGAL 
IH?R[HBUR DE L'^VÉCUB 



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Vu at psnmlH d'imprimer. 



QuHnper, le f Juiltet 4$04. 



f FRANQOIS-VmGILE, 
Ëvâque de Quioiper et de Léo 



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[MDMLEDEM-MDELM 



NOTICES PRÉLIMINAIRES 



1» L'Ëv«ché de Léon. 

- Un manuscrit du xvii" siècle de la Bibliothèque 
nationale (Fr. ii, 531) contient ce précis historique 
sur la ville et le diocèse de Léon : 

(( La Cathédrale est située dans la ville de Saint- 
Paul de Léon, où est le siège de lÉvesque seigneur 
spirituel et temporel de la ville et de son mînihy 
qui est de grande étendue. 

i< Son Chapitre est composé de cinq dignités, 
savoir : le chantre, les 'A archidiacres de Léon, de 
Kemeuedily et d'Acre, le trésorier, l(i prébendes, 
desquelles une est annexée â la crosse, 7 vicariats 
qui sont possédés par 7 curés ou vicaires des 
1 



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'Z LA cathédrale: 

7 paroisses du minihy, 20 choristes (1), tj enfants 
de chœur, enlin tout le dit corps est composé de 
56 personnes n et s'appelle communément dans les 
anciens titres « collège ou marreau (2) de Léon ». 
Voici l'état de ce personnel pour l'année 1644 : 

CATALOGUE (3) 

DES CEL'X QL'I SONT ACJOURDHUY 4 JUIN 1644 DESERVANTS 

EN l'Église cathédrale de léon 

Mgr Il.etRR. Robert Cupiff, évêque et comte de Léon, 
qui est inséré sur les cahiers Dominua Epiac(>pus. 
Nobles et circumspects Missires, 

Rolland Poulpiquet, chantre et chanoine, cantor. 

Christophe Lesguen, chevalier du Saint-Sépulcre de 
Jérusalem, ayant faict le voyage de la Terre Sainte 
en l'an 1623, protonotaire apostolique, archidiacre 
et chanoine de Léon, archidiaconus Leonen. 

Yves de Poulpry, archidiacre de Quimilidili et cha- 
noine, archidiaconus de Quimilidili. 

Jean Touronce, archidiacre d'Acre Léon, archidiaco- 
nus Agnensis. 

Jean de Kerlec'h, trésoriei'et chanoine, thesaurarius- 

François Floch, docteur en théologie de la Faculté 
de Paris, chanôirte. 

(1) Prâtrcs employés au chœur. 

(j) Har«au du mot marelle, julOQ de présence. C'esl le nom 
qu'on doDiia i Ssial-Paul à tous ceux qui avaient droit aux dis- 
Iributions pour assistance au cbœur de la Cathédrale î le dislribu- 



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DE 6A.INT-P0L DE LÉON 3 

Nicolas Le Maître, chanoine, 

Hamon Quei^uz, chanoine. 

François Tréguier, chanoine. 

Mathurin Chouin, chanoine. 

Jean Guillerm, docteur en théologie de la Faculté 

de Paris, chanoine pénitencier, 
Claude de Penhoadic, docteur en théologie de la 

Faculté de Paris, chanoine théologal. 
Guy QuerScau, chanoine. 
Nicolas Filmon, chanoine. 
François Guergorlay, chanoine, 
Guillaume Le Page, précepteur, lequel ne porte pas 

habit au chœur. 

Sept vicaires de la dite église. 

Vénérables et discrets Maîtres, 

Louis Colin, vicaire du Crucifix devant le Chœur. 

Mathieu Marrec, vicaire de Saint-Pierre. 

Alain Le Borgne, vicaire de Saint Jean. 

Mathieu Simon, vicaire de Toussaints, sous chantre. 

Yves Kerdelan, vicaire de Treflgondern. 

Yves Corbé, vicaire de Notre-Dame de Cancellis, 
dicte Kael. 

Mathieu Pichart, vicaire du Crucifix devant le Tré- 
sor, docteur en droit canon. 

Choristes. 

Yves Souryman, sacriste. 
Marc Penortz, chappier. 



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4 LA CATHËDHALE 

François Aiiiinot, dyacre. 
Jean Henry, soubz dyacre- 
François du Chastel, chappier. 
Hervé Olivier, chappier. 
Jan Ladoryan, mestre de la ps'alette. 
Morice Raonou. 
Tous prêtres choristes. 

CJwristea clerc». 

Alain Synion, Thoi;ias Le Maijçre, Guillaume Ker- 
fourn. 

Six enfants de la psalette. 

François Morvan, Yvon Labbat, Pierre Pezron, 
Antoine Noël, HoUaud L , Hervé de 



(1 La Cathédrale est dédiée à saint Paul, premier 
évesque du lieu et de tout l'Evesclié, qui est d'une 
belle architecture en laquelle les Seigneurs et les 
Évesques ont signalé leur (magnificence) étant tout 
remplie de tombeaux, de sépultures, de cliapelles 
parliculieres, vitres armoyées plus qu'aucune autre 
que l'on puisse voir. 

« Le Chapitre porte pour armes : d'azur à un 
aigneau d'argent passant ayant la teste contournée, 
tenant d'un pied de devant le pied d'une croix d'or 
qui descend, en contrebout de laquelle pend une ban- 
derolle d'argent chargée d'une croix de gueules. 

» Les bénélices synodaux de cet Évêché consistent 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 5 

en 2 abbayes (1), 8 prieurs recteurs (â), ayant leurs 
vicaires, 2 prieurés cures (3), 1 doyenné (4|, 9 vica- 
riats cures (3), 74 rectories ou paroisses faisant en 
tout 9b, suivant le rôle du dit synode, compris ce q ue 
nous avons dit de l'église cathédrale et Chapitre. 

(i Cet Évêché consiste en 94 paroisses desquelles 
il y en a une enclavée qui est de Dol, divisé par 
archidiaconés : celui de Léon en a 30 y compris les 
7 du Minihy et non cette de Dol qui y est ; celui de 
Kemenedily en a 21 : celui d'Acre 29, sans compter 
les trellves ou fillettes esquelles il y a fonts baptis- 
maux, enterrement et autres offices. » 



(I) Saiol-Hathieu et Le Belecq. 

(3) Les S prieurs recteurs ËUient ceux de Saiat-MartÎD de Mor~ 
J^ii. Ile de Batz, Saint-ReDan, MolCne, les Sept-Saints de Brest, 
SaîDt-Malbieu, Beuzit Sajot-Conogan, Lampaul-Plouarzet. 

(3) Il y avait 3 prieurés cures : La Forêt, Braveatec et Coatméftl. 

11) Le doyenné du Folgoet. 

{bj Les 7 viccu-'als du miaiby. et ceux d'Oixanl et Sainl-Renan. 

Ce qui donne un total de 33 bËaâtlces à charge d'âmes. 

Quant aux paroisses proprement dites, il y en avait a dans 
L'arohidiaconé de Léoo : Taulé, Plouenao, Pleyber-Chrîst, PlouDÈnur- 
Hénez, Pteyber-Saint-ThëgonDec, Commanaa. Sizun, Tréhou, Ptou- 
diry, Plou^ar, Plougourvest, Plouvorn, Guiniilliau, Guirlan, Gui- 
tévëdé, Saml-Vougay. LsDhouaraeau, TretHanuénao, PlouuËvez- 
Lochrist, Plouescaï, Cléder, Sibirll, Plougoulm, Locquénolé (de 
Bol). Soit 33 paroisses. 

Uans l'arcbidiacoDé de Quemenedily ; Plounéventer, LaoneulTret, 
Plouéilem, Ploudaniet, TrefiearaDtec, Tréfilez, Plouider, Goulven. 
Plouneour-Islres, Kerlouan, Guîssény, Plouauerneau, Lannilis, Tre- 
uenecb, Brouenou, Landeda, Kernitis, Eleslrec, Kernoues, Laa- 
giiengar, Lesneven, Soit 31 paroisses. 

Dans l'archidiacoDë d'Ack ; Le Drenee, Salnt-Houardon, Guipavas, 
Kersaint-Plabennec, Saint-ThoDan, Plabàiner, Plouvien, Goueznou, 
Lambézelluc, QuilbignoD, PInusanë. Plounioguer, Piougoavelcn, 
Plouariel, Milisac. Trefbabu, Plourin, Plouguin, Treffglonou, Tref- 
Kouescat, Lncprévalaire, Lanrivoaré, Larel, Laajldut, Landunvez, 
PloudatmËzeau, Lampaul-PloudalmËzeau, Guilera. Soit 38 paroisses. 



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LA OATHÉDBALB 



2« Catalogue «ommaire dea Évdques 
de Léon. 



Saint Paul Aurélien 340- i 

Saint Jaoua ou Joëvin 

Tiernomaël 

Cetomerin 

Saint Goulven 

Saint Ténénan 

Saint Houardon 

Saint Gouesnon 

Saint Gilbert. (?| 

Omenesius. j?) 

Guyomark. (?) 

Leonoi'ius. (?| 

Liberalis 830 

Dotwoion . ; ^. 860 

Isaîas. (?) 

Hinvoret 884 

Hostrion ou Uesdrenus 

Conan 

Jacob 

Jtfabbo 950 

Pauliuianus 974 

Drescandus 990 

Eudo 

Salomon 1032 

Omnes 1040 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 7 

Jacques. (?) 

GaloQ IIH 1128 

Guy 1143 

Salomon 1149 

Hamon 11571172 

Guy 11721179 

YvesTouil 1180-1186 

Jean ■ 1187-1227 

Derrien 1234-1237 

Guy , 1238-1246 

Yves I2(i2-I272 

Guillaume de Kersauzon 1273-1327 

De gueules à la grande boucle d'argent. 

Pierre 18 Mai 1328-1349 

Transféré à Saint-Malo. 

Guillaume de Rochefort Il Mai 1349-1385 

Vairê d'or et d'azur. 

Guy Barbu 22 Mai i38."i 1410 

Mort le 5 Décembre. D'or au Bauioir 
fleuronné d'azur. 
Alain de La Rue ou de Kerasred, 7 Janv. 1411-1419 
Transféré k Saint Brieuc. Portait pour 
armes : d"après Albert Le Grand, d'ar- 
gent à 3 fasces de gueules à 2 vivres 
affrontées d'azur entrelacées dans les 
fasces ; d'après M. de Courcy, (rois 
croissante surmontés chacun d'une bil- 
lette, 2, /; d'après les Archives dépar- 
tementales, le sceau d'Alain représente 
constamment un évêque bénissant de 



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8 LA CATHËDBALE 

la main droite et tenant une crosse de 
la main gauche. 

Philippe de Coëtquis . . . . 16 Octobre 1419-1427 
Transféré à Tours. D'argent au sautoir 
de gueules cantonné de 3 roses de même 
et d'un annelet en chef de même. 

Jean Validire de Saint - Léon, domini- 
cain 30 Juillet 1427-1432 

Transféré k Vannes. D'argejU au chef 
de gueules chargé de 3 quintefeuille» 
de même. 

Olivier du Tiley 1432-1436 

Transféré à Saint Brieuc, Son sceau 
porte une bande îosangêe. (AnA. dép.) 

Jean Prigent 31 Juillet 1436-1439 

Transféré à Saint Brieuc, le 26 Février. 
Hasiir à la fasce d'or accompagnée de 
3 merlettes de même. 

Guillaume Le Ferron 17 Mars 1439-1472 

Les Archives départementales possè- 
dent un grand nombre de sceaux de 
cet Évéque, portant une fasce accom- 
pagnée de 3 grelots. 

Vincent de Kerléau 4 Mai 1472-1476 

Mort en 1576. Uazur à un cerf passant 
d'or. 

Michel de (ïuibé 1477-1478 

Transféré 'a Dol. D'argent à 3 gemelles 
de gueules accompagnées de 6 coquilles 
d'azur 3, 2, /, au chef d'or. 



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DE SAINT-POL DE LÉON 9 

Thomas James 13 Juillet 1479-1482 

Transféré à Dol le 28 Mars. D'or au 
chef d'azur chargé d'une rote d'or. 

Alain Le Maout 28 Juin 1482-1484 

Transféré à Quimper. D'argent à un 
chevron d'azur chargé d'un filet d'or en 
orte. 

Antoine de Longue!! 1484 1500 

D'azur à 3 roses d'argent, au chef d'or 
chargé^de 3 rose» de gueulei. 

Jfian d'Épinay lîJOl-iiiO.'i 

Ecartelé aux îeté d'argent au lion coupé 
de gueules et de sinople armé et lam- 
passé d'or, qui est d'Espinay, aux 2 et 3 
de gueules à 9 macles d'or 3, 3, 3, qui 
est Montauban (ramage de Rohan), et 
sur le tout, d'argent à la guivre d'azur 
en pal dévorant un enfant tssant de 
gueules, couronné de même, qui est de 
Milan. 

Jean de Kermavan Io0o-lol4 

Ecartelé aux l et 4 d'azur, à la tour tour- 
nante d'argent, aux 2 et 3 d'or au lion 
d'azur. 

Guy Le Clerc : . i;il4 i:i2(( 

D'argent à la croix de gueules engres- 
lée de sable, cantonnée de 4 aiglettea de 
même. 

Christophe de Chavigné .,...,.,.. 1321-l3Ji4 
Dhermines à 2 fasces de gueules accom- 



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10 l'A CATHÉDBALE 

pagnéee un chef de 3 tourteaux de même. 

Rolland de Chavigné 15o4-lo62 

Rolland de Neufville 1562-1613 

De gueules au sautoir de vair. 

René de Rieux 1614-1639 

Dépossédé en 1639. Ifasur à 10 besana 
d'or 4, 3, 2, 1. 

Robert Cupif 16391646 

D'argent à 3 tréfiles de sinople. 

René de Rieux reprend possession . . . 1646-1651 

Henri de Laval de Boisdauphin 1651-1661 

Dor à la croix de vair, cantonné de 
16 alérions d'azur. 

François de Visdelou 1665-1668 

D'argent à 3 têtes de loup de sable, arra- 
chées et lampassées de gueules. 

Jean de Montigny, élu le. . . , 23 Août 1671 
Décédé le 26 Septembre iGU. D'argent 
au lion de gueules chargé sur l'épaule 
d'une étoile d'or et accompagné de 8 co- 
quilles d'azur en orle 3, 2, 3. 

Pierre Le Neboux de la Brosse 1671-1701 

Ecartelé aux 1 et 4 de gueules, à 6 bit- 
telles d'argent 3, 2, 1, aux S et 3 d'azur 
à 3 fusées d'argent. 

Jean Louis de la Bourdonnaye 1701-1745 

De gueules à 3 bourdons d'argent en pal. 

Jean-Louis Gouyon de Vaudurand. . . . 1743-1763 
D'argent au lion de gueules couronné 
d'or. 



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DE SATIIT-POL DE LÊOK 11 

Jean-François D'Andigoé de la Chasse. . 1763-1772 
D'argent à 3 aigleltea de gueules, bec- 
quées et membrée» d'azur. 

Jean-François de la Marche 1772-1802 

2)» gueules au chef d'argent. 



3° Service paroissial du Mlnlhy. 



Ce qu'on appelait le minihg ou le refuge de Saint- 
Pol comprenait tout ce qui forme actuellement la 
paroisse de Saint-Pol et, de plus, le territoire des 
paroisses de Ros^ofl et de Santec. On y comptait 
sept paroisses ou vicariats desservis tous à !a Cathé- 
drale (1). 

La ville même de Saint-Pol était partagée en trois 
quartiers formant trois paroisses, dont voici la 
population d'après un état de 1698 qui exclut les 
enfants au-dessous de 2 ans. 

1" Le quartier et vicariat du Crucifix de la ville, 
autrement Crucifix devant le trésor, eSS habitants, 
comprenant : Croez - an - Maignon, Poul -Baudrj-, 
Mesarchant, Penanprat, rue Verderel, Creisquer, 
parc des Carmes, rue Cadiou, rue aux Os, rue an 
Four, Len-ar-Gloar, maison près la Cohue. 

2" Le quartier et vicariat de Saint-Jean-Baptiste 
ou de Saint-Jean de la ville, 714 hahilants, conipre- 

(1) Voir l'eoquéte de 169S (G. 118). 



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12 LA CATHÉDRALE 

nanl : rue Baz, maison prés la Cohue, le bas bout 
des Halles, rue Verdere!, rue des Prêtres, le petit 
Cloître, bout suzain de la rue Ttouz derrière lÉvê- 
ché, Croa2-ar-Meignon, rue an Negar, l'église Saint- 
Yves et l'hôpital, près d'une venelle allant de la rue 
Porsmeur à la rue des Prêtres, maison sur le grand 
Cloître et place aux Pots-de-Terre, rue Toul-Derrien, 
rue Saragosse (1), rue Roux, rue de Saint-Paul a- 
Guemic. 

3" Le quartier et vicariat de Notre-Dame de Caël, 
Cahel, de Cancellis, ou vicariat devant le chœur, 
951 habitants, comprenant : le grand Cloître ou 
martray, rue Pont-Nevez, rue Portz Meur, rue Croix 
au-Lin, la fontaine Paul, le bas bout de la rue Balz, 
place aii Pain, manoir de Penanru; près la rueCorre, 
rue aux Os ou rue n'Esquern, terroir de Kersaudy, 
rue Corre, Hôtel-Dieu, pavé des Carmes, Pratcuicq, 
chapelle Saint-Michel, Hôpital. 

Ce qui faisait pour la populatinn de la ville un 
total de 2,323 habilanrs. 

Les quatre autres paroisses du minihy également 
desservies à la Cathédrale se trouvaient dans la 
banlieue, c'étaient : 

4" Le vicariat de Toussaint, 1,816 habitants, com- 
prenant la plus grande partie du port de Roscolï, 
avec les territoires de Moguérou, Goasprat, Kernau- 
guer, Keroullaouen, Keresoun, Dubudou, Kerfiziec, 
Kernesiguy, Kermenguy, Bloaziou, Runmen, rue 

(I) Aveu 1655 [C. STi). 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 13 

Rouze, Kerdallatien, Kerangal-Saulx, bourg de Ros 
gofi, Coalarman, Traonmeal, Streal-Paul, TroUogot 
Kerom, Poulbrohou, Kerandraon, Traoïifeunteun, 
Meaziou-Chapel Pau!, An Iroucli près Sainte-Barbe, 
place Costy-Barquet à Roscofi, rue Not, Roquilenec, 
Roch-Cleguenan, Traonerch, ParcouCreaeli, Saiut- 
Sébaslien, rue Philippes, Mouster-Paul, Feunteun- 
Paul, Pors-ar-BoBCaild, Croix-Neuve, moulin à vent 
de Guénau, le haut bout de la rue Balz. 

50 Le vicariat de Saint-Pierre. 893 iiabitants, com- 
prenant la partie de Roscoft dite Roscolï-Goz, Sautée 
et les terroirs de Meur-Roignant, Toul-Guein, Portz- 
an-Saux, Rohigouou Prat-an-Staol, Kerguennec-an 
Belliec, Pontigou, Menez-Ber, Mouster-Paul, Saint 
Nicolas, Mechiou-Kerviguellou, Mechiou-Vennec, 
Mechioii-Santec, Mechiou-MenRoignaut, Mechii 
Diantel, Mechiou-Meur, Mechiou -Cleomeur, Me- 
chiou-Corgar, Tromeur-Santec, Kerjestin, Kersan- 
tec, Menez-Croni, Keradennec, Gouezou, Rumeur, 
Pouldu, Crech-Brochen, Louchasnou Kerhuel, Pen- 
an-Streat, Saint-Nicolas, occident de la rue Neuve 
à Roscofl, Coz Prat, Mesiou-Dresit , Cheliren, Kerestat, 
La Villeneuve, Streat-Joly, Cavel-Mean, Mesiou- 
River, Lagat-Vran, Kerleyou, Prat-Leiou, Poul-an- 
Costy, Bren-Bozvel, Kerbrat, Kersulguen, Keruzaval, 
Tromeur, Kergadiou, Kerivoal, Ty Coz, Meseren, 
Guerzit, Coatruccat, Keravelou. 

La trêve de Santec s'élend de l'ile d'Hiec ou de 
Meur-Roignant à l'église de Sântec (90 cordées de 
24 pieds la corde) et de l'église au village de Kera- 



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14 LA CATHÉDKALB 

dennec, limite de la trêve, il y a 150 cordées (1). 

6" Le vicariat du Crucifix des champs, 893 habi- 
tants, avec les terroirs de Lambervez, Kergofi, Meaz- 
an-Douar, Keraogon, Kerellec, Gourivaa, Creach- 
Caroff, Crech-an-Lean, Feunteun-Guen, Kernascoret, 
rue Kerdrein, Pool Armant, Kerennec, Member, 
Foueneyer, Kerlavan, Kerogou, LanvoUou, les Car- 
mes, Saint-Sébastien, Streat-Glas, Creach-an-Bloaz, 
Mesprie, Creach-Brignen, Kermarquer, Prat-Duft, 
rue Plouënan, manoir de Coetlosquet, (îouezou- 
Bihan, An Aven, Goarina, Kerallivin, Lantrennou 
Kerlevic, Kerlavan dans les sables, terroir Saint 
Michel, Keradennec, Langalloc. 

7" Le Vicariat de Tregondem ou de Saint-Jean 
V Évangéliête, 1,028 habitants, avec les terroirs de 
Keranbartz ou Creach-Guesou, Guerigou, et.le bourg 
de Penpoul, bourg de la Madeleine, Kersaoutré, 
Kersaiiou, Penlan, Streat Manou, La Villeneuve, 
Keryven, Kerouriou, Crech-Gouallec, Penanstang, 
Pont-Glas, Penquer, La Madeleine, Guilliot, Penpoul- 
Vian, Keroezec, Feunteun-Mean, Kerioual, An Mes- 
don, Tronmelin, Trongall, Streat -an -Char, Toul- 
derun, Landonnic, Kergaouat, Pont-Prat, Craouer- 
Vilin, manoir Les Plouënan, Gourvad. 

Ces sept, paroisses étaient desservies par sept 
vicaires et quatre sous-curés. 

Du temps de Mgr de Neufville_, vers 1600, RoscoJI 
lut érigée en trêve de Toussaint, et en 1698, un 

(1) G. 118. 



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1 



DE 8A1NT-P0L DE LÉON 15 

témoin entendu tors de l'enquête pour l'union des 
sept vicariats en un seul, le sieur Nicolas Lambert, 
« marchand, capitaine de milice de la paroisse de ■ 
Roscolî, déclare qu'il y a présentement à RoscoU un 
curé avec dix prêtres qui mènent une vie très édi- 
fiante, que les habitants y reçoivent tous les sacre- 
ments ». 

Vers 1630, le quartier de Santec fut également 
érigé en succursale de la paroisse de Saint-Pierre. 
Mais malgré cette séparation, les vicaires de ces 
deux paroisses devaient leur service au chœur de la 
Cathédrale ; nous Usons, en effet, «lu déal du Cha- 
pitre, le 2 Septembre 1683 : 

(i Deux des sept vicaires de Léon ont deux églises 
séparées, Roscofi et Santec, où se font les baptêmes 
et les enterrements ; cependant les dits vicaires 
n'abandonnent jamais la Cathédrale, où ils doivent 
assister et chanter à toutes les heures du jour, pren- 
dre semaine à leur tour et rang, et officier à matines, 
grand'messes et vêpres tous les jours où il n'y a pas 
de fêtes canoniales ou épiscopales, à moins de quoi 
ils sont piqués et perdent la distribution de l'heure 
ùù ils n'ont pas assisté ; mais ont les dits vicaires, 
des curés ou subvicaires qu'ils entretiennent pour 
suppléer au service qu'ils doivent en ces deux 
églises. >) 

La trêve de Santec ne- comprenait donc qu'une 
portion du vicariat Se Saint Pierre, comme la trêve 
de Roscofl ne comprenait qu'une partie du territoire 
du vicariat de Toussaint. 



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LA CATHÉDRALE 



Jusqu'en 1531, époque où les statuts du Chapitre 
furent remaniés, les sept vicaires du minihy étaient 
en titre, c'est-à dire qu'ils possédaient un bénéfice 
inamovible et étaient appelés vicaires perpétuels, le 
Chapitre demeurant recteur primitif du minihy ; 
mais à cette date, les chanoines, de concert avec 
l'Évéque de Léon, Christophe de Ghavigné, prirent 
l'arrêté suivant, qui figure aux statuts du Chapitre (1 ) : 

(( Comme les sept vicaires de l'église de Léon ont 
priDcipalement pour fonction de célébrer les offices 
et messes chantées au chœur de la Cathédrale, il 
arrive que ces vicariats étant donnés à titre de béné 
fice perpétuel, plusieurs des titulaires deviennent 
incapables de s'acquitter convenablement de leurs 
fonctions ; ce considéré, le Révérend Évêque voulant 
pourvoir à l'augmentation du service divin et à une 
plus grande beauté des oflices a, de l'avis du Cha- 
pitre, ordonné que désormais, lorsqu'un de ces 
vicariats viendrait à vaquer, il ne serait plus conféré 
à titre perpétuel, mais qu'on y nommerait une per- 
sonne idoine, recommeudable par ses mœurs, et 
sachant bien chanter. 

« Le Chapitre en ferait la présentation à l'Évèque 
qui, après examen, lui donnerait l'institution, mais 
avec celte réserve que le titulaire serait amovible 
au bon plaisir du Chapitre. » 

Les mêmes statuts dounent la formule de serment 

(1) e. 118. 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 17 

que devaient prêter les vicaires lors de leur entrée 
en fonction ; en voici la traduction : 

« Moi, N , l'un des vicaires de l'autel majeur 

de l'église de Léon, je jure d'être en tout Adèle à 
l'Évêque et au Chapitre, de célébrer quand je serai 
de semaine, les messes et les heures tant canoniques 
que de la Sainte Vierge à moins d'empêchement, 
auquel cas je me ferai remplacer pour ces services 
par un chapelain idoine et reconnu pour tel par le 
Chapitre. , 

« De plus, tant que je serai titulaire de mon vica- 
riat, je ne m'absenterai pas de la ville de Léon, et 
ne me ferai remplacer qu'en cas d'empêchement, 
mais jamais sans l'autorisatiou du Chapitre. 

« Eufm, je promets honneur, respect et obéissance 
à l'Évéque, à MM. les Chanoines et Chapttre, ainsi 
qu'aux autres supérieurs majeurs de l'église de 
Léon. » 

Chacun des sept vicaires était chargé du service à 
tour de rôle pendant une semaine, et c'est durant 
cette semaine seulement qu'il ne pouvait s'absenter 
sans l'autorisation du Chapitre, à peine d'être privé 
des distributions qui lui seraient revenues pour 
droit d'assistance à un ou deux obits ou anniver- 
saires jl}. 

Les autres vicaires, non de semaine, étaient éga- 
lement tenus à la résidence quotidienne, quoique 
moins rigoureusement ; cependant, si l'un d'eux 

(1) SlalutE de 1531. 



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18 LA CATHÉDRALE 

venait sans le aingé du Chapitre à s'absenter pen- 
dant un mois entier, il perdait pour toute Tanoée 
les gros fruits de son vicariat. 

Le vicaire de semaine, avec l'aide d'un chapelain 
rétribué par lui et des deux chapelains spécialement 
chargés de desser\'ir la chapellenie dite de Saint- 
(jouesnou, était tenu chaque jour de chanter en 
l'église cathédrale, les petites heures, prime, tierce, 
sexte, nonne et compiles, aiasi que les heures de la 
Sainte Vîei^e les jours qu'on doit les réciter, aux- 
quelles heures de la Sainte Viei^e devaient assister 
les bachelierB (1| de l'élise, « sous peine de perdre 
6 deniers chaque fois qu'ils y manqueront ; quant 
aux vicaires et chapelains, s'ils sont défaillants, ils 
seront plus gravement mulctés selon que le Chapitre 
en décidera, h 

Toua les vicaires, chapelains et clercs étaient en 
outre tenus d'assister aux vêpres, matines et messes 
de toutes les fêles du rite double et aux processions 
publiques et solennelles, sous peine d'être privés du 
gain du dernier obit auquel ils auraient assisté. 

L'n dernier statut défend à tout clerc attaché au 
service du chœur, qu'il soit dignitaire, chanoine, 
vicaire, chapelain ou bachelier, d'entrer au chœur 
au moment de la célébration de l'ofTice sans porter 
l'habit de chœur, c'est-à-dire le surplis et l'aumusse 
ou la cappe noire, selon la saisou ; les contrevenants, 
s'ils sont chanoines, payeront 12 deniers d'amende, 

.es plus jeuoes clercs. 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 19 

les chapelains 6 deniers, les bacheliers 4 deniers, et 
les enfants de chœur seront punis selon qu'en décl- 
dera le maître de la psalette. 

L'enquête de 1698 nous apprend que les vicaires 
seuls, à l'exclusion des autres prêtres employés au 
chœur, avaient droit de porter l'aumusse, et étaient 
<( placés et installés par leur prise de possession 
dans les hautes chaises du chœur aussi bien que les 
dignitaires et chanoines; quand ils chantent leur 
première messe au dit chœur, après leur prise de 
possession, on sonne toutes les cloches comme k 
l'égard de t'Évéque ou des chanoines ». Les autres 
prêtres employés au chœur portent le petit camail 
mais non l'aumusse. 

Depuis la promulgation des statuts de i53i, les 
sept vicaires du minihy cessèrent donc d'être ina- 
movibles, et nous voyons le Chapitre user à l'occa- 
sion de son droit de destitution et de présenta- 
tion (1). 

A la fin du xvii« siècle, le Chapitre entreprit une 
dernière modification dans le gouvernement des 
paroisses du minihy. Le 2 Janvier 1687, il présentait 
à l'Ëvêque une requête « tendant à ce qu'il lui plût 
déclarer que la ville et minihy de Saint-Pau! n'est 
qu'une seule cure ou, en tout cas, unir en une 
seule cure les sept cantons et destroits vulgairement 
appelés les sept paroisses du minihy, pour la cure 
être érigée en vicarie perpétuelle et icelle conférée 



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20 LA. CATHÉDBALE 

au Sr Abrahamet ", présenté séance tenante par le 
Chapitre (1). 

L'Évéque rendit le 27 Mai 1687 un décret qui 
réunissait toutes les paroisses du minihy en une 
seule." Ce décret déclarait <( les sept vicairies du 
minihy Saiut-Paul unies quant au spirituel et fonc- 
tions curiales en une seule cure, laquelle sera désor- 
mais tenue et desservie par un vicaire perpétuel en 
titre, et qu'il lui serait adjoint tel nombre de sous- 
vicaires qu'il sera jugé nécessaire, sans que les dits 
vicaire perpétuel et ses sous-vicaires soient tenus 
de servir au chœur de la Cathédrale, lesquels ne 
seront point corps du Chapitre et aux quels sera 
payé : au dit vicaire perpétuel 300 livres et à chacun 
des sous-vicaires 150 livres de portion congrue ». 

Cet arrangement était fort avantageux pour le 
Chapitre qui, au lieu de sept porlions congrues à 
300 livres, n'en avait plus qu'une seule à payer, et 
quelques pensions de 150 livres aux sous-vicaires. 
Mais les vicaires n'en furent pas satisfaits, et il s'en 
suivit un procès qui dura plus de trente ans et ne 
se termina qu'en 1720, par l'union dérinitive des 
sept paroisses en une seule. 

Voici comment était organisé, avant cette union, 
le service des sept paroisses du minihy à la Cathé- • 
drale : 

II n'y avait « qu'un seul fond baptismal n et un 
seul registre paroissial. 

(I) G. 88. 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 21 

Il n'y avait qu'un seul tabernacle à la r.liapelle de 
Toussaint, où étaient conservées les saintes Espèces, 
et c'est là que d'ordinaire tous les paroissiens du 
minihy venaient communier ; mais au temps de 
Pâques, le dimanche, lundi et mardi de Pâques, 
chacun des sept vicaires donnait la communion aux 
seuls fidèles de sa paroisse, aux autels respective- 
ment désignés pour le service de leur vicariat, autre- 
ment, dit l'enquête de 1698, il eût été impossible 
aux Recteurs de savoir si quelques-uns de leurs 
paroissiens manquaient à taire leurs Pâques. Encore 
allaient-ils à l'autel de Toussaint prendre des hosties 
à cet eiïet. 

Il n'y avait qu'une seule grand'messe (1) pour tout 
le minihy, (( un seul prône, un seul pain bénit, une 
seule aspersion de l'eau bénite, » qui se célébrait le 
matin et était dite messe covimuTielle ; chacun des 
vicaires la célébrait à tour de rôle sur un autel en 
dehors du cbœur. A l'issue de cette messe commune, 
le vicaire de semaine faisait le prône » pour ce qui 
regarde le spirituel », c'est -à dire une instruction 
catéchistique, mais « au regard des affaires tempo- 
relles, bannies de mariage, etc., le prône se fait par 
chacun des vicaires, chacun pour sa paroisse, et à 
l'autel spécial de sa paroisse, distribue les cendres 
et célèbre le mariage de ses paroissiens ». Le vicaire 
de semaine officie au chœur pour les vêpres, si ce 



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22 LA CATHÉDRALE 

D'est aux jours de fondations solennelles réservées 
aux chanoines. 

L'enquête fait connaître que les paroissiens de 
Santec et de Roscoff, même après l'érection en suc- 
cursales de ces deux localités, sont tenus au prône, 
à la grand'messe et à la communion pascale à lu 
Cathédrale ; il n'y a d'exception que pour les mala- 
des ou infirmes, elles habitants du port même de 
Roscofi. 

Après la réunion des sept paroisses en une seule, 
en 1720, le Recteur du minihy se trouva nécessaire- 
ment gêné pour l'organisation du service paroissial, 
par les exigences de l'office canonial. On en vint 
donc, pour couper court à des compétitions fâcheuses 
mais inévitables, à prendre la chapelle de Saint- 
Pierre pour les pri>aes et offices chantés de la 
paroisse. C'est ce que nous apprend la lettre sui- 
vante, conservée aux archives de l'Évêché : 

« s Avril 17W. 
(I A Mgr II. et RE. Évêque et Comte de Léon. 
t( Remontre très humblement Mathurin Hyacinthe 
,\utheuil, promoteur de votre diocèse, qu'il est 
depuis longtemps sollicité de porter aux pieds de 
Votre Grandeur les justes plaintes des paroissiens 
du mènéhit Léon, sur les abus multipliés qui, par 
un usage contraire aux lois de l'Église, se sont éta 
blis, pour y mettre le même ordre qui règne dans 
toutes les autres paroisses du diocèse que Dieu vient 
de confier à vos soins. 



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DE »AINT-POL DE LÉON 23 

(1 Vous n'ignorez pas, Monseigneur, que la paroisse 
du mènéhit Léon est sans contredit la plus coDStdé- 
rable de votre diocèse par son étendue, par le nom- 
bre de ses habitants et par le revenu des dismes. Le 
zèle qui vous anime pour le salut de tous vos peu- 
ples, l'alarmera sans doute en apprenant que cette 
paroisse est privée de tous les secours spirituels 
qu'elle doit légitimement attendre de son pasteur. 

« En efîet, un des premiers devoirs du vrai pas 
teur est de rassembler son peuple tes dimanches et 
fêtes pour assister au service divin et pour entendre 
l'instruction pastorale qu'il doit lui donner ; un pas- 
teur doit chanter en ces saints jours une grand'messe 
à l'intention de son peuple. Or, Monseigneur, les 
peuples du miniby ne doivent-ils pas se plaindre 
d'en être injustement privés ? Votre Grandeur ne 
peut ignorer qu'on n'y célèbre aucune messe parois- 
siale ; la messe à basse voix que célèbre les jours de 
dimanche M. le Recteur à la Cathédrale ne peut être 
regardée comme une messe vraiment paroissiale 
qui, selon les lois des conciles, doit être chantée par 
le pasteur du lieu et répondue par le clergé qui y 
assiste ; d'ailleurs, cette messe se dit à une heure si 
peu commode pour le peuple, qu'il ne peut l'en- 
tendre. On ne peut non plus regarder comme messe 
paroissiale celle que célèfcre le Chapitre, car MM. 
les chanoines sont, par les diflérents contrats passés, 
obligés de chanter les messes de dimanches et fêles 
à l'intention des fondateurs. Comment concilier ces 
obligations de fondations avec celles de gros déci- 



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24 LA CATHÉDRALE 

mateur qui portent que le premier emploi des reve- 
nus ecclésiastiques est de célébrer, au moins les 
dimanches et fêtes, à l'intention du peuple, uae 
messe paroissiale ? • 

« Qu'il plaise donc à Votre Grandeur, relative- 
ment à cet abus, porter tel règlement qu'il vous 
paraîtra couvenir, 

« 2» Votre Grandeur sera sans doute étonnée d'ap- 
prendre que les peuples du- minihy ne reçoivent 
jamais aucune instruction pastorale. Le S' Recteur 
remplit-il l'étendue de ses obligations, en faisant 
tous les dimanches un simple avertissement prosnal 
des fêles, des jeûnes et des publications de bans, 
sans y joindre l'inslruction que tout un peuple doit 
attendre de lui, avertissement prônai fait à 7 heures 
du matin, contradictoirement à tous les arrêts de la 
Cour qui ordonnent qu'il soit fait au prosne de la 
grand'messe et déclarent qu'autrement les dites 
bannies de mariage ne peuvent être canoniquement 
proclamées ?. . . 

.11 3" Comme on pourrait alléguer que les plaintes 
des paroissiens du ménéhit sur le défaut d'instruc- 
. lion sont d'autant plus injustes qu'il se fait tous les 
dimanches dans l'église cathédrale un sermon par 
le S' théologal, je préviens cette objection illusoire 
en exposant à Votre Grandeur que les devoirs d'un 
théologal et d'un pasteur dont les fonctions se font 
dans la même église peuvent se concilier. 

(1 Que le S'' théologal remplisse son office, le S' rec- 
teur est-il par là dispensé d'instruire son troupeau. 



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DE BAINT-POL D£ I,ÉON 25 

instruction d'autaot plus nécessaire que tes serinons 
du S' théologal sont éconcés selon l'usage immémo- 
rial en langue bretonne, idiome des habitans des 
campagnes de votre diocèse, que la plupart des habi- 
tans de la ville de Léon ignorent ; n'est-ce pas le 
plus grand des abus, qu'il ne se fasse pas dans la 
paroisse du ménéhit tous les dimanches, au moins 
à l'alternative, des instructions françaises et bre- 
tonnes ?... Qu'il vous plaise. Monseigneur, former 
un règlement qiji désigne au Sf recteur une heure 
commode pour le peuple, afin qu'il puisse lui don- 
ner tous les dimanches l'instruction pastorale. 

i( 4" 11 est contraire k l'édification publique, que 
le S' recteur, MM, les vicaires, prêtres et autres 
ecclésiastiques de la ville de Léon n'aient aucune 
église désignée où ils puissent assister en habit de 
chœur aux offices publics. N'est-il pas convenable 
qu'il y eût une église désignée spécialement en 
dehors de la Cathédrale pour le service paroissial ?.., 

(1 De toutes les églises de la ville, la plus conve- 
nable à cet eflet serait celle de Saint-Pierre, unie 
depuis quelques années à la Cathédrale. 

i< Sur les sages remontrances de Votre Grandeur, 
Mii. les vénérables Chanoines se feront un devoir 
de religion de céder la dite église ; qu'ils y conser 
vent du reste les revenus de la fabnque de Saint- 
Pierre, toutes les prérogatives, droits honorifiques 
et prééminences tels qu'ils leur appartiennent. 

1' D'après cette cession, il restera à Votre Grandeur 
d'ordonner ce qu'il lui paraîtra le plus convenir à 



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26 LA OATHiDBALS 

la gloire de Dieu et au salut de vos peuples et lerez 
justice. 
« A GuiclaH, ce 2 Avril i764. 

« AuTHUEiL, promoteur de Léon, n 

Voici quelle élail, en 1786, la situation de la cure 
du iniDJhy, d'après un état conservé aux archives 
de l'Évéché.La situaliou n'était certes pas brillante : 

« La paroisse du minihy de Léon contient 12,000 
habitants, dont 3,000 dans la ville, le surplus en 
campagne dépendante de la ville ou dans les succur- 
sales de Roscofl et de Santec. 

« La paroisse se dessort à la Cathédrale, excepté 
les offices à chant ; le Chapitre n'en souffre aucun, 
et ils se font dans une chapelle hors de la ville 
(Saint-Pierre), ce qui nuit au casuel du Curé, qui 
n'en retire aucun des succursales dont les vicaires 
n'ont point de portion congrue. Le Chapitre s'y 
refuse, fondé sur un arrêt du Conseil de 1720, qui 
réunit les sept paroisses du minihy en une, et borne 
le nombre des vicaires à quatre. Ces quatre vicaires 
résident à Léon et suflisent à peine pour le service 
du corps de la paroisse qui, entre la ville et la cam- 
pagne, contient environ 8,000 habitants. 

« Le revenu du curé, d'environ 1,200 livres (1), 

(1) Se dâcomposaot ainsi : 

En argent 300 livres. 

En Dovales (ou dîmes sur les terres Douvellenient -' 

défrichées) 90 

En iMurpris 336 — 

Ed Msuel ^00 — 

Total 1,S26 livres. 



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DE 9AINT-P0L DK LÉON 27 

n'est pas suffisant relativement à la place qu'il 
occupe ; seul Curé d'une ville épiscopale, 11 est 
fâcheux qu'il ne puisse faire aucune politesse aux 
ecclésiastiques du diocèse et des personnes des- 
quelles il en reçoit; il est membre de la maison de 
ville, de tous les bureaux ; il a plus de 1,200 pau- 
vres, et il a un terrain d'une lieue et d'une lieue et 
demie à parcourir ; il est hors d'état d'avoir pour 
lui et pour ses curés- une monture qui lui serait 
nécessaire ; les moyens manquent d'améliorer son 
sort auquel l'augmentation des portions congrues 
n'ajoutera rien, parce qu'il jouit déjà de 700 livres, 
sans compter son casuel. » 



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LA CATHADRALE 



LA CATHÉDRALE DE SAINT-POL 



1° Vue d'ensemble. 

Dans l'enquête de 1698, il est dit que de l'autel 
du Crucifix des-Champs (placé devant la grille du 
cbceur) au bas de la nef de l'église il y a 126 pieds, 
et que du même autel à la chapelle absidale il y a 
112 pieds, soit en tout 238 pieds de longueur (ou 
79 mètres). La longueur du transept.est de 129 pieds 
(43 mètres), et la largeur de la nef de 48 pieds 
(16 mètres). 

M. de Courcy nous dit que la hauteur sous voûte 
est de 16 mètres, et les flèches s'élèvent à environ 
50 mètres. Voici la description qu'il a donnée de ce 
monument dans le Bulletin deVÂssociationbretonne, 
en 1831 (1) : 

<( Les parties les plus anciennes de la Cathédrale 
qui se voient tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du 
monument, à l'Est du transept méridional et dans 
la paroi Est du même transept au-dessus des petites 
voûtes, ont permis de rétablir la configuration de 

du 11 Octubre 



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DE SÂINT-POL DE LÉON 29 

l'abside romaae, plus courte que le chœur actuel, 
abside élevée de U61 à 1171, par l'évêque Hamon. 

« Les deux tours et la flèche de la tour de droite 
remontent au xm"" siècle et peuvent être attribuées 
à l'évêque Derrien, qui contribua. en 1237 à la fon- 
dation des Dominicains de Morlaix. 

»( La forme de la porte des lépreux et de la fené 
tre en plein cintre brisé encadrant deux lancettes 
ouvertes à la base de la tour de droite, la corniche 
formée d'un rang de feuilles entablées et les archi- 
voltes en dents de scie des lucarnes de la flèche 
rappellent encore l'architecture romane. 

i( La nef dut être élevée par l'évêque Yves (1262- 
1292), et par son successeur, Guillaume de Kersau- 
son, qui assistait à la fondation de Notre-Dame du 
Mur en 129,'». On attribue particulièrement à ce 
dernier prélat l'adjonction, au commencement du 
xiv"« siècle, le long du collatéral Sud, de la cha- 
pelle Saint-Martin, où il fut inhumé en 1327. » 

Nous ajouterons que si Guillaume de Kersauson 
contribua à la construction de la nef, il dut égale- 
ment s'occuper de la construction ou décoration du 
portail principal, car nous y remarquons les armes 
des Kersauzon surmontées d'une mitre. 

<( Dans la nef, dont les arcades sont en tiers point, 
les chapiteaux des colonnes se composent de feuilles 
d'eau imitées de l'antique et de feuilles de chêne, 
d'oseille et de fraisier ; quelques corbeilles sont de 
plus entourées au-dessous du tailloir d'un filet bordé 
de perles. Les meneaux des fenêtres sont en tan- 



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SO LÀ OATH&DBALE 

ceUes,et leurs archivoltes du côté du Midi sont des- 
sinées en hachures losangées ressemblant k des tAtes 
de clous, tandis que la corniche du collatéral Nord 
figure des dents de scie. 

» Les dernières arcades du triforium au bas de la 
nef sont en plein cintre brisé, encadrant chacune 
deux ogives romanes, soutenues par une colonnette 
centrale. Les autres arcades du triforium, avec leurs 
piliers prismatiques sans bases ni chapiteaux, ne 
peuvent avoir été terminées qu'à la fin du xv» siècle. 

« Les voûtes de la nef, les croisillons et la flèche 
de la tour de gauche commencèrent à s'élever sous 
l'épiscopat de Guillaume de Rochefort, sacré en 1349. 

« Le chœur et la paroi Est du croisillon Sud 
appartenaient encore à l'architecture romane. On 
trouve la date précise de leur reconstruction dans 
un recueil d'extraits des comptes de la maison de 
Bretagne [ij par lequel il appert qu'en l'an 1431, 
l'évéque Jean Validire |i427-1432), ci-devant prieur 
du couvent des Dominicains de Morlaix, obtint du 
duc Jean V la somme de 12,000 livres pour l'aider 
à réédi&er son église cathédrale. 

« A cette époque, le chœur fut élevé en entier et 
successivement on aveugla la fenêtre de la paroi 
Ouest du croisillon Sud, pour ouvrir à l'extrémité 
la belle rosace qui s'y voit encore ; on rétrécit !a 
longueur du croisillon Nord, en remplaçant les 
lambris de ces deux croisillons par des voûtes plus 



\ D,g,t,7P:h»Goot^le 



DE SAINT-POL DE LÉON 31 

basses en plein cintre ; enfin, on sculpta au fond du 
porche latéral les portes géminées et le bénitier 
flamboyant décoré des armes des seigneurs de Lou- 
méral (1), en Plounéveuter, issus en ramage de la 
maison de Poulmïc. » 

. Nous allons ajouter à celte description les notes 
que nous avons pu recueillir touchant la construc 
tion de diverses parties de la Cathédrale. 

Les Archives de Nantes (2) possèdent, d'après 
l'inventaire sommaire, l'extrait d'un livre de l'église 
de Léon contenant le trait de la vie de saint Pol 
relatif à la visite qu'il rendit au roi Childebert, et 
relatant que, l'an 1365, le jour de la Sainte-Croix, 
la ville de Saint-Pol avec l'église lut incendiée, et 
que les habitants furent pendus et décollés. 

Ce fut sans doute à cette occasion que la partie 
ancienne de l'église, le chœur, tomba dans un état 
de délabrement qui nécessita sa reconstruction au 
siècle suivant. Jean Validire eut l'initiative de cette 
entreprise et obtint de Jean V une subvention de 
12,000 livres à cet effet; mais il mourut en 1432, 
sans avoir pu exécuter son projet, car les archives 
départementales possèdent une pièce de 1433 (3), 
qui nous montre les seigneurs et habitants de l'Ëvè- 
ché de Léon s'imposant volontairement pour contri- 
buer aux réparations de la Cathédrale, qui tombe 
en ruines. L'achèvement des travaux de reconstruc- 

(1) Echiqvelé d'argent et de pumlet à e traits, le I" échiquier 
ehargt d'utt annelel de table. 
(S) la ven taire, £.81. 
(3J G. 93. 



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32 LA CATHËDHALE 

tion du chœur se fit sous l'épiscopat de Guillaume 
Féron (1439-1472), dont nous voyons les armes aux 
voûtes du chœur (1). Nous les trouvons encore au 
porche latéral, entre celles de Jean Validire et un 
autre écu portant, d'azur semé de billettea d'argent à 
Ja bande d'hermines lur le tout. M, de Courcy, d'ac 
cord avec Albert Le Grand, nous dit que ces armes 
sont celles de Guillaume Féron, et de fait, une famille 
de Féron en porte encore de semblables; mais les 
nombreuses pièces de Guillaume Féron que possè- 
dent les Archives départementales, portent invaria- 
blement sur le sceau une fasce accompagnée de 
de 3 grelots. Aussi croyons-nous que les armoiries 
attribuées par M. de Courcy k Guillaume de Féron 
n'ont été gravées au porche que lors de sa restaura- 
tion, vers 1860. 

Depuis le sv« siècle, la Cathédrale ne paraît pas 
avoir subi de remaniement dans ses œuvres princi- 
pales. 

Nous allons maintenant examiner en détail chaque 
partie du monument, eu commençant par la chapelle 
absidale, et décrire successivement les chapelles du 
bas-côté Nord, le transept Nord, la nef, les tours, 
le transept et le bas-côté Sud, pour terminer par le 
chœur. 



{Il Vaxnr à une imce d'or accompagnée de S grelots, 8 en 



{11 h 
thef, 4 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 



2" Chapelle de Toussaint» 
{aujourd'hui St-Joseph ou du St-Sacrement). 



a La chapelle de Toussaints |lj au bout de l'église, 
derrière le chœur, a un graud autel fermé de balus- 
tre, sur lequel autel est un tabernacle doré, avec un 
retable peint en blanc, et au-devant duquel taber- , 
nacle il y a une lampe ardente. La chapelle est 
spacieuse à pouvoir contenir cent personnes à la 
fois » (2). 

Cette chapelle était destinée au service de la 
paroisse du-Minîhy dite de Toussaints, qui compre- 
nait la plus grande partie du bourg de Roscoil. En 
dehors de la Sainte Réserve suspendue au-dessus 
du maitre-autel.le Saint-Sacrement n'était conservé 
que dans cette chapelle. 

La confrérie du Saint-Sacrement, dont la bulle 
d'érection en 1603 existe en original aux Archives 
départementales (3), avait son siège en cette chapelle. 
On y desservait également une cliapellenie dite de 
Saint Gouesnou, donL Sébastien Le Dali de Tromelin 
était présentateur en 1752. 

Dansrenîeu,du côté de l'Évangile, se trouve actuel- 

(1) Eoqjéte de 1698. 

(3) Ce qui montre que le bslusEre doot il est ici question, n'était 
pas aussi rapproché do l'autel que l'est actuellement la tablu de 



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Si LA OATHADBALB 

lement déposé le cœyr de Mgr Léopold de Léséleuc, 
mort évéque d'Autun en 1874. On y lit cette inscrip- 
tioD : 

IN. PAGE. CHRIST!. 
AD. PATRIAS. LEONENSES. ARAS. 

C0«. ILL"', ET. RR™i. D.D. 

LEOPOLOi. RENATl. DE. LESELEUC. 

' EPISCOPl. AUGL'STODUNENSIS. 

Qt'I. ROMAJ^A. ILLIBATA. FIDË. 

A, TENEBIS. IIMCE. UMBUTL'S. 

ROHAN.E. PETRI. CATUEDR.K. 

INTER. PROSPERA. ET. ADVERSA. «QUE. ADDICTLS. 

A. ROM A NO. IPSO. PONTIFICE. 

AD. INFULAS. ACfiCSTOI>UNENSES. EXPEDITUS. ET. ELECTLS. 

INTRA. VIX. DECIMLM. BREVIS. PONTIFÏCII. MENSEM. 

TOTAM. PENE. GALLIAM. 

CCM. PUS. ANGLIJ{. BELGII. NEERLAMDI.£. 

SLAVONI^. LËGATIS. 

8ANCTISSIM0. COUOI. JESf. 

IN. 1>AR0DIE.\SE. SANCTUARIO. SL'PPLICANTEM. 

IT. OPTAVËRAT. ET. IXCITAVEHAT. VIDIT. 

AC. VIDISSE. LJiTLS. 

AD. ËJUSDEM. DiVINI. COItOIS. CONSPECTUM. MIGRA VIT. 

DIE. XVI. X"«. A. D. 1873., XT. LIX. 

Dans l'eiifeu du côté de l'Épitre se lit une inscrip-' 
tiou réceninient posée à la mémoire de Mgr du Coet 
losquet, ancieo évêque de Limoges; elle est ainsi 
conçue : 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON i)S 

A la mémoire 

d'Illustrissime et Rev'orendissime Père en Dieu 

Mgr JEAN GILLES DU COETLOSQUET 

né au manoir de Kerigou-Trégondern 

El Baptisé en l'église cathédrale de St-Pol-de-Léon, 

Évèque de Limoges de 1739 à 1758 

Abbé Comnaendataire de S. -Philibert de Tournas 

et de S. -Paul de Verdun 

- précepteur des petitS'fils de France 

Le Duc de Bourgogne 

Le Duc de Berry (Louis XIV) 

Le Comte de Provence (Louis XVIII) 

et le Comte d'Artois (Charles X). 

l'un des 40 de l'Académie Crançaise 

premier Aumônier de Monsieur 

Commandeur de l'ordre du Saint-Esprit 

mort à Paris le 21 Mars 17B4. 

Les prééminences de la chapelle de Toussaints 
appartenaient k la duchesse de Portzmouth, à cause 
de sa lerre du Chastel ; mais, nous dit Albert. Le 
Grand (1), de son temps, vers 1620, on remarquait, 
dans les fenêtres latérales de la chapelle, les armes 
du Juch (2), à cause sans doute de l'alliance de cette 
famille avec celle du Chastel en 1301, car nous ne 
pouvons admettre l'existence d'un Jean du Juch 
comme évèque^ de Léon, de 1357 à 1369. 

En dehors de la balustrade de la chapelle, du côté 
de l'Épitre, se voit un très joli enfeu orné, dans le 



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36 LA CATHÉDRALE 

Style de la Renaissance ; les armes qui le surmontent 
représentent «ne tête de cerf et sont celles de la 
famille Richard, ainsi décrites par M. de Courcy 
dans son armoriai : a d'azur au rencontre de cerf sur- 
monté d'une étoile à 8 rais d'argent et accosté de deux 
roses de même. )> Sur une dalle de marbre, dans 
l'enfeu, se lit une inscription moderne composée 
ou reproduite par M. de Courcy, en ces termes ; 



. DOCTORI. AC. OMNIVM. DISCIPLINARVM. 
HIRABIU. PROFESSORI. 

OLiVARIO. RICHARD. (D 

ARCHID"". AQVENSl. IN. ECCLESIA. LEONEN. 

ET. NANETEN. CANONICO. 

PAHLAMENTl. BHITASIE. CONSILIARIO. R. P. D"'. El^. 

NANETEN. VICARIO. MERITISSIMO. 

FRANCISCUS. RICHARD. 

PROTONOTARIVS. APOSTOUCVS. ARD'. AC. CANO.MCVS. 

LEON. ET. NANETËN. FRATER. MOESTISSIMVS. 

FRATRt. CARISSIMO. ET. OPTIMO, HOC. SAXUM. EREXIT. 

ANN08. NATVS. LXIX. 

OBUT. A. D. 

M. V''. XXXIX. 

Caret Doue. Meuli Doue. Enorî Doue. 

Ces trois mots bretons étaient, nous dit M. de 
Courcy, la devise des Richard, qui parfois usaient 

(U Àuoelatio» bretonne. 1851, page 130. • Fils de Guyon 
Richard. $ecrëU[re du duc François 11, en 1488, ei descendant de 
Simon Richard, l'un des écuyers du combat des Ti-enle, en 1351. > 



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DE 8A1NT-P0L DE LÉON 37 

encore de celte autre devise « Dominus in circuitu». 
On voit leurs armes avec cette devise à la voûte du 
transept méridional. Cette famille nous est surtout 
connue par ces deux Irères dont l'inscription fait 
mention, tous deux chanoines et insignes bien- 
faiteurs de l'église de Léon ; Olivier Richard, 
s"^ de Tarieuc, archidiacre d'Acre, chanoine de 
Nantes, de Rennes, de Léon, vicaire général de 
Léon, abbé de Pyrimil, Pontchaleau, docteur in 
utroque, conseiller au Parlement de Bretagne, fonda 
en lu28 plusieurs services religieux des plus lucra- 
tifs pour le clergé de Ta Cathédrale, et connus sous 
le nom de la Rickardîne. Six prêtres et deux enfants , 
de chœur étaient attachés h la desserle de celte fon- 
dation, qui consistait en une messe chantée tous les 
jours de la semaine sur lautel de Toussaints : le 
lundi, m«8se de Requiem, le mardi en l'honneur des 
Anges, le mercredi en l'honneur du Saint Esprit, te 
jeudi en l'honneur du Saint- Sacrement, le vendredi 
en mémoire de la Passion, le samedy en l'honneur 
de la Sainte-Vierge, et le dimanche en l'honneur de 
la Sainte-Trinité. 

Cette dernière fondation datait du 17 Juillet 
1537. En voici le texte : 

« Sachent toutz (1) que en nostre courz séculière 
de S' Paul, Christophe (de Chavigné), par la gi"<ice 
de Dieu Évéque de Léon, el celle de M. le Vicaire 
général du dit Evesque et chacuns, ont esté pré- 
Ci] G. II& 



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38 LA CATHÉDRALE 

sents en droict et personnellement establiz devant 
nous au lieu capilulaire de l'église cathédrale de 
Léon, vénérables personnes Missire Olivier Rîcharl, 
docteur es droits, archidiacre d'Acre en Léon, cha- 
noine de Nantes et de Léon, conseiller du Roy en 
sa court de Parlement en Bretaigne, Maistre Conaa 
Le ScafT, chanoine de la dite église de Léon, au nom 
et comme procureur du Chapitre de la dite église 
en la présence et du consentement de vénérables 
aussi personnes. M"* Hamon Barbier, François 
Richart, Hervé Le Garo, François Parcevaux, Jehan 
Kermorvan, Hervé Kerourfil et Jehan Parcevaux, 
aussi chanoines de la dite église du dit Léon, ce jour 
cxjngrégés et assemblés en leur Chapitre et Chapitre 
faisants et représentants Maistre Olivier Le Maczon, 
prieur du couvent de N,-l>, de Carmes ou dit Saint- 
Paul, tant en son nom que au nom des religieux et 
conveni du dit lieu de Carmes, noble ecuyer Tanguy 
Campir S^ de Kerozal, et chacun pour son interest 
dune et aultre part. 

(( Le dit Missire Olivier Richart désirant l'office 
divin en icelle église estre célébré plus dévotement 
et solennellement en iceHe église le jour el feste de 
la Sainte Trinité de Paradis que n'a esté faict au 
temps passé et provocquer le peuple en icelluy jour 
à plus grosse dévotion, a voulu fondé et augmenté 
et par ccstes, veull, fonde et augmente la distribu- 
tion des constitués en dignité, chanoines et aultres 
suppôts des dits chapitre, église et collège de Léon 
et du consentement du dit chapitre, de la somme 



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DE BlINT-POL DE LÉON 39 

de 13 livres monnoye de rante levable eLveoante à 
main chacun an à cliacun jour et tenue de la Saint- 
Michel Montegai^anne , laquelle somme veult et 
ordonne esire distribuée en la forme et manière 
que sensuilt, savoir : la 'moitié entre les chanoines 
et aultres constitués en dignité de la dite église qui 
personnellement comparaîtront et assisteront le dit 
jour et les vespres précédants en icelluy office divin, 
et de l'aultre moitié veult et ordonne que le cha- 
noine officiant en la dite teste ayt, oultre son aultre 
distrihution sept sols 6 deniers, item que deux des 
chanoines ou constitués en dignité portent deux des 
chapes es premières vêpres, matines, la grande 
messe et les darnières vespres direile (este et que 
chacun des dits ayt oultre sa distribution, lo deniers 
et les deux chapelains chapiers, oultre leur distribu- 
tion, chacun dix deniers. Iterti que chacun des 3 
chanoines ou constitués en dignité qui liront les 
3 dernières lecznns ou dit jour, ayt dix deniers, item 
l'oi^aniste 2 sols 6 deniers, item le soubz chantre 
13 deniers, item chacun des diacre et soubzdiacre 
dix deniers, item chacun des bedaux 10 deniers, 
item au sacriste pour sonner toutes les cloches et 
aussi la grande, et fournir de luminaire et le tout 
comme le jour de Noël. 2.'i sols et le parsus de l'aul- 
tre moitié d'icelle somme sera distribuée entre les 
aultres suppotz du dit collège de Léon qui compa 
raistront es dites heures également, et mansuelle- 
ment. 
it Item veult et ordonne que les dits chanoines, 



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40 LA CATHÉDRALE 

dignités et suppôts de la dite église aillent en cliape 
et solennellement chiintanis ce que verront conve 
nable le dit jour, en procession à la chapelle de 
N. D. de Creisker et au retour passer par l'Hôpital 
de la ville de Saint-Paul', là où le niarelleur et 
recepveur des extraordinaires sera tenu de bailler 
et distribuer aux dits chanoines, dignités et aultres 
suppôts du dit collège la somme de 40 sols mon 
noyé pour oflrir et (aire oblation, savoir 20 sols 
en la dite chapelle de Creisquer et 20 sur l'autîer 
du dit Hôpital auquel seront tenus dire et chanter 
cinq respons, verset et oraison de saint Yves avant 
faire la dite oblation, laquelle sci-a convertie en ali- 
ment des pauvres du dit hôpital, et ne sera nul 
excusé de non comparoir es dites heures et proces- 
sion s'il n'est notoirement malade en la Cité, et 
celui qui défaudra en la dite procession, perdra sa 
distribution dune des heures précédentes, 

« Aussi icelluy Missire Olivier a voulu fonder et 
dotter ung anniversaire solemne ou chœur d'iaelle 
église en la mode des aultres anniversaires solemnes 
le dit jour de la Trinité quant à la messe et le soir 
précédant quant à vigilles, de la somme de lo livres 
mon. laquelle somme veult et onlonne estre manuel- 
lement distribuée scavoir la moitié entre les cha 
noines et dignités de la dite église et l'aultre moitié 
en la manière qui ensuilt scavoir : au chanoine ou 
dignité ufliciant o sols, aux deux chanoines chapiei-s 
it chacun 11 deniers, aux deux chapelains rhapiers 
i) chacun 8 deniers, au diacre et soubzdiacre à cha 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 41 

cun 10 deniers, au soubzchanlre 11 deniers, au 
sacriste pour bailler les chapes 10 deniers, & l'assis- 
tant 11 deniers. 

« Item pour sonner loules les cloches et aussi la 
grande et fournir de houict piletz, quatre sur sa 
tombe et quatre au grand aultier 20 sols et le demeu> 
rant, aux choristes chantres et suppôts de la dite 
église et que en l'issue de la dite messe qu'ils vien- 
nent chanter Deprnfundis avec les oraisons accous- 
tumées en la chapelle de Toussaints ou ailleurs en 
la dite église si le corps du dit Missire Olivier après 
son decoix y soit ensepvely, ou s'il n'y estoit enterré, 
sur la sépulture à son frère Missire Francoys Richart 
à présent archidiacre de Léon, et s'il n'y estoit en- 
terré, en la dite chapelle de Toussaints. 

(( Item a voulu fonder et â fondé un dïsner pour 
tous les suppôts de la dite église qui sera fairt hou- 
nestement le dit jour et feste de la Trinité en la 
maison (1| que le dit Missire Ollivier a faict nouvel 
lement bastir et construire en la ville et citté de 
Saint-Paul et sera tenu celuy qui aura en l'advenir 
la dite maison souffrir faire le dit disner en la dite 
maisoiTet quel a ce baillera la sale basse et cuisyne 
pour abiller le dit disner et quant à ce, leur portera 
bonnepalienre sans qu'il soit tenu de fournir d'aullre 
chose, et seront appelés, convyés et receups, deux 

(1) Cesl In maison qui esl sur I» place dite du Pittit-Clultre 
fAitociatiott bretonne, loc. cil./, c l.es armes de Richard se voient 
eocore au-dessus du manteau d'une des cbeminées, el existaient 
•sur l'écussoD martelé au pignon Ouest, où I'od croit lire autour la 
devise : Domlnvi in eircuim. " 



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48 LA CATHftOBALK 

des priDcipaulx religieux du dit conveat de Carmes 
et deux ou trois des sieurs ou bourgeois de la dite 
cité au dit disner, et pour dotation du dît disner a 
baillé et donne la somme de 12 livres monaye de 
ranle, quelle somme veult tous les ans estre entiè- 
rement employée au dit disner par celuy qui, par 
MM. du Chapitre sera ad ce député, qui eovoyra des 
demeurants et reliques du dit disner à l'hdpitRl de 
la ville à sa bonne discrétion. 

K Oultre, a fondé et dotté un aultre anniversaire 
extraordinaire de la somme de 6 livres monnaye de 
rante, le dit jour de la Trinité au dit convent de 
Carmes quant à la messe et quant aux vigilles le 
soir précédant, et seront tenus les religieux en l'issue 
delà dite messe,venirprocessionnellementen l'église 
de Saint-Paul en la chapelle de Toussaint, ou sur 
les susdites sépultures dire et chanter De prùfundiê 
et les oraisons aecouslumées et pareillement tous les 
vendredis de l'an, diront les dits suffrages comme 
dessus là où la dite somme de 6 livres monnaye sera 
manuellement payée aux dits religieux par le marel- 
ieur ou recepveur des anniversaires extraordinaires, 
de laquelle somme veull, la somme de 50 sols estre 
convertie le dit jour à faire bonne chère entre les 
religieux en communauté du dit convent; oultre leur 
pitance ordinaire et accoustumée. 

(I Et pour assurance dotation des dits sommaires 
et fondations comme devant qui montent ensemble 
à la somme de 30 livres monnaye de rante, icelluy 
Missire Olivier a baillé au dit M" Conan es dits noms 



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DB 8ÀIMT-P0L DE LÉON 43 

un contract de aO livres de rante sur le susdit Tan- 
guy Campir a daté du 6 Août 1328. 

Ce fut fait et gréé au dit Chapitre, le 17» Juil- 
let 1337. .) 

Le même jour, le même Ollivier donnait en pur 
don : 

« Ung paire dogres par luy envoyées estantes au 
pulpitre dicelle église avec deux chandeliers d'ar- 
gent en partie dorez pesants 10 marcs 1/2, ilem ung 
calice d'argent tout doré pesant 4 marcs et deux 
orceaux d'argent en partie dorez, 1 marc. » 

Le Irère dOllivier, François Richard, prolono- 
taire apostolique, archidiacre de Léon, chanoine 
de Léon et de Nantes, recteur de Ploudalmézeau et 
de Quervignac, au diocèse de Vannes, obtint, à rai- 
son de ses libéralités, remplacement d'une tombe 
non loin de la chapelle de Toussaints « jouxte et 
avant un pilier de la dite église qui est entre l'autel 
de Mîssire S' Maudetz et la sacristie dicelle église n. 
Nous pouvons signaler parmi ces libéralités, la fon- 
dation dite le Salut ou le Virginibus fondé par acte 
du 10 Août 1539 (1), qui consistait dans le chant de 
l'antienne Virginibu» beatis, qui se chantait chaque 
dimanche après vêpres dans la nef de la Ciithédrale. 
Pour l'acquit de la fondation, le chœur recevait par 
an 40 livres, et 8 livres élaient parlagées entre l'or- 
ganiste et le sacrisle. Celle fondation fut précédée 
d'une autre dont nous rendons compte en détail, 

( I) G. îttâ. 



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44 LA CATHÉDRALE 

car elle est empreinte d'une rerlaine originalité, 
elle porte la date du 14 Décembre 1336. 

« Missire François Richard, protonotaire, archi- 
diacre et chanoine de Léon, esmeu de grande et sin- 
gulière dévotion au vénérable nom de Jésus, et dési- 
rant de tout son cœurardentement qu'il soit honoré 
ainsi qu'il appartient, pour augmenter et mieux 
entretenir l'ofiioe divin du dit nom de Jésus, fonde 
l'oHice o la messe du dit nom de Jésus estre chanté 
a perpétuité au chteur dicelle église, tant le jour de 
sa (êle qui est le 14" jour de Janvier, que la veille 
et vesprée precedanle, selon l'office du dit nom que 
bonne mémoire Clément Pape VII" a fait composé et 
statué à la révérance du dit nom de Jésus, avecque 
sonnerye de toutes et chai^unes des cloches et illu- 
mination des lumières, chandelles et flambeaux 
dicelle église allumés et ardents durant la décanta 
lion du dit office de la manière et forme que l'on 
tait en l'office du jour de Noël, et que en cbecun 
dit office, 10 livres soient distribuées aux suppôts 
dicelle église présants, scavoir : aux constitués en 
dignité et chanoines la somme de i livres 20 sols, 
aux premières vespres, 20 sols, a matines, 20 sols, 
pour lesrbeures, 20 sols, pour les secondes vespres, 
aux choristes et autres suppôts 60 solw, ili sols a 
checune des dites heures. Oultre veut que l'olTiciant 
soit constitué en dignité et chanoine et que deux 
chanoines portent chapes fi la manière du dit jour 
de Nouel, et auront le dit célébrant de plus 7 sous, 
et les deux chanoines chapiers 12 deniers, et che 



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DE eUMT-POL DE EÉON 45 

cuQ des deux chapelains chapiers ordinaires por- 
tant chape au dit oMce 8 deniers, et ctiecun des 
diacres et sousdiacres 8 deniers, au sous chantre 

13 deniers, l'organiste 15 deniers et le sacrîste 
10 deniers, au sacriste pour fournir cire et cierges 
10 sols, et pour faire les sonneries requises 10 sols, 
et pour la procession 20 sols dont 10 sols aux cha- 
noines, et 10 aux choristes, au sacriste S sols pour 
vestir l'autel de la chapelle de Toussaint, y met- 
tre deux pilels de cire et bailler les ornements du 
dit autel et vêtements requis aux religieux du con- 
venl des Carmes pour célébrer l'anniversaire que 
le dit archidiacre veut fonder y faire, par les dits 
religieux le dit jour du nom de Jésus et la veille 
précédante, et sera le dit jour du nom de Jésus 

14 Janvier, fait procession de la cathédrale à Nostre 
Dame de Créisquer si le temps est convenable, au- 
trement à l'entour de l'égH&e. 

(( En oultre, le dit Richard fonde à la révérance 
et collaudation de la Nativité de Missire St Jean- 
Baptiste un feu décent estre faict en la place, devant 
la maison l'archidiacre d'Acre, auquel lieu iront 
processionnelle ment les chanoines et suppôts, à 
l'issue des complies de checune vueigle de la feste 
d'icelle Nativité, et au lieu de la Croix, un bachelier 
de l'église porlera un flambeau, de cire allumée 
devant les dits suppols jusqu'à la dite place, où le 
recepveur ou marelleur dans la dite église, aura fait 
dresser le bois pour faire le dit feu, auquel il y aura 
une charretée de bois comme longues perches, 



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46 LA CATHÉDBALK 

fagots et il y aura un fust de pippe, dedans lequel 
partie du dit bois sera mis et inclus et après que la 
dite procession sera illecques arrivée, la plus digue 
des dignités ou anciens des chanoines prendra le 
dit flambeau et metera le feu au dit boys, et lors se 
prendront les dits suppôts main à main et iront 
autour en disant quelques bymnes ou quelque hon- 
neste cbauson, et ce fait, entreront les dits suppôts 
en la dite maison du dit archidiacre d'Acre et auront 
à boire du vin blanc et cleret chacun trois foys, 
avecques des eschaudés et des cerises s'il s'en 
trouve, jusques à la somme de 40 soûls y compris 
les dits boys et fust de pipe, et le dit marelleur sera 
tenu fournir ce que devant et de faire préparer les 
bancs en la salle d'icelle maison et de fournir des 
serviettes nettes, et ce fait, les dits suppôts et cho- 
ristes en l'intention du dit fondateur chanteront en 
la dite salle le psaume De profundia et les oraisons 
accoutumées. Et pour ce donne douze vingt livres 
(240 livres) bonne monnaye, pour estre converties 
en 12 livres de rente. » 

En retour, le Chapitre donne au dit Richard em- 
placement d'une toml>e, v près, jouxte et avant un 
pilier de la dite église qui est entre l'autel de Mis- 
sire St Maudetz et la sacristie d'icelle esglise ». 

En cette chapelle de Toussaints se desservaient 
encore les chapellenies suivantes : 

Celle de l'Annonciation, de laquelle étaient pré- 
sentateurs, au xvu« siècle, les S" de Crec'hisien ; 



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DE BÂINT-POL DE htOU . 47 

Celle de Saint- Mathieu, longtemps desservie sur 
l'autel de ce saint ; 

De Sainte-Madeleine de Pazzi, desservie aussi sur 
l'autel de ce nom d'après une fondation de 1627 (1); 

La chapellçaie de Sainte-Marie Madeleine, fondée 
il y a plus de 200 ans (dit un acte de 1640), fi charge 
d'une messe basse le mardi, et « de fournir le pain 
de la communion pour tout te peuple des sept pa- 
roisses du minihy et autres survenants », Cette cha- 
pellenie, attachée aux fonctions de sacriste, était 
possédée en 1640 par Yves Souriman, qui prenait 
pour cela 10 garcées de ren(e (à 60 sols la garcée) 
sur le manoir de Pratcuiq. 

Voici les tombes qui se voyaient dans cette cha- 
pelle, d'après un élal de 1726 (2) : 

Du côté de l'Épître. 

Jean Couhard, vicaire de Toussaint» et maître de 
la musique; . 

Nicolas Denis, chanoine de Léon, hors le balustro ; 

(iuillaunie Corre, théologal et chanoine de Léon; 

Olivier Richard, archidiacre d'Ach, chanoine de 
Léon ; 

François Richard, grand archidiacre, chanoine de 
Léon. 

Du côté de l'Évangile. 

Prigent Le Moine, «chanoine de Léon ; 

dï G. 124. 

(S) Nous (levons ces renseigoemenlE à une communication qui 
nous > été laila par H. l'abciâ Derrien, vicaire à Saiul-Pul de 

léOD. 



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48 LA CATHÉDRALE 

Prigent Le Ny, trésorier, chanoiae de Léon, rec- 
teur de Plougoulm, fondateur des Mioimes en 162â, 
à un pas de la muraille ; 

Yves Le (îat, pénitencier, chanoine de Léon (hors 
la chapelle). 

Dans ta chapelle 
(tsBS qu'oo paisse préciser l'endroit). 

René de la Haye, lils d'Yves et de Claudine de 
Launoy, frère d'Anne-Renée mariée en 1670 k Jean 
du Dresnay ; 

Claudine de Launoy, dame des Roches ; 

Jean de Quelen, sieur du Dresnay, dans la tombe 
marquée des armoiries du Dresnay ; 

Christophe Grall, vicaire de Toussainls ; 

Denis de Keredern, chanoine de Léon ; 

Élienne de la Cosie, archidiacre, chanoine de 
Léon ; 

Claude Allaire, oflicial de Léon. 



3" Les deux chapelles de l'entrée 
de la sacristie (1719). 

Ces deux chapelles appartenaient en 1719 à Mis- 
sire le Comte de Moron de Bréhant, à cause de la 
terre de Kerouzéré (1). Elles n'existent plus, et con- 
sistaient sans doute en deux autels situés soit au 



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DB 8AINT-P0L DE LÉON 49 

pignon auquel est adossée en partie la sacristie, soit 
au mur du bas-côté Nord, mais certainement entre 
l'autel de Toussaints et l'autel du Rosaire et, selon 
toute vraisemblance, sous les deux fenêtres, l'un à 
gauche, l'autre à droite de la porte de la sacristie. - 
L'un de ces autels devait être en 1539 dédié à saint 
Maudelz, car nous avons vu, en parlant de la cha- 
pelle de Toussaints, que François Richard acquit le 
droit de tombe non loin de cette chapelle, « jouxte 
et avant un pilier de la dite église qui est entre 
l'autel de Missire Saint-Maudetz et la sacristie d'i- 
celle église n. 



4* Chapelle du Rosaire 
ou de Saint- Jean- Baptiste. 



La confrérie du Rosaire fut établie dans cette 
chapelle par bref du 20 Juin 1643 (1 ) . Elle était alors 
sous le vocable de Saint-Jean-Raptiste, et on y des- 
servait, comme on continua de le faire jusqu'en 
il20, la paroisse du Minihy appelée de Saint-Jean- 
Baptiste. 

Voici la description qui est donnée de cet autel 
lors de l'enquête de 1698 12) pour l'union en un seul 
des sept vicariats. 
. « A l'autel du Rosaire il n'y a point de tabernacle, 



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50 LA OÀ.TBÈDKA.I.K 

mais il est orné d'un retable à quatre colonnes étoffé 
et doré. Le sieur Guillerm, vicaire, a sou confes- 
sionnal dix pas environ au-dessous du balustre, qui 
est éloigné du marchepied de l'autel d'environ deux 
pieds. 

(' Le sieur Guillerm soutient que le tabernacle 
actuellement à l'autel de Toussaint étoit sur cet autel 
de sa paroisse, ce qui se remarque par les gradins, 
d'autant que les deux bouts des gradins sont en 
sculpture et le milieu, que l'on voit avoir été ajouté, 
n'est qu'en peinture, laquelle novaltté a été faite 
lorsqu'on a posé un tableau du Rosaire sur le dit 
autel, et que l'image de saint Jean Baptiste eu sculp- 
ture qui est à présent du côté de l'Évangile éloit 
auparavant où sont à présent les colonnes du même 
côté, et que au dit tableau l'image de saint Jean- 
Baptiste est en peinture, et que plus bas que le 
balustre en la voûte il y a des trous ou estoient les 
cordes de la lampe. » 

La vitre au-dessus de l'autel du Rosaire apparte- 
nait en 1719 [i] à Madame la Duchesse de Portz- 
mouth, à cause de sa terre du Chastel, mais cette 
lenétre était bouchée par le tableau du Rosaire 
depuis l'érection de cette confrérie. 

On desservait sur cet autel : 

!■> La chapellenie de Saint Jean Baptiste, iondée 
le i9 Novembre 1419 (2), par Olivier Moneyer ou 



(1) G. 130. 

<9) Voir le realier et diverses prâsenUlioDs de la dite cbapel- 
lenie, G. 333. 



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DE BAINT-FOL DE LÉON 51 

Monetarius, chanoine, à charge d'une messe à chant 
le jour de la décollation. 

2° La chapellenie de Saint-Patem, dont nous trou- 
vons deux foadateurs ; Hervé Lorgueilleux, chanoine 
grand vicaire de Léon, datée du 12 Juin 1419 (1}, et 
Alain de la Rue, évéque de Léon, puis de Saint- 
Brieuc en 1419 ; l'acte de fondation de ce dernier 
pour la chapellenie de Saint-Patem est de l'année 
1422 {2). Cette fondation était desservie dans le prin- 
cipe sur l'autel dit de Saint-Denis et Saint-Patern, 
mais cet autel dut disparaître au xvii« siècle, car 
dès cette époque la chapellenie lut desservie à l'au- 
tel de Saint- Jean- Baptiste. 

Le Chapitre en était le présentateur, et y nomma 
en 1373 Jean de Kerguz, chanoine, et en 1591 Guil- 
laume de Kerguz, également chanoine ; la pierre 
tomhale que l'on remarque au ras du sol, vis-à-vis 
l'autel du Rosaire, appartient à l'un de ces titulai- 
res, car on y voit un chanoine en rochet, recou- 
vert d'un manteau long, et tenant entre les mains 
croisées un bâton cantoral ; la tête est découverte, 
et de chaque côté on a gravé deux écussons aux 
armes de la famille de Kerguz : « d'argent au grès- 
lier (3) d'azur enguiché et lié de gueules. » 

3° Une chapellenie dite de Sainte-Agnès fut fon- 
dée en 1389 (4j, à charge pour le titulaire de loger 

(1) C. 12*. 

(2) G. 338. 

(3) Cor de cbssse dont la garniture et les cordoos sont de cou- 
leur roufie. 



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62 LA OATHftDBALB 

les prédicateurs de l'A vent et du Carême. Cette cha- 
pellenie desservie dans le principe sur l'autel Sainte- 
Anne, le lut ensuite sur l'autel du Rosaire ; mais 
cette chapelienie s'appela aussi de Saint-Paul ou de 
la Conversion de Saint-Paul, parce qu'eu 1601 (1), 
une cliapellenie de ce nom, existant dans l'église de 
Guimilliau, fut réunie à la prébende du théologal, 
auquel on donnait une maison à condition qu'il 
pourvoirait au logement des prédicateurs de l'A vent 
et du Carême. 

En 1627 on voulut obliger l'Évèque à loger le pré- 
dicateur (2), mais le 4 Décembre 1629, nous voyons 
Mgr de Rieux, entrant au Chapitre, faire remarquer 
« que le sieur G. Tréguier, théologal, doit loger les 
prédicateurs qui prêchent l'Avent et le Carême à la 
Cathédrale, comme possesseur d'une maison aftectée 
à cet elïet » (3). 

La pièce suivante nous montre qu'au xviip siècle, 
le même devoir incombait au théologal, mais qu'il 
ne mettait pas plus d'empressement que ses prédé- 
cesseurs à s'en acquitter : 

(( Le deux Septembre mil sept cent soixante- 
quatre, accompagné de M. l'abbé de la Masse, cha- 
noine de Léon, et de M. Goat, prêtre, je me suis 
transporté chez M. Prigent, chanoine théologal de 
l'église de Léon, pour l'avertir de la part de Mon- 
seigneur l'Évêque comte de Léon que, faute à luy 

(1) G. 168. 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 53 

de loger à l'avenir le prédicateur de l'Avent et celui 
du Carême, mon dit Seigneur Évesque usera de la 
faculté qui luy est réservée dans Tacte d'union de 
la chapellenie de Saint Pol à la prébende théolo- 
gale, de disposer de la dite chapellenie en faveur 
d'un autre chanoine, ou d'un des chapelains de la 
dite église. Duquel acte d'union nous lui avons 
laissé copie. 

« A Saint-Pol-de-Léon, lesdits jour et an que 
devant. 

(( (Signé). Barbier, chanoine secrétaire. 

« J'acquiesce à loger l'un des prédicateurs d'Avent 
et de Carême, saufT tous mes droits et ceux de mes 
successeurs, 

H A Léon, le deux Septembre mil sept cent 
soixante-quatre. 

« Signé : P. Prigent, cft. théologal de Léon. », 

En 1633, Nicolas Paugam, scholastique et cha- 
noine de Léon, faisait fondation sur sa tombe, 
H proche l'autel de Saint-Jean Baptiste, côté de 
l'Evangile, hors le chœur » (f). 

Dans l'état de 1726, cette tombe est dite « entre 
le mausolée de B. P. en Dieu Alain de Kerouzéré, 
évéque de Léon, et les balustres du Rosaire ». Albert 
Le Grand compte, en effet, parmi les évoques de 
Léon un Alain de Kerouzéré qui avait été aupara- 
vant archidiacre de Quemenedîily, et qu'il place 

(1) G. 117. 



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54 LA OATHËDRALB 

entre Jean Pregent et Guillaume Perron, de 1443 à 
1445. C'est une erreur, il n'y a pas eu d'évêque titu- 
laire de Léon du nom d'Alain de Kerouzéré ; Jean 
Pregent fut immédiatement remplacé, en 1439, par 
Guillaume Ferrnn (1) qui tint le siège jusqu'en 1472. 
11 est seulement possible que Alain de Kerouzéré ait 
été évoque originaire, mais non titulaire de Léon. 

En 1663, deux tombes étaient concédées, près 
l'autel du Rosaire, k Rolland de Kerscau, seigneur 
de Rosnevez. 

Voici d'après une pièce de 1719 (2), l'état des préé- 
minences pour les enfeus et fenêtres formant le 
bas cûté Nord, de la chapelle du Rosaire à la cha- 
pelle de Notre Dame de Cahel. 

<( La première vitre à M. de Kermoruz, à présent 
(1719) Ghefiontaines. 

(( La suivante à M. de Villeneuve Kersulguen 
de Kergof Keredan. )) En effet, le 27 Septembre 1667, 
Missire Hervé de Kersulguen, seigneur de Kergofl, 
demeurant au Faou, rendant aveu à Mgr Visdelou, 
mentionne en l'église de Léon " en la seconde 
arcade située en la dite église, en la paroisse de 
Saint-Jean, une voûte vers le côté de l'Évangile, 
avec les vitres où sont ses anciennes armoieries, et 
tombes avec an 



(1) Les arcliives vBlicanes portent expressément : • iS kal, 
Aprilis 45iS. Guitlflmvi Le Ferron, arckidiaeonus de Media (de la 
Hée), in Ecclesia NanetensI, fit episcopus LeonensU per Iranila- 
tionem loaimis ad Brtocensem. a 

(2) G. 120. 



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DE SAINT-FOL DE LÉON 55 

La troisième vitre « est à M. du Coetlosquet des 
Iles et en partie à M. de GtieSontaines ». 

Le tableau du Rosaire qui surmonte l'autel repré- 
sente plusieurs personnages : au haut, Notre- Sei- 
gneur, ayant la Sainte -Vierge à sa droite, saini 
Joseph à sa gauche ;' tous deux semblent attirei 
l'attention de leur divin Fils sur la ville de Saint- 
Pol qu'ils montrent du doigt au-dessous d'eux 
derrière saint Joseph, se voit un saint personnage 
en chape; derrière la Sainte -Vierge, s'aperçoiveni 
une religieuse et un religieux. Les quinze médail 
Ions du Rosaire entourent le tableau. Au bas es) 
représentée en perspective une vue de la ville de 
Saint-Pol : à gauche, au premier plan, l'hôpital et la 
chapelle de Saint-Roch, aujourd'hui détruits, fon- 
dés en 1629, puis le Creisquer, la Cathédrale et, à 
main droite, la chapelle de Saint-Pierre avec son 
ancien clocher. 

Au côté de l'Évangile est la statue de saint Pierre 
et plus bas celle de sainte Claire. 

Au côté de l'Épitre, la statue de saint Jean-Baptiste 
et celle de sainte Thérèse. 

Du côté de VÉvangUe 
se voyaient autrefois (1) les tombes de ; 

« Jean de Kerlec'h, chanoine trésorier, hors le 
baluslre ; 

(( Louis de Kergorlay, chanoine de Léon , tombe 
armoriée, à quatre pieds du balustre ; 

(1) But de 1728. 



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56 LA CATHËDRALB 

« François de Kergorlay, chanoine, grand archi- 
diacre ; 

H Julienne de Kersulguen, dame douairière de 
Kerham Guernisac, auprès du banc de Messire de la 
Villeneuve Kersulguen ; 

(( Hervé Keranguen, chanoine, devant le Rosaire, 
sous la quatrième arcade. 

Du côté de l'ÊpUre. 

« Hamon de Kerguz, chanoine (c'est la tombe 
décrite plus haut) ; 

« François du Louet, seigneur du Plessis Coetjmi- 
val, au dedans du balustre ; 

<( Vincent Abrahamet, archidiacre et chanoine de 
Léon, jouxte et derrière le banc de MM. du Louët ; 

« Jeanne de Kerçuz, dame de Kergoniou, joi- 
gnant le banc de MM. du Louet. 

Devant le Rosaire. 

« Christophe Grall, prêtre, chapelain de Kerhelon ; 
« François Floch, chanoine. » 



6" Notre-Dame de Cahel. 



» A Notre Dame de Cahel, disait le P. Cyrille 
Le Pennée, repose une belle image de Notre-Dame 
que l'on tenait autrefois miraculeuse, et à laquelle 



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DE 8AIMT-P0L DE L£0H 57 

ceux de ta ville portent une grande dévotion et un 
respect singulier. »* 

La paroisse qui se desservait dans cette chapelle 
était appelée « le Vicariat de Notre-Dame de Caël, 
du Cahel, de CancelUs ou Vicariat devant le Chœur ». 
Caël, barreau ou grille, serait la traduction bre- 
tonne du mot Cancel, et indiquerait peut-être que 
cet autel était placé autrefois devant une des grilles 
du chœur ou dans le chœur lui-même ; mais au 
xvii« siècle, il se trouvait certainement où était jus- 
qu'à ces derniers. temps l'autel dit de Notre-Dame 
de Bon-Secours, qui est devenu l'autel des Reliques 
de saint Pol. 

Voici comment il en est parlé dans l'enquête de 
1698: 

(I Rendus à l'autel de Notre Dame de Cahet, dont 
le sieur Auffret est vicaire, il est constaté que cet 
autel n'a pas de tabernacle, mais un balustre éloi- 
gné de huit pieds du marchepied de l'autel, que le 
confessionnal du vicaire est au coin de la croisée 
Nord, que l'autel est garni d'un beau retable au 
haut duquel il y a une image en sculpture, et que 
le tableau représente l'assomption de la Vierge. Le 
vicaire a une armoire enclavée dans la muraille de 
la chapelle. )) 

Comme on le voit, dès cette époque, la fenêtre au 
dessus de l'autel était déjà masquée par un retable. 

La vitre au-dessus de l'enfeu appartenait en 1719 
à M. Trézéguer Mahé. 

On desservait sur cet autel, la cbapellenie de Saint- 



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58 LA OATH&DBALB 

Sébastien et Saint- Yves (1), aussi appelée chapelle- 
nie de Saint- Sébastien et Saint-Herbot (2), et la 
seconde chapellenie, dite de l'Assomption, fondée le 
15 Mars 1617 par testament de François de Kergroa- 
dez, seigneur du Bois, demeurant à Kerangonach, 
en Taulé ; cette chapellenie, dite aussi de Kerbic, 
lut augmentée le 19 Octobre 1631 par la libéralité 
de dame Françoise de Kerbic, dame douairière de 
Kerouar. En 1752, la chapellenie était dite de Ker- 
groades ou du Folgoat. Le sieur de Kergroades et le 
Chapitre y présentaient. 

Nous savons, par un aveu à l'Évêque de 1667, que 
Messire Yves de la Rivière, sieur de Keranfaro, 
demeurant à Saint-Pol, paroisse de Notre-Dame de 
Gahel, a droit, « à cause du manoir noble de Kerlé- 
vic, paroisse du CrucifixdesGhamps, à une tombe 
élevée et aux vitres de Notre-Dame de Cahel, en la 
vitre de laquelle se voient par novalité les armes de 
Kerjean ». 

On voit aujourd'hui, dans l'enleu voisin de la cha- 
pelle, une pierre tombale sur laquelle est la date de 
1G54 et un écusson mi parti, d'un côté est un dau- 
phin, ce sont les armes des Kerscao d'argent à deux 
dauphins adossés d'azur, de l'autre est la moitié 
d'une roue, armes, croyons-nous, des Kerouartz. 

Voici quelles étaient les prééminences de Claude 
de Kerscao, sieur de Rosnevez, dans cette chapelle, 
en 1707. 



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DK SâlNT-POL DE LÉON 59 

« Au côté de l'Évangile, enfeu et tombe relevée, 
trois autres tombes au-dessous du marchepied de 
l'autel de la dite chapelle au raz de terre, avec 
grande vitre au côté de TÉvangile avec armoyeries 
en plain du sieur Avouant et en alliance avec ceux 
de BoiseoJi, Kerlouan, Kerjean et autres, de plus 
une vitre au-dessus du dit autel avec armes, offus- 
quée par un retable qu'on a fait sur le dit autel. » 

Non loin, se voit un écusson représentant deux 
haches adossées surmontées d'un croissant, armes 
des Trezeguer Mahé. 

En 1644, le Chapitre, reconnaissant des fondations 
faites par M. Rolland Poulpiquet, sieur de Feun- 
teunspeur, premier dignitaire, chantre, chanoine 
officiai et grand vicaire de Léon, lui concédait entre 
autres privilèges « deux tombes à fleur de terre, en 
la chapelle de Notre Dame de Cahel, les plus prochai- 
nes de la tombe du recteur ou vicaire de Notre- 
Dame de Cahel, côté de lÉpItre ». 

Ce fut près de cette chapelle que fut inhumée, en 
1652, Amice Picard, avec le petit Yves Lucas, à côté 
de la tombe de M. de Trébodenic, sieur du Poulpry, 
grand archidiacre de Léon, son protecteur. 

Le 4 Octobre 1667 {!), Messire Jan du Dresnay, 
sieur de Penanru, qui venait d'acquérir du Marquis 
de Pontcallec le manoir noble de Kerlavan, préten- 
dait en la chapelle de Cahel aux prééminences sui- 
vantes : 

(1) G. M. 



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60 LA OATHËDBALE 

« Une tombe enlevée et arcade non percée à jour 
au-dessus, de pierres de taille, estante du côté sep- 
tentrional de la chapelle de Notre Dame de Cahel 
(en la Cathédrale) armoyée scavoir : en bas à costé 
de la dite tombe de deux écussons de pierre de 
taille en bosse, au milieu desquels il y a un heaume 
ou casque aussy de pierre, en relief, portants les 
dits écussons trois fasces chargées d'un chefron. Au 
-chef, à l'endroit de la clef de laquelle voûte et 
arcade il y a un pareil écusson de pierre en relief 
orné d'un heaume, et en la vitre au-dessus de la 
dite arcade, au chef du panneau du milieu, il y a 
un écusson à trois fasces d'or au fond de gueules 
chargées d'un chefron d'argent, my-party en alliance 
aux six beaans d'argent au champ de sable aussy my- 
party. 

<( Lui avons donné pour avéré qu'en la rose de la 
vitre de Notre-Dame de Cahel il y a nombre d'écus- 
sons portant deux fasces de sable au champ d'ar- 
gent, armes du sieur de Kerjan, qui aurait vendu 
autrefois Kerlavan au marquis de Pontcallec. Est 
avéré que le retable de l'autel de la dite chapelle 
offusque la vue de la vitre orientale d'icelle, en sorte 
qu'on ne peut remarquer les armes, foi-s au haut, 
celles de Bretagne et de France en alliance. 

Voici, d'après l'état de 1726, les tombes de cette 
chapelle : 

Devant l'autel. 

Claude de Poulpiquet et Jeanne de Kerscao, sieur 
et dame de Kerenec ; 



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DB 8AINT-P0L DK LÉON 61 

Louis Mazéas, prêtre sacristain de la Cathédrale, 
à la distance d'une tombe des balustres ; 

Toussaint Cherruau, archidiacre de Quemenedilly, 
chanoine de Léon, hors du balustre. 

Du côté de l'Évangile. 

Jean Guillerm, chanoine grand pénitencier, au 
dedans du balustre. 

Du côté de VÉpître. 

Jacques le Mesmeur, hors et près le balustre ; 

Isabelle le Saulx, veuve de Nicolas Luce, hors et 
joignant le balustre; leurs noms sont écrits sur la 
tombe ; 

Mai^uerite Bougea, hors et près le balustre; 

Marie-Amîce Picart, devant et hors le balustre, 
avec cette inscription : 

MARIE. AMICE. PICARD. D. C. D. LAN. 1652. 

Amice Picart est morte en odeur de sainteté, après 
avoir été conduite par des voies extraordinaires, 
demeurant dix-sept ans sans prendre de nourri- 
ture, et soutirant d'une manière toujours sensible 
et souvent visible, le martyre du Saint du jour, si 
bien que son historien, le vénérable Père Maunoir, 
l'appelle un martyrologe vivant. Sa mémoire est 
encore en vénération à Saint-Pol, et on conduit fré- 
quemment à son tombeau les petits enfants pour 
les faire marcher plus tôt. 

Marie le Saulx, femme de Guillaume Mancel ; 



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i 



62 LA OATHÂDBALB 

Rolland de Poulpiquet, sieur de Kermen ; 
Yves du Poulpry, archidiacre de Quemenedilly, 
chanoine de Léon, sous les balustres, côté de l'Epî- 
tre, sa tombe marquée d'une tête de cerf, avec cette 
inscription ; 

NON : OBUT : SED ; ABIIT 
ANNO DOMINI M. VI" Lil. 

Une pierre tombale voisine porte encore cette ins- 
cription : Jean Chrestien de îa Masse, doyen, cha- 
noine archidiacre, vicaire général de Léon, mort le 
16 Septembre 1777. 



6" Chapelle de Kerautret. 



Cette chapelle n'est point paroissiale ; elle a 
appartenu d'abord 'é la famille deTuonelorn Kerau- 
tret, puis aux Coetenfao de Kerchoent. 

Au-dessous de la fenêtre du fond est un beau 
tombeau en kersanton, sur le devant duquel se 
voient, soutenues par deux anges, les armes des 
Kerautret de Tuonelorn « échiquetée» d'or et de 
gueules de six titres ». Au-devant et au ras de terre, 
est une pierre tombale en kersanlon autour de 
laquelle on lit : Oy est la chapelle de Tnessire et noble 
homme Christophe Tuonelorn de Kerautret, recteur 
de Ploecolm, faict M. F", 



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DE BAINT-POL D^ LËON 63 

A droite, sous la feoétre, est un autel également 
en kersanton. 

Sur la paroi gauche de la chapelle sont des pein- 
tures exécutées il n'y a pas vingt ans, et qui cepen- 
dant ont dû être restaurées depuis peu. 

Nous remarquons encore dans cette chapelle, 
outre les armes ci-dessus décrites et reproduites sur 
le bénitier qui se trouve à l'entrée, deux autres 
écussons le premier mi parti : au premier losange 
d'urgent et de sable qui est Kerhoent, au second 
échiqaeté d'or et de gueules qui est Tuonelorn. 

Le second écusson, également mi-parti, porte au 
second les armes de Kerautret Tuonelorn, et au 
premier une vivre entrelacée dans des fasces, armes 
des Kerazret, que nous retrouvons près du petit 
autel en pierre qui se voit derrière le maltre-autei 
au chœur. 

Le 27 Août 1390 (1), Pierre-Marie de Tuonelorn 
fonda en cette chapelle la chapelleniede Saint-Alor, 
qu'on appelait en 1707 « de Saint-Alor autrement 
Saint-Eloi n (2). 

Ea 1399, M. de Tuonelorn, chanoine de Léon et 
de Tréguier, fondait en la même chapelle la chapel- 
lenie de Saint-Fiacre (3). 

On y desservait encore plusieurs autres chapelle- 
nies : celle de la Trinité, dont était titulaire en 1693 
Rolland François de Kerchoent de Coetenfao, prêtre 



(1) G. 136-335. 

(2) G. 332. 

(3) G. 333-131. 



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84 LA oatb£diulb 

chaDoine, qui fut remplacé à cette époque par Jean 
de Neboux de la Brosse, chanoine archidiacre de 
Léon (1). 

La chapellenîe de Notre-Dame de Kerhellon, dont 
était titulaire en 1687 Hervé de Kermenguy, rem- 
placé cette année par Rolland François de Kerchoent 
alors sous-diacre de Vannes. En 1752, nous retrou- 
vons comme titulaire de la même chapellenie un 
Yves de Kermenguy, archidiacre de Quemene- 
dilly (2}. 

Enfin, on y desservait la chapellenîe dite de 
DoceatU ou de Notre-Dame de Pitié, dont les titres 
primordiaux n'étaient plus connus dès le siècle der- 
nier, mais qui semble avoir été établie pour assurer 
l'instruction chrétienne aux enfants ; on pourra 
s'en convaincre par la pièce suivante, extraite des 
Archives de l'Evêché : 

« Supplie très humblement Messire Hervé Prigent, 
chanoine théologal de Léon, disant qu'il est pourvu 
de la Chapetainie de Notre-Dame de Pitié dit docea- 
tis en l'église Cathédrale de Léon, depuis 1741, et 
que malgré les recherches qu'il a faites il n'a pu 
connaître au juste les charges de cette chapelainie ; 
que ta présentation luy faitte porte la charge de 
faire le catéchisme dans l'église Cathédrale, sans 
spécification du tems ni des jours, mais que dans les 
présentations et provisions de son prédécesseur du 
20 juin 1698, il n'est fait mention que de messes, suf- 



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DE SAIMT-POL DE LËON 65 

frages et prières ordonnées et accoustumées, que daas 
les anciennes listes des chapelainies de l'église Ca- 
thédrale, cette chapelainie est ditte estre chargée de 
messes, tantôt de deux, taotât d'une, que dans cette 
incertitude le suppliant ayant demandé au présenta- 
teur communication du titre primordial sans pouvoir 
l'avoir, s'estd'abord proposé de faire un catéchisme, 
mais y ayant trouvé opposition il s'est déterminé à 
desservir une messe par semaine en acquit de la 
ditte chapelainie qui paraissait devoir être ia chargé 
plus proportionnée au revenu actuel qui serait 
diminué depuis la fondation. Car le Chapitre de 
Léon devait une rente de 30 s. monaye qu'il ne pait 
plus depuis l'extinction des fondations de dame 
Marguerite Crecqueraut dame de Keravel (fonda- 
datrice de la ditte chapelainie) dont les capitaux 
remboursés en billetsde banqueet portés aux liqui- 
dations, ne produisent presque plus de revenu an- 
nuel. Dans l'appréhension qu'il n'y ait pas eu de 
réduction canonique de la ditte chapelainie, comme 
le revenu n'est pas suffisant pour l'acquit des deux 
messes qui paraissent être la charge primitive, pour 
l'obtenir, le suppliant a recours à votre autho- 
rité. 

« Ce considéré, il vous plaise, Monseigneur, voir 
cy d'altache les provisions du suppliant, celles de 
M. Joseph Toussaint de Kerhoent, les listes de cha- 
pellainies de la Cathédrale, le bail de ferme du 
temporel de la ditte chapellaiaie, et en conséquence 
la réduire à tel nombre de messes ou tel autre 



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66 LA. CATHÉDRALE 

Charge que vous jugerez à propos, et le suppliant 
redoublera ses vœux pour votre conservation, 

(D'une autre écriture, qui doit être celle de l'Évê- 
que): 

H Je pense que MM. les curés étant chargés de faire 
le catéchisme et n'étant pas libre à tout titulaire de 
le faire, que la charge de cette chapellaiuie peut 
être réduite et fixée à une messe par semaine ». 



7" Transept Nord, et bas-côlé de la Nef. 



Dans cette partie de l'église, à la paroi Est, ados- 
sée à la chapelle de Kerautret, se voit un grand 
autel en bois provenant de l'égiise des Carmes, et 
qui est appelé autel Saint-Michel des Carmes, à rai 
son sans doute de ta belle statue du saint Archange. 

Au côté de l'Évangile, on peut remarquer, derrière 
l'autel en bois, les restes d'un autel en pierre qui 
devait être l'autel de Saint-Coulm, et alors nous 
aurions vis-à-vis, en la paroi Ouest, l'autel de la 
Madeleine, ainsi décrit en 1546 (1) : 

« Le Chapitre consent à M. Jean Deincuil, sieur 
de Pratcuiq, de disposer d'une chapelle nommée la 
Madeleine, construite par feu Prigent Noël devant 
l'autel de Saint Coulm, en ta muraille de la Cathé- 

(1) G. 113. 



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DE SAINT'POL DE LftON €7 

drale, devers la dernière cour de rÉvôché, avec ses 
fenêtres et ses vitres, l'une étant en la chapelle et 
l'autre dessus la tombe y étant et hors d'icelle armo- 
rié des armes de Noël. » 11 est également marqué 
que cette chapelle de la Madeleine est située u entre 
la porte qui conduit en la cour de-l'Ëvéché et l'au- 
tel Saint-Marc ». 

Il y avait donc de ce côté Ouest du transept, un 
autel de Saint-Marc au xvi« siècle. Au xvii* siècle, 
nous en trouvons un autre u joignant la porte de 
l'entrée du chœur du côté de l'Évangile d, sur 
lequel était desservie la chapellenie de Saint-Marc, 
fondée le 16 Avril 1639, par Goulven Habasque, 
prêtre (1). 

Le procès-verbal des prééminences en 1719 (2) 
porte « que la grande vitre peinte qui donne sur 
rÉvêché (vitre du pignon Nord) est à M, le marquis 
de Coatanscour, à cause de sa lerre de Messarnou » ; 
mais il faut observer que, à la clef de voûte et aux 
quatre coins, sont en bosse les armes de Kerautret, 
comme en la chapelle précédente. 

<t La petite vitre qui donne au-dessus de la petite 
porte pour entrera l'Évêché est k M.. le comte de 
Lescoët Barbier, de la terre de Kernao; mais on y 
voit les armes de Lesguen : d'or d l'arbre d'asur. 

Dans le compte de 1678 (3) il est question d'un 
i< autel Saint-Thomas derrière l'Évesché ». 

(1) Archives <1l- l'Évéchê. 



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68 LA OATHÉDBÀLB 

C'est sans doute l'enfeu surmonté des armes de 
Lesguen qui, en 1719, est appelé k chapelle de l'Évé- 
que )i ; il est du moins certain qu'en cette chapelle 
se trouvaient la tombe de Christophe de Lesguen, 
chanoine, grand archidiacre de Léon, recteur de 
Ploudiry en 1619, chevalier du Saint-Sépulcre en 
1623, protonotaire apostolique, mort vers 1642, et 
celle de son neveu Christophe Lesguen, le jeune 
sieur de la Villeneuve, chanoine, décédé en 1698. 

Le même procès -verbal, continuant l'examen 
autour de l'église, avant de parler des orgues, 
signale « la vitre qui donne sur l'autel de Sainte- 
Agnès, à M. de Kerenec de Kerscau ». Ensuite « une 
petite vitre ronde k M. de Kerestat du Kergoët ». 

Nous devons donc penser que l'autel de Sainte- 
Agnès se trouvait non loin du transept Nord, sans 
que nous puissions en préciser la place. 

Vient immédiatement après, la mention « des trois 
vitres de l'orgue, celle du milieu à M. le marquis 
de Carman de Kerimel ; des deux autres, l'une est 
au marquis de Coalanscour, l'autre à M. de Kerestat 
du Kergoat ». 

Contre un ou deux piliers du transept Nord sont 
des traces d'anciens autels dont nous n'avons pu 
déterminer les vocables, 

La chaire à prêcher devait être où elle est actuel- 
lement, et la première fenêtre de la partie supé- 
rieure de ta nef au-dessus de la chaire, appartenait 
« à M. de Kervoas Audren, de la terre de Kervivot ». 

u La seconde en suivant, à M. le comte de Les- 



ntj,t,7P-hyGoo'^le 



DE 8AINT-P0L DE LÉON 69 

coet Barbier, de la terre de Kerangouez ou de Ker- 
Daou. 

« Toutes les autres du même côté, à MM. du Cha- 
pitre, n 

Au bas de la nef, le mur de l'église était contigu 
à l'ancieD Ëvécbé, avant sa destruction par l'incen- 
die et sa reconstruction où il est actuellement, au 
commencement du siècle dernier. C'est donc à cette 
partie de la Cathédrale que se rapporte la demande 
suivante des Carmélites, recueillies à l'Évêché de 
Léon par Mgr de Rieux, après leur expulsion de 
Morlaix pour cause d'insubordination au Saint- 
Siège. 

Nous Usons au déal du Chapitre, k la date du 
26 Décembre 1625 {!) : 

« Sur la remontrance faite de la part des dames 
religieuses Carmelines tendant k fin d'élre licen- 
ciées et permises d'élargir une fenêtre qui donne 
de l'Évêché sur ta grande église, pour qu'elles puis- 
sent mieux entendre le service divin et les prédica- 
tions », le Chapitre accorde l'autorisation deman- 
dée, pourvu qu'elles bouchent cette fenêtre " si le 
seigneur Évêque ou le Chapitre le juge bon ». 

Dans la voûte du transept Nord, nous remar- 
quons : 

Les armes de Tuonelom, échiqueté d'or et de gueu- 
les de BÎx titres avec la devise Marteze (peut-être). 

Les armes des Richard, d'azur au rencontre de 



(1) B 



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70 LA CATHÉDRALE 

cerf surmonté d'une étoile à huit rai» d'argent et ac- 
costé de deux roses de même, avec la devise Dominuê 
in circuitu. 

Les armes des Chavigné, d'hermines à deuxfasces 
de gueules accompagnées en chef de trois tourteaux 
dé même, avec la devise Fac bonttm, déclina a mwlo. 

Un écusson portant (rots têtes d'aigles arrachées 
de sable. 



S- Portail et Nef. 



Nous remarquons daas le porche les armes de 
Mgr de Kersauzon, évêque de Léon de 1273 à 1327, 
de gueules au fermait d'argent. On lui attribue, dit 
M. de Courcy, ia tour Nord Ouest avec sa flèche 
garnie à sa naissance d'une rampe de trèfle. M. de 
Courcy nous apprend encore que les voûtes de la 
nef et celle des collatéraux furent construites sous 
l'épiscopat de Guillaume de Rochefort (1349-1385). 
On y a recueilli en 1843, dans un vase de terre posé 
k la naissance des nervures et reposant sur les cha- 
piteaux d'un groupe de colonnettes, une quaran- 
taine de pièces de la première moitié du xiv« siècle. 

Le bénitier en kersanton à main droite en entrant 
dans l'église, porte les armes de Mgr Cupif, d'argent 
à trois trèfles de sinople. 

A la voûte, sous les orçues, sont les armes de 
Mgr Laval de Boisdauphin, évêque de Léon (1651- 



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DB SAIKT-POL DE LÉON 71 

i663) : d'or à la croix de vair cantonnée de seize 
aurions d'azur falias : d'or à la croix de guettes 
chargée de cinq coquille» d^argent). 

A l'entrée du bas-côté Sud s'ouvre, sur la façade 
de la Cathédrale, la petite porté dite des Lépreux, 
réservée pour l'accès des ladres à l'église. 

En la nef de la Cathédrale, se trouvait la tombe 
Hanche ou cénotaphe de Mgr Robert Cupif, évéque 
de Léon {1636-1646) et mort évéque de Dol. 

« En 1601 (1), la grosse tour de la Cathédrale, de la 
hauteur de 21 pieds, fut abattue par la foudre, ce 
qui causa la brisure de toutes les vitres. » 

Au plus haut lieu du portique, principale entrée 
de l'église, il y a deux écussons en bosse, l'un des 
quels, du côté droit, porte les armes de Rohan, 
l'autre du côté gauche, celles de la maison de 
Léon. 

Les fenêtres supérieures de la nef au-dessus du 
triforium appartenaient au Chapitre, sauf les deux 
premières ît partir du transept, dont la première 
était à M. de Treseguer Mahé de Kerlavan, et la 
seconde à M. Le Tromelin le Grand (2). Cependant, 
en 1707, nous trouvons " qu'en la plus haute vitre 
côté méridional de la nef, au-dessus de l'autel et 
chapelle de Saint Paul, sont les armes de Kers- 
cau-i) (3). 

Quoi qu'il en soit, il résulterait de cette mention 

(1) B. 0. 473, f 156. 



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72 LA CATHËDRALB 

que l'autel de Saint-Pol se trouvait entre les piliers 
du bas côté Sud faisant face à la chaire. 

En 1562, fut fondée une chapeltenie en l'honneur 
de saint Paul, évoque, par Guyavarh Le Garo, rec- 
teur de Ploeryn, poifrêtre desservie sur cet autel (1). 

On y desservait en outre, en 1752, la chapellenie 
de Sainte Ursule ou des onze mille vierges (2), 
celle de Saint-Goulven, dont était titulaire, en 1752, 
René-Louis de Talhouet de Séverac, chanoine de 
Quiniper (3), et la chapellenie de la Conception de 
Notre-Dame, qui existait dès 1477 (4). 

Un aveu de 1667 (S) nous apprend que Jérôme ^e 
Lanrivinen, sieur de Ruspen, possédait à la Cathé- 
drale (I deux tombes armoyées de ses armes et icel- 
les engravées dans le pilier devant la chaire du 
prédicateur ». 



9° Collatéral Sud. 



Après le porche donnant sur la place, câté du 
Midi, nous trouvons dans le bas-cAté, la chapelle 
dite de Saint-Martin, éclairée de trois fenêtres 
appartenant encore en 1719 au marquis de Ker- 
sauzon. . 

(1) G. 332-124. 

(2) G. 333. 
(8) C. 124. 
(4) Ibid. 
(&) 6. 54. 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 73 

La construction de cette chapelle est attribuée à 
l'évêque Guillaume de Kersauzon (12921327). 

On y voyait, au siècle dernier, un autel dont il ne 
reste plus trace, et sur lequel se desservaient plu- 
sieurs chapellenies. 

Lachapellenie de Saint-Jean l'Évangéliste, exis- 
tant dès 1513, et qui, desservie au xvn« siècle sur 
l'autel de Saint-Jean l'Évangéliste, paroisse de Tré- 
gondern, se desservait sur l'autel de Saint-Martin, 
en 1752 (1). 

La chapellenie de Saint Martin, dont était présen- 
tateur eu 1745 le sieur de Kersauzon Kerloaguen, et 
titulaire François Barbier de Lcscoet, clerc (2). 

La chapellenie de Saint-Julien, dont Maître Guil- 
laume Riou était titulaire en 1482 (3} et qui, avant 
le xvm» siècle, était desservie sur l'autel de la 
paroisse de Saint-Jean Trégondern. Dès le xvi" 
siècle, existait une conirérie de Saint-Julien, de 
laquelle dépendait cette chapellenie (4). 

Dans une des fenêtres de cette chapelle, se voient 
quelques lambeaux de vieux vilraux qui provien- 
draient de la grande fenêtre transept Nord, 

Dans la partie de la chapelle voisine du porche 
se trouvent les fonts baptismaux, d'une facture 
moderne. 

Dans le porche, sur le tympan des portes gémi- 



(l) G. 1S4. 

13) G. 165-131 et archives ( 
(3) Archives de l'Evâché. 
(1] G. 335-121. 



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74 LA CATHADRAI.S 

nées, se lit la devise de l'évèque Validire, Quem 
ttmebo time Deum [i). 

Au-dessus des mêmes portes on remarque deux 
écussons, l'un à gauche porte une fasce accompa- 
gnée de trois grelots. Ce sont les armes de Guillaume 
Ferron, évêque de Léon, de 1440 à 1472 ; à dl^ite, 
l'écusson, qui semble de facture moderne, porte les 
armes attribuées par Albert Le Grand et par M. de 
Courcy au même évêque ; il est cependant certain 
que Mgr Guillaume Ferron a toujours fait usage 
d'un sceau à une fasce accompagnée de trois grelots. 
(Voir aux Archives départementales les nombreuses 
pièces scellées du sceau de ce prélat.) 

Plusieurs tombes se voyaient dans le bas-côté 
méridional, d'après l'état de 1726. 

Joignant le pilier qui est derrière l'autel Saint- 
Pol, était le banc de M. Dourdufl le Jacobin, et 
sous ce banc étaienl les tombesde Françoise le Jaco 
bin, dame des Iles, de Guillaume le Jacobin, seigneur 
de Keraraprat, de Guillaume le Jacobin, chantre et 
chanoine de Léon, de Hamon le Jacobin, seigneur 
de Keramprat, et de Charlotte le Jacobin, dame de 
Pratmeur, 

« Sous la seconde arcade joignante l'autel de 
Saint-Paul, » tombe armoriée de Jean Le Veyer et 
de Françoise Le Dali, son épouse. 

Devant l'autel de Saint-Martin, tombe de François 
de Kersauzon et d'Isabelle du Chatel, seigneur et 

(1) Couroy, Uinc'raire. 



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DE 8AIMT-P0L DE LÉON 76 

dame de Les Plougoulm, et près le balustre du 
même autel, tombe de Louise de Kersauzon, dame 
de Villeneuve. 

" Entre les autels de la Trinité et de Saint-Martin 
se voyaient les tombes d'Hervé de Lannuzouarn, 
chantre et chanoine, et de Hervé de Kerguiziau, 
chanoine. Jeanne de Trouérin, dame douairière de 
Kerenec, avait sa tombe sous le banc qui est devant 
l'autel de la Trinité. » Cet autel de la Trinité d^ait 
donc se trouver non loin de -celui de Saint Martin, 
probablement près des fonts baptismaux. 

Enfin, Anne le Jeune était enterrée sous le banc 
joignant le pilier « entre les autels de Saint-Jérdme 
et de Saint-Martin ». 

Au milieu de la nef se voyaient, eii 1726, les 
tombée blanchesou cénotaphesdu cardinal de Riche- 
lieu et d'Antoine de Longueil, évéquede Léon ; ce 
dernier avait été enterré «en sa chapelle, chez les 
RR- PP. Cordeliers à Paris ». 

Dans des contreforts et un arc -boutant à l'Est 
du transept Sud, et dans quelques chapiteaux qui 
surmontent des colonnes du xvi" siècle dans la pre- 
mière chapelle du pourtour faisant suite à ce tran 
sept, se voient de curieux chapiteaux que M. de 
Courcy attribue à l'ancienne construction romane, 
et qu'il décrit ainsi : 

« Sur l'un des chapiteaux, on voit une tête de 
profil coiffée d'un ca.sque, tout au près un poing 
gauche fermé, les ongles tournés du côté du specta- 
teur, puis deux petites fîgures nues et ailées qui 



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76 LA OATHÉDBALB 

semblent se poursuivre, une troisième ligure, !e 
bras droit levé, le gauche appuyé sur la poitrine, 
marche eo seos contraire, puis deux têtes de trois 
quarts qui paraissent coupées, la seconde est bar- 
bue, et elles sont séparées par une main droite 
ouverte. » 

On remarque dans le bas-côté Sud de la nef, un 
sarcophage en pierre, dont voici, d'après M. de 
CoUrcy, la description (1} : 

« Contre le portail .méridional de la Cathédrale 
de Saint-Pol, on voit une grande auge en granit qui 
sert de bénitier. Sa forme en trapèze ne permet pas 
de douter que ce ne soit un ancien tombeau des 
premiers siècles. 

<( Les deux faces principales présentent une mou- 
lure de cinq arcades en plein cintre, supportées par 
des pilastres courts et écrasés. Entre chaque arcade, 
un linteau ou plate-bande vient retomber à la nais- 
sance du cintre sur les cbapitaux crénelés du pi- 
lastre. 

« Ce linteau est orné d'une moulure romane com- 
posée de chevrons, de damiers et de lozaiiges ou 
rhombes. Au dessus de chaque pilastre, quelques 
feuilles rappellent le chêne, d'autres la fougère ; 
enfin, à l'extrémité d'une des parois latérales, on 
voit un arbre dépouillé de ses feuilles, emblème de 
la mort. 

« Sur le petit côté où était placée la tête du cada- 

(1) Bulletin de l'Association brelonne, 1S49, page 39. 



N 



l 



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DE aAIHT-POL DE LÉON 77 

vre, est sculptée une croix qu'on nomme, en termes 
de blason, recercelée ou ancrée, et du côté où étaient 
les pieds, se trouve un arbrisseau que quelques 
antiquaires ont pris pour un cep de vigne. L'on sait 
d'ailleurs que la vigne était, chez les premiers chré- 
tiens, regardée comme l'image du Christ et de 
l'Église. 

<( On a pensé que ce sarcophage étaiticelui de 
Conan Mériadec, mort au commencement du v» siè- 
cle ; mais d'une part l'existence de ce roi n'est point 
admise par Dom Lobineau, et dans tous les cas, ce 
tombeau lui serait beaucoup postérieur, car il ofire 
tous les caractères du xi« siècle. 

« Du temps du Père Toussaint de Saint-Luc, qui 
écrivait en 1664, le tombeau de Conan se voyait dans 
le transept septentrional, où il avait été replacé, 
dit-il, depuis la reconstruction de la Cathédrale, 
après les ravages des Normands. Le même auteur 
ajoute qu'on y lisait une inscription fort vieille en 
lettres capitales presqu'eflacées, portant : HIC JACET 
CONANUS BRITONUM REX. Toussaint de Saint- 
Luc ne décrit pas autrement le sarcophage, qui doit 
avoir eu un couvercle ; Cambry ajoute qu'on lisait 
l'inscription qui précède « sur une plaque de cuivre 
élevée de deux ou trois pieds dans la Cathédrale », 
et qu'elle fut enlevée par les chanoines parce qu'elle 
gênait la marche de leurs processions. Il fallait 
alors que cette inscription fût sur le couvercle du 
tombeau et que celui ci fût dès lors dégagé et com- 
plètement visible. 11 a même dû l'être dès le prin- 



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7S LA OATHtoBALS 

cipe, car on ne comprendrait pas pourquoi on au- 
rait pris la peine de sculpter ses parois pour l'en- 
fouir sous terre. 

« D'après ce qui précède, nous voyons que ce 
tombeau aura été élevé au xi« siècle, à la mémoire 
d'un célèbre chef ou Conan {ce nom étant généri- 
que et pouvant s'appliquer indifféremment à tous 
les chefs*armorîcains) ; mais nous croyons aussi 
que l'inscription sur cuivre devait être elle-même 
postérieure au (ombeau et dater au plus tôt de 
l'époque où les ouvrages de Geofiroi de Montmouth 
se seront popularisés en Bretagne ( xu» siècle ) ». 

M. de Courcy joint à sa description le dessin du 
tombeau sur ses quatre faces, ayant fait écarter le 
monument de la muraille pour constater l'absence 
de toute inscription. M. de Courcy ignorait sans 
doute l'existence d'un évêque de Saint-Pol au 
XI' siècle, nommé Conan, car il n'aurait pas man- 
qué de voir dans ce sarcophage le tombeau de cet 
évéque, plutAt que celui d'un chef breton, et alors 
l'inscription vieille et presque effacée en lettres capi- 
tales qu'y a vue le Père de Saint-Luc, aurait dû, 
peut être, se lire : HIG-JACET CONANUS, LEONEN 
EPISGOPUS. 



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DE 8A1KT-P0L DE LftON 



9° Transept méridional. 



La grande rosace du pignon dite Rose de Saint- 
Laurent appartenait à MM. du Chapitre |1), 

La vitre qui est dans la paroi Ouest appartenait à 
M. le comte de Lescoet Barbier (d'argent à deux 
faaceg de sable), dont on voit les armes à la voûte ; 
cette fenêtre est dite, en 1719, être » au-dessus de la 
petite sacristie des Trépassés i>. 11 y avait donc, 
adossé à ce mur, un édifice servant de sacristie à 
laquelle on accédait par une petite porte qui se voit 
encore à l'angle du pignon. Son nom de Sacristie 
des Trépassés lui venait sans doute de son voisinage 
du cimetière qui entourait la Cathédrale de ce côté. 
A main droite en entrant dans .le transept et en 
regardant la rosace, on voit deux autels, l'un adossé 
au mur de séparation de la chapelle de Saint Martin, 
l'autre dans un enfeu. 

Le premier serait l'autel Saint- Jérôme , et le 
second celui de Sainte-Aude et Saint-Tanguy. 

Le 4 Novembre 1630 (2), « noble homme Tanguy 
du Tertre, sieur de Pratlédan, fondait pour le 19 No- 
vembre un ofTice canonial de Monsieur S' Tanguy, 
confesseur et abbé, son patron, avec matines, grand'- 
messe, vêpres et premières vêpres, grandes cloches, 



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80 LA OATHiOBALE 

musique et orgues, et k l'issue de la procession qui 
se fera après les secondes vêpres, les chanoines et 
dignités, les vicaires et autres clercs chanteront 
De profundis sur la tombe où est inhumé son irère 
Claude du Tertre, sieur de la Villeneuve, au-devant 
de l'autel de Monsieur S^ Laurent, et donne pour 
ce 240 livres tournois », 

L'autel de Saint-Laurent était donc non loin de 
l'autel adossé à la paroi Est du transept. 

Françoise de Lannozuou, dame de Kerboyer, était 
enterrée devant cet autel, côté"de l'Évangile. 

Quant à l'autel de Saiut-Jérôme, sa situation est 
déterminée par la transaction (1) passée en 16S0, 
entre le Chapitre et Claude le Jeune, sieur de Ker 
vezec, sieur de Lamhervez, dont le père décédé avait 
deux lombes « estantes au droit de l'arcade d'entre 
les piliers dfe l'autel du Crucifix devant le Trésor et 
celui de l'autel de M^ S' Laurent et joignant vers le 
Couchant au grand banc qui est au-devant de la 
chapelle et autel de M^ S' Hierosme ». 

En 1494 (2), Deryen Kernisan, chanoine, fondait 
des prières ii réciter sur sa tombe en la chapelle de 
Saint-Laurent avec recommandation pour l'âme de 
l'évèque Guillaume Féron (1439-1472). 

Au-dessous de la rosace, entre deux enfeus, est la 
petite porte dite de Saint Laurent qui donnait accès 
au cimetière ; à droite de cette porte, se lit l'inscrip- 
tion suivante : Cy-git le corps de Marguerite de Bre- 



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DE BAINT-POL DB LÉON SI 

han, dame de Lavengat, morte le 18 Août 1713. Priez 
Dieu pour le repos de son âme. 

Sur la paroi Est de ce transept sont sculptées les 
armes de l'Évêque Guy le Clerc (1514-1521), d'argent 
à la croix de gueules engreslée de sable cantonnée de 
quatre aiglettes de même. 

L'enfeu qui est à gauche porte au milieu, dans un 
écusson, les armes des Kersauzon : de gtteules au 
fermoir d'argent et de chaque côté les mêmes armes 
eu alliance avec celles des du Louet à cause du ma- 
riage de Jeanne de Kersauzon, dame de Kerhiquet, 
avec Alain du Louet, en.l541. 

Louis de Kersauzon et di'« Catherine de Kergorlay, 
son épouse, mariés en 1629, y avaient également 
leur tombe, — » le dit Louis fils de Tanguy et de 
Claudine le Ny ». 

Dans l'enfeu, sur la dalle de pierre sont figurées 
les armes des Kersauzon, rattachées par une chaîne 
à un écu en losange portant un verre, armes des 
du Louet. 

M. de Gourcy nous dit qiie «c'est vers 1431 que les 
transepts furent modifiés et que l'on construisit la 
magnifique rosace du croisillon Sud, ainsi que la 
fenêtre de l'excommunication au-dessus de la rosace 
à l'extérieur ». 

Sur l'enfeu qui fait face à l'autel, sont les armes 
de Guillaume de Trédern, chanoine de Léon, qui, le 
5 Octobre 1510 (1), fonda la chapellenie de Saint- 



(1)6 



D,£,,t,7P-hy Google 

r 



8S LA. CATHÉDIULB 

Hierosme sur l'autel de ce nom. Les TréderD por- 
taieat échiqueté d'or et de gueules au franc canton 
faècé d'argent et de gueulet de six pièce». 

Hervé Le Jeune, sieur de Lambervez, était enterré 
sous le banc (i qui joint le pilier de Saint-Jérome et 
Saint-Martin». 



Il" Chapelle de Saint-Joaeph 

ou PAROISSE DE SAINT- JEANTRÉGONDEHN 



La chapelle de Saint-Josepb se trouvait au xyii» siè- 
cle entre la chapelle de Saint-André ou de Carman 
et le transept ; on y transporta, vers 1680, le service 
de la paroisse de Saint-Jean Trégondern, qui se 
faisait jusqu'à cette époque sur l'autel de Saint- 
Claude, voisin du pilier de l'entrée du chœur, côté 
de l'Épître. 

Voici comment s'exprime l'enquête de 1698 à ce 
sujet : « Rendus à l'autel et chapelle de Saint-Joseph 
où le sieur Soutré (vicaire) a déclaré avoir trans- 
féré ie service de la paroisse de Trégondern autre- 
fois desservie à l'autel Saint-Claude, il avoue que 
l'autel est fermé d'un balustre et que vis-à-vis l'au- 
tel de Jésus, qui est plus bas que le dit balustre, il y 
a deux confessionnaux, l'un pour te sieur Soutré, 
l'autre pour son sous-vicaire ; que Mgr l'Évéque ni 
MM. du Chapitre ne lui ont fait aucun trouble de la 
translation du service paroissial depuis dix-huit 



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DE 6ÀINT-P0L DE L&ON 83 

ans, et il offre de retourner k l'autel Saint-Claude, 
lorsque le Chapitre ôtera son banc ». Le Chapitre, 
en' effet, avait fait transporter un banc à Saint- 
Claude pour y entendre les sermons. 

Cette chapelle de Saint-Joseph appartenait, quant 
aux prééminences, « au sieur du Runiou Oriot, de 
Morlaix, à cause de sa terre de Kergoet Mesle (!}, 
depuis le traité passé le 9 Décembre 1658 entre 
MM, du Chapitre et écuyer Jean Oriot, sieur du Ru- 
niou, acquéreur de la terre et seigneurie de Kergoat 
(en Guiclan} n; il était autorisé à conserver « les 
armes du Kergoet étant en bosse en la tombe enle- 
vée en la dite chapelle, et à mettre ses armes dans 
les deux vitres y étant, pourvu qu'il les entretienne 
en bonnes réparations », Ces vitres sont dites situées 
(( proche les autiers du Nom de Jésus et de Saint- 
Joseph » j2). 

C'est donc dans cette chapelle de Saint-Joseph 
que se trouvait l'autel du Saint Nom de Jésus ; l'acte 
suivant peut encore servir à en déterminer l'empla- 
cement : 

« Le H Décembre 1599 (3), Julien Keranguen, 
chanoine, recteur de Plouégar, et François Keran- 
guen, sieur de Kerdevez Mesgouez, remboursent la 
rente due « pour octroi d'une tombe à fleur de terre 
où noble et vénérable Hervé Keranguen, vivant cha- 
noine et recteur de Guimilliau, est inhumé, et d'une 



CD G. 130. 
(S) G. 119. 
(3) ibui. 



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84 LA CATHÉDHÀLE 

autre tombe joignant celle-là entre les deux piliers 
du cûté de l'autier du Nom de Jésus ». 

Une chapellenie du Saint-Nom de Jésus (ut fon- 
dée sur l'autel de ce nom, en 1546, par François 
de Parcevaux, chanoine. 

On remarque aux voûtes de cette chapelle (qui a 
dû être remaniée à diverses époques, car la position 
des piliers et la conformation des voûtes est fort 
irrégulière), les armes de la famille La Foret Ville- 
neuve ; d'azur à six quintefeuîîles d'or 3, 2, 1, et celles 
des Kerliviri : écartelé aux 1 et 4, d'or au lion d'azur, 
brisé en l'épaule d'une tour portée sur une roue d'ar- 
gent ; aux 2 et 3, d'azur à la fasce d'hermines accom- 
pagnée de trois feuilles de laurier. 

Aux parois Sud est appendu un tableau sur bois 
de petites dimensions qui semble d'une bonne fac- 
ture de l'école allemande ; malheureusement, on 
s'est scandalisé fort mal à propos de la nudité de 
l'Enfant Jésus, et une main des plus inhabiles a 
essayé de le recouvrir d'une chemise, et n'a réussi 
qu'à produire un empâtement du plus déplorable 
effet. Le tableau représente l'Adoration des rois 
mages. 

HamoD de Kersaingilly, seigneur de Kersalliou, 
avait sa tombe sous le banc qui joint les balustres 
de Saint-Joseph, côté de l'Évangile. 

François de Parcevaux, archidiacre d'Ack, cha- 
noine de Léon, était enterré k dans une tombe de 
pierre verte joignante les balustres de l'autel du 
S' Nom de Jésus » (État de 1726). 



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DE â&lNT-FOL DB LÉON 85 

L'enfeu qui est à gauche de cette chapelle porte 
une plaque avec inscription ancienne, mais repro 
duite comme il suit par les soins de M. de Blois : 

QUISQUIS ADES, SIC MORTE CADES ; 

STA, RESPICE, PLOBA ; SUM QUOD ERIS, MODICUM 

CINERIS, PRO ME PRECOR, ORA, 

VERMIBITS HIC DONOR , SIC TRANSIT GLORIA MUNDI, 

ET VËLUT HIC PONOR, PONITUR OMNIS HOMO, 

C'est l'inscription tumulaire de Jean Le ScafC, 
Sénéchal de Léon en 1500, et d'Anne du Bois de 
Kerlosquet, sa compagne. On y a placé les armes de 
Le Scafl en plein : de gueulen à la croix d'or fretlée 
d'azur, et les armes des du Bois en alliance avec les 
premières. Ces armes des du Bois semblent les mêmes 
que celles des Richard ; d'azur au rencontre de cerf 
surmonté d'une étoile A huit rais d'argent et accosté 
de deux roses de même. Ces dernières armes se voient 
également è la voûle, à l'entrée du transept, avec la 
devise : Dominus in cîrcuitu. 

L'enfeu des Le Scaff et Kergoet est surmonté de 
trois panneaux d'une ancienne verrière ; dans les 
deux premiers sont représentés le sieur de Kergoet 
assisté de saint Joseph, et la dame du Kergoet, à 
genoux, assistée de la Sainte Vierge. Le troisième 
représente des damnés dans les flammes. 



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LA CATRËDBALB 



12' Chapelle de Saint-André le Barbu. 

Cette chapelle fut construite sous l'épiscopat de 
Guy le Barbu (1385-1410), par les soins de ce prélat, 
qui <( y fit bâtir son tombeau en la Cathédrale, en la 
chapelle de Saint-André, où il fut enseveli l'an 1410. 
Il donna à son église ^ marcs d'argent, sa mitre et 
sa crosse et 200 escus d'or n (Albert Le Grand }, 

Par acte du H Novembre 1404, Guy le f arbu 
fonda en cette chapelle une chapellenie en l'honneur 
de Saint- André, dont le premier titulaire fut 
(( Joannes Regius » (1) ; la collation lui en fut faite 
(( per traditionetn breviarii quod pro tune suis in ma- 
nibus tenebat >. 

Cette chapelle élait connue, aux xvi« et xvn" siècle, 
sous le nom de Kermavan ou Carman, à raison 
d'une fondation qu'y fit le 7 Janvier 1511 ( 1512 N. S. ) 
Mgr de Kermavan, évêque de Léon (2). L'acte por- 
tait qu'il voulait être inhumé dans la chapelle du 
bienheureux André, apôtre, où il entendait cons- 
truire son tombeau avec l'autorisation des seigneurs 
temporels qui pourraient y avoir des droits, et le 
consentement du Chapitre ; il promettait, du reste, 
de pourvoir à l'entretien de la chapelle et des 
vitraux (3). 

a) G 134. 

&) ma. 

(3J 6. 134. • In Domine Domiai. Amen. In loco Capitulari coram 
Hagislris Guiltelmo Fougay, Philippe TuoDetoro, Herveo de Lam- 



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DB 8A1NT-P0L DE LÉON 87 

En 1621, intervenait une transaction « entre le 
Chapitre et dame Susanne de Guemadeuc, dame 
douairière de Mesarnou, Keraudy, la Palue (Parce- 
vaux), par laquelle pour 64 livres tournois elle 
pourra placer deux escabeaux sur deux tombes 
appartenant aux Mesarnou, près la chapelle de 
Saint- André ))(!). 

Dans cette chapelle se desservait probablement la 
chapellenie de Sainte-Marguerite, vierge et martyre, 
fondée le 13 Mars 1392 par Guy le Barbu (2). 

On y desservait, au xviii« siècle, la chapellenie de 
Sainte-Barbe, desservie au xvii" sur l'autel Saint- 
Laurent (3). 

Au XVII* siècle, Gabriel Gouzîllon, chanoine, fonda 
en cette chapelle la chapellenie dite de Saint-André 
de Gouzillon. Les Barbier Lescoet en étaient présen- 
tateurs (4). 

Les prééminences appartenaient encore au siècle 
dernier au marquis de Garman (o). 

pezre Tanguido du Fou, Alano Corcfln (?) ClirUloplioro KerourHI, 
et Herveu de KennerieD. Canonicis, Nobilis ut providus vir ma- 
Kister niaudelus de Kercoent, pwcurator RR. in Ghristo PatrJs 
doDiini Johania de Kermavan Leonen. Epjscopi, siKaiflcsTil Capi- 
tulBDtibus quod dum dictus in Chrîsto Pater ab bac mortali vita 
decedere conliagat, inteadebal corpus suum iahumari ta capella 
B. Andréas apastoli ia qua ius cessuin habuil a DonoullU doininis 
temporalibuB etiam io eaaem, jus tiattere diciwlibus, volem de 
proiiœo. in decorem et ulililateia dicte ecclesie suam tumbam Îd 
eadem ediflcare et a nova coaslruere ac etiam dictam capellam in 
vitris, renestris, parietibus et aliis reparare et ediScare prout sibi 
piacuerit, noiebat tamen bcere absque conseosu capiluti. > 

(I) G. 119. 

(!) Vide. G. 333. 

(S) G. 124. 

w im. 

(ft) 6. UO. 



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88 LA. CATHËDIUI.B 

Cette chapelle, aujourd'hui divisée en deux, avait 
été élevée par Guy le Barbu, mort en 1410 ; elle lut 
modifiée au xvi« siècle par l'abaissement de sa voûte, 
l'aveuglement de sa grande fenéire, sur laquelle est 
appliqué un contrefort, et l'ouverture, de chaque 
côté de ce contrefort, d'une fenêtre flamboyante. 

Voici les tombes que l'on remarquait dans cette 
chapelle au commencement du xvni» siècle : 

Alain le Borgne, vicaire de Saint Jean ; 

Guillaume Fougay, chanoine de Léon, près le 
mausolée de Révérend Père en Dieu Guy le Barbu, 
mais hors la chapelle Saint-André ; 

Marguerite le Barbu, dame de Pratguiziou, inhu- 
mée près la tombe de Mgr Guy le Barbu ; 

Mathurin Pichart, vicaire de Saint-Pierre ; 

Guy le Borgne, seigneur de Traonfeunteun ; 

Claude du Tertre, sieur de la Villeneuve. 



1 3° Chapelle de Kermeup ou de Poulpiquet. 

Cette chapelle s'appelait, semblet-il, de Kerliviry, 
dans l'enquête de 1698, où il est dit que la chapelle 
de Kerliviry est au dessous de la chapelle Saint- 
Pierre. On y voit l'image de ta Trinité peinte à la 
voûte. (I Cette peinture, du xvi« siècle, est environ- 
née d'un cartouche sur lequel on lit en caractères 
gothiques : Ma Douez n (1). 

d] Courcy, lUnëraire, 1866. 



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DE 8AINT-P0L DK LÉON 89 

On lit aujourd'hui « Arabat ma Doue d (1). 

On voit dans cette chapelle l'écusson des Le Bor- 
gne, d'azur ù la bande d'argent accompagnée de trois 
maclea de même. 

On a placé dans cette chapelle deux tableaux 
représentant l'un la mort du pécheur, l'autre saint 
Pol et le dragon 

C'est aujourd'hui l'autel de Sainte-Anne; nous ne 
savons si ce vocable est récent pour cette chapelle, 
toujours est-il qu'une chapellenie sous le vocable de 
Sainte-Anne fut fondée le 12 Juin 1433 par Missire 
Guillaume Chevrier (2}. 



-14'' Chapelle de Saint-Plerre. 



C'est sur l'autel de cette chapelle, dédiée aujour- 
d'hui à saint Pol de I-éon, que se desservait la 
paroisse de Saint Pierre. Lors de l'enquête de 1698, 
<i on fait remarquer au sieur Bozec, vicaire d'icelle 
paroisse, qu'il n'y a ni tabernacle ni balustre ; celui- 
ci répond qu'autrefois il y avait un long banc devant 
l'autel, qui servait à donner la communion pascale, 
et qu'il y a eu un tabernacle sur le dit autel, ce qui 
se remarque par la largeur de l'autel et la grande 

(!) Od pourrait peut-âtre prendre le mot ârabat comme le Dom 
propre d une ftmille dont la devise serait Ma Dove. Il y a aux 
environs de Sainl-Pol 
appartenait autrefoU a 

fs) G. ÏU. 



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90 LA CATHËDBALB 

distance d'entre la muraille et les gradins, et que 
du long banc ils ont fait un autre banc, pour asseoir 
les enfaots de chœur pendant le sermon, joignant 
le balustre de la chapelle de Saint-Claude. Le sieur 
Raflas (enquêteur) a répondu qu'il n'y a pas une 
seule marque au dit autel qu'il y ait eu un taber- 
nacle, mais convient d'avoir vu un banc plus bas 
que le marchepied de l'autel, et demeure d'accord 
que dans la chapelle de Querliviry située au-dessous 
de la dite chapelle de Saint-Pierre, il y a un confes- 
sionnal dont se sert le sieur Bozec ". 

L'autel actuel est moderne et adossé à une fenêtre 
bouchée, mais dont les meneaux sont apparents à 
l'extérieur de l'édifice. Cette chapelle avait donc 
deux vitres qui appartenaient en 1719 à M. le Mar- 
quis de Coetanscour à cause de la terre de Kerchoent. 

Un bénitier se voit incrusté dans le pilier qui 
sépare cette chapelle de la suivante en descendant 
le bas côté. On lit sur le bénitier, en caractères 
gothiques : T. Anrestou. T. le Rest ou le Restou, 
c'est le nom du donateur, qui devait avoir une tombe 
non loin. 

Vis-à-vis de l'autel, au ras de terre, est la tombe 
de François le Veyer, sieur de Feunteunsper, de 
Kerimel et de Kerchoent, chanoine, mort en 1570, 

Du côté de l'Épltre était une autre tombe appar- 
tenant à Guillaume Tréguier, archidiacre d'Ack, 
chanoine théologal, qui, le 27 Septembre 1637, fon- 
dait une messe du Saint Sacrement au chœur, pen- 
. dant laquelle deux cierges devaient brûler sur sa 



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DE 8ÀIKT-POL DE LtOV 91 

tombe « sise au-devant de l'autel de M' S* Pierre, du 
Mé de l'Épttre, sur laquelle le célébrant viendra 
en chape chanter le Deprofundi» » (!}. 

11 y a deux enfeus dans cette chapelle avec deux 
écussons : l'un portant un léopard. Vautre parti au 
premier d'un léopard, au second de deux losangea, 
armes d'Henri de Névet, marié en 1452 à Isabeau 
de Kerchoent ; Névet : d'or au léopard momé de 
gueulee, Kerchoent : losange d'argent et de gable. 

Plusieurs tombes avoisinaient l'autel de Saint- 
Pierre : 

Anne Lunven, veuve de Jean Pichart, près l'autel 
de Saint-Pierre, côté de l'Évangile ; 

Éléonore le Gac, dame de Kerdrein, du même côté ; 

François le Veyer, chanoine et recteur de Plouar- 
zel, devant l'autel, fils de Guillaume le Veyer, sieur 
du Carpont et de Kerimel, et de Marie Derrien ; on 
voit sur sa tombe ses armes : d'argent A deux ha- 
ches d'armes de gueules adoisées en pal ; 

François Tréguier, chanoine, devant l'autel ; 

Hamon Barbier, archidiacre d'Ack et chanoine 
de Léon, dans son mausolée, côté de l'ÉpItre de l'au 
tel Saint- Pierre ; 

Guillaume Tréguier, chanoine théologal, devant 
l'autel, du côté de l'Épitre ; 

Goulven Tréguier, prêtre choriste, devant lautel 
de Saint-Pierre , côté de l'Évangile, joignant le 
pilier de la Visitation ; 

(1) G. ne. 



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92 LA OATHÉDBALE 

Vincent Le GalHou, prêtre choriste, inhumé dans 
une tombe marquée d'un calice, entre le banc de 
M. Kermen Poulpiquet et les balustres de l'autel de 
la Visitation ; 

Hervé Le Garo, chanoine, devant l'autel de Saint- 
Pierre, entre l'autel de Notre-Dame de Folgoet et le 
balustre de Saint-Joseph ; 

Henri de Névet, marié eu 1452 à Isabeau de Ker- 
choent, devant l'autel de Saint-Pierre. 



15° Chapelle de Saint-Mathieu. 



Il n'y a plus d'autel dans cette chapelle, mais on 
voit qu'il devait s'en trouver un autrefois sous la 
fenêtre formant le pignon Est du bas côté Sud. La 
porte voisine qui descend par quelques marches 
dans le petit cloître s'appelle encore la porte Saint- 
Mathieu. 

Une chapelle de Saint -Mathieu devait exister 
dans la Cathédrale de Léon depuis le ix" siècle, 
lors de la translation des reliques de saint Mathieu 
en Bretagne. Voici ce qu'en dit M. de la Borderie 
au mot Salomon , dans la Biographie Bretonne : 
« Paulin ou Paulinus, évêque de Léon au x» siècle, 
écrivit une histoire de la translation du corps de 
saint Mathieu en Bretagne, translation qui se fit au 
ixe siècle, sous le règne de Salomon, c'est-à-dire de 



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DE BAINT-POL DE LÉON d3 

837 à 875, comme l'atteste la Chronique de Breta- 
gne, où nous lisons (1) : n Anna 857, Serispoius Mex 
c Britannorum occiditur à Salomone. Hujua tempore 
• Salomonis deîatum est ab jEthiopia corpus Snncti 
« Matthœi Apostoliin minorem Britanniam >. D'autre 
part, dans unewie de saint Gouesnou, écrite en 1019, 
par Guillaume, prêtre de Saint Paul, et éditée par 
dom Plaine en 1884 (2), nous lisons : « Civitas Occis- 
morum corpore Beatî Matthœi fuit longo tempore ador- 
nata quod nunc 8alemis habetur. Ante tamen septen- 
nium (vers 1012) partieuïa corporis B. Matthœi et 
partîcuïœ reliquiarum B. Pavli tuo Labore, venera- 
Mlia Eudo (Évêque de Léon, 1095-1022) in noetram 
patriam sunt delatœ ». La Cathédrale de Léon posséda 
donc les reliques du saint Apôtre et dut avoir dans 
l'église primitive une chapelle sous son vocable; il 
est donc naturel que nous retrouvions une chapelle 
de Saint-Mathieu lors de la reconstruction du chœur 
au xv« siècle. El les Archives (3) possèdent la fon- 
dation d'une chapellenie laite en l'honneur de saint 
Mathieu dès le xiv« siècle, en 1343. Le texte de cette 
fondation, dont la copie nous a été conservée, com- 
mence ainsi : 

(I Ego Guillelmus Even&a Canonieus, îicmtiam 
obtinui ab Episcopo et Capitula ad fundendum in 
eccîesia Leonenai, cujus aum a baptismo alumniia, 
per muîta bénéficia usque ad canonicatum promotu». 



(I) Horice, I. Preuve», 3. 
m Bévue de Bretagne et Vendée, ISS4. 
3) G. 123-332. 



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94 LA CATHÉDBALB 

quamdam capeîlaniam in honorem B. Mathœi Evan- 
gélUte cuju» memoria celebrU, reliquia veneranda et 
caput gloriosum diœcesim et nationem nostram illus- 
trant, n 

Voici les noms de quelques anciens titulaires de 
cette chapellenie : 

1496, Alain Poulmic ; 

15^ 1529, Pierre Kerçouez ; 

1548, Jean Kerahes ; 

1556, François du Chastel, prêtre, sieur de 

Pratanledan ; 

1563-1576, Jean Kerguz ; 

1587-1591, Yves Colin ; 

1389, Yves Poulmic ; 

1594, Guillaume Lesguen. 

Les deux vitres de la chapelle appartenaient en 
1719 à M. le Comte de Lescoat, b cause de sa terre 
de Kerangouez. 

On voit au-dessus de l'enfeu un écusson portant 
trois chevrons, armes des Parcevaux : d'argent à trois 
chevrons d'azur. 

Dans cette chapelle se trouvait la tombe de Claude 
de Kergorlay, chanoine, seigneur de Kerangouez, 
devant l'autel de Saint Mathieu, et celle de Gilles 
le Gentilhomme, prêtre et maître de la musique, 
joignant la balustrade du même autel. Voici quelles 
furent les dispositions testamentaires de ce der- 
nier (1) : 

(I) G. lia. 



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DE 8ÀIMT-P0L DE LÉON 95 

« In Ttomine Domini. Âmen. 
H Testament et codicille de dernière volonté que 
fait... vénérable et discret Missire Gilles le Gentil- 
homme, prêtre, maître de psalette en la Cathédrale 
de Léon, gisant au lit malade en la maison de la dite 
psalette en cette ville de S'Paul, paroisse de S' Jean, 
sain toutefois d'esprit et d'entendement, déclarant 
vouer et consacrer son âme entre les mains de son 
Créateur lequel il suplye d'user en son endroit de 
sa miséricorde et bonté infinie et laquelle il recom- 
mande à tous les Saints et Saintes de paradis et sur- 
tout à son ange gardien et à s' Gilles son parrain et 
à s' Paul patron de ce dioceze ce jour vingt -quatrième 
de Novembre Tan 1680 avant midy, aux poias et 
conditions qui ensuivent. 

(( Désire sous le boa plaisir de MM. du Chapitre 
estre enterré en la tombe du chapelain de la cha- 
pelle de s' Mathieu apôtre au devant de son autel. 

« Ordonne qu'il soit fait un octave simple à lac- 
coustumée pour le repos de son âme. 

H Souhaite qu'à la plus grande diligence que faire 
se pourra il soit dit à l'intention du dit testateur le 
nombre de 400 messes à basse voix et prie M"" Cren, 
chanoine pénitencier de les faire dire où il le pourra 
le plus promptement, et de payer la somme de 200 
livres pour la rétribution des dites 400 messes. 

(( Désire sous le bon plaisir de MM. du Chapitre 
Caire une fondation d'une rente annuelle de 45 livres 
pour faire sonner tous les jours à l'élévation du 
S' Sacrement en la grande messe du chœur 15 coups 



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96 LA OATHËDRALB 

de cloches diflerante de celle de Satdue, par exprès 
de la cloche nommée le RoUaTid afin d'adverlir tout 
le monde de rendre leur adoration à Notre-Selgneur, 
sur laquelle somme de 45 livres on payera au son- 
neur 15 livres par an et tournera le reste au profit 
de la dite iabrique. 

« Plus donne et lègue à chacune des églises de 
N, D, de Creisquer, du couvent des Pères Minimes 
de cette ville, du couvent des Pères Capucins de 
Roscofi et HApital général du dit St Paul la somme 
de 15 livres une fois payée. 

(I Nomme exécuteur testamentaire, M. Nicolas 
Filmon, chanoine, m 



16° Le Chœup. 



Le maître-autel était sous le vocable de la Sainte- 
Vierge, car la Cathédrale de SaintPol, comme celle 
d»Saint'Corentin,était dédiée à Notre-Dame. A Saint- 
Pol, la dédicace de l'église se célébrait le dimanche 
qui suivait le ^ Juillet, jour de la Visitation. 

Le maître -autel en marbre fut posé en 1745 et 
exécuté sur les plans de Henry Viilars, architecte ; 
et en 1700, nous trouvons cette mention « que le 
Saint- Sacrement est suspendu dans un ciboire au- 
dessus du grand autel du chœur et couvert d'uo 
grand dai qui couvre tout l'autel. 



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DE 84INT-POL DE LÉON 97 

« Au pied des marches du maitre-autel, une dalle 
de marbre Doir indique le lieu de la sépulture de 
saint Pol. On y lit : Sepulchrum sancH Pauli civita- 
tU Leonensia » (1). Cette dalle et rinscription sont 
de récente lacture. 

Sur le bord de la contre-table du grand autel, au 
chœur, se voyait, en 1647, une belle image de la 
Vierge et celle de l'ange qui la salue (2). 

En 1601, nous trouvons cette mention (3) : « On a 
fait peindre le grand autel avec les trois images qui 
sont au-dessus, et le tableau au Levant d'iceluy avec 
l'image de S' Paul. » 

Derrière le mattre-autel, est un petit autel avec 
retable en pierre'décoré d'une arcature trilobée; au 
côté de l'Évangile est une custode pour les saintes 
huiles, aux armes des Keraeret (4), et du côté de 
l'Épître, une crédence encastrée dans le pilier. Les 
arcades du rond-point sont ornées d'une balustrade 
de pierre découpée à jour avec un couronnement 
flamboyant qui se prolongeait tout autour du 
chœur (5), 

Cet autel était également dédié à la Sainte- Vierge, 
au rapport du Père Cyrille (6}. 

Sur ie devant de cet autel sont sculptées, en ker- 
santon, les armes des Barbier, soutenues par deux 

(1) H. de Courcy, lUnértOre. 
(3) Cvrille le PeooeR, Albert Le Graad, p. 197. 
(3) R. G. 473, (■ 156. 

(1) Bweté d'urgent et de gueulei à une guivre (alias à devx 
guivre» a&ronléei), d'azur en pal entrelacées daiu les bureltei. 
(5) De Courcy. 
(fi) Albert Le Grand, t97. 



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98 LA CATHÉDRALE 

anges, et oroées d'une crosse et d'une mitre. Ces 
armes appartenaient à Hamon Barbier, abbé de 
Saint-Mathieu Fin-de-Terre (1533-1552). 

Du côté de l'Épttre se voyait le trône de l'Évêque. 
Le ^ Août 1616, les chanoines (1) font faire « une 
chaise élevée, côté de l'Épltre, au grand chœur, 
pour le Seigneur Évoque, avec un tabernacle, sui- 
vant l'usage des églises épiscopales du royaume ». 



AUTELS AOTOUR DU CHCECR 

1° Côté de l'Évangile, dans l'enfeu voisin de la 
petite entrée du chœur, autel de Saint -Marc, car 
nous trouvons cette mention en 1706 (2) : (( Prise de 
possession de la chapellenie de Saint -Marc, par 
Nicolas le Maigre, clerc tonsuré de Tréguier, demeu- 
rant à Morlaix, desservie sur son autel (de Saint- 
Marc), joignant la porte de l'entrée du chœur du 
côté de l'Évangile. Cette chapellenie avait été fon- 
dée en 1639 par Goulven Habasque, prêtre, Cet autel 
de Saint-Marc est donc distinct de l'autel du même 
vocable qui existait dans le transept Nord. 

2" Dans l'enfeu qui suit est un autre autel dont 
nous n'avons pu déterminer le vocable. 

En 1676 (3), « les dévotes Sœurs du Tiers-Ordre de 
saint François d'Assise demahdent à mettre l'image 

(1) R. G. 398. 

|3J Papiers de l'^véchâ. 

(8] R. 6. 397. 



hy Google 



DS SAINT-POL D£ LÉON 99 

de saint François sur l'autel de saint Antoine de 
Padoue, au bas du chœur, côté de l'Évangile ». 

Cet autel devait être voisin de l'enf eu des seigneurs 
du Dresnay, héritiers des Pontcallec. Ils y possé- 
daient, en eflet, une n tombe enlevée estante en la 
plus basse arcade du chœur en la dite église, côté 
Nord, armoyée en chef au milieu et aux deux côtés, 
en plain d'un écusson de pierre portant les dites 
trois fasees et ckefron brisé, avec piscine ou bénitier 
jouxte l'écusson estant à l'Occident de la dite arcade, 
quel dernier écusson est ini;parti en alliance aux 
echiquetés » (1}. 



DEVANT LE CHŒUR 

Le chœur était séparé de la nef par un jubé tort 
massif dont la démolition remonte à une trentaine 
d'années à peine, car dans son Itinéraire de 1864, 
M. de Courcy signale à l'entrée du chœur « deux 
ambons ou jubés fort laids » ; ce jubé était orné, en 
1601, des statues des douze Apôtres (2). Devant et 
sous ce jubé s'élevaient plusieurs autels. 

1° î>u côté de l'Évangile : l'autel paroissial du 
Crucifix des Champs, dit aussi Crucifix devant le 
Chœur, ou autel Commune! ou du commun (1662). 
Voicicommentil est décrit dans l'enquêtede 1698 {3): 

(1) 6. 54. 



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100 LA. CATHÉDRALE 

« Cet autel, qui est à la porte du chœur, du côté 
de l'Évangile, a 3 pieds 7 pouces de long et 2 pieds 
de largeur depuis les gradins ; il n'a pas de taber- 
nacle, mais une niche de bois doré et étoflée (peinte). 
L'autel est cerné d'un balustre éloigné du devant de 
l'autel de S pieds et demi et d'un côté, de 15 pouces. 
Du côté de l'Évangile il y a une crédence en dedans 
du balustre, éloignée de 3 pieds de ce côté de i'autel. 
C'est là qu'on béuit le pain tous les dimanches, 
qu'on y dit ta messe basse pendant Laudes pour 
tous les paroissiens du Minihy, c'est là où l'Ëvêque 
ou le premier dignitaire, à son défaut, bénit les 
cendres. 

i( La niche est couverte d'un dôme doré, et au- 
dessus du retable, portant les armes de Mgr Cupif, 
et fait en 1641, est la figure en relief d'un soleil 
porte-sacre soutenu par deux anges. 

(( Du dit autel au bas de la nef il y a 126 pieds de 
long, et du dit autel à celui de Toussaint il y a 
f 12 pieds. Dans la croisade (transept) il y a 129 pieds 
de large, et dans le bas de la nef 48 pieds de lai^e. » 

En 1732, nous trouvons mention de (i l'autel de 
Notre-Dame de Pitié dit Commune! ». 

A cette époque, se desservaient sur cet autel plu- 
sieurs chapellenies qui avaient autrefois leur autel 
particulier. C'est ainsi que la chapellenie de Saint- 
Jacques, consistant en deux messes par semaine, 
fondée au xv» siècle pour le diacre d'office, était 
desservie au xvn^ siècle sur l'autel Saint -Jacques, 
et en 1752, sur l'aulel Communel. Cette chapellenie 



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DE 8AINT-P0L DE LAON 101 

était possédée en 1467 par Jean de Coatalem (1). 

On y desservait également la ctapeUenie de Saint- 
Michel et Sainte-Marguerite, fondée en 1425 (2), et 
qui avait au xvn^ siècle son autel i< près la porte de 
Leur-Afeur n (3}, porte qui devait être, je pense, voi- 
sine de la chapelle de Saint-André ou de Carraan, 
où se desservait une chapellenie de Sainte-Margue- 
rite, comme nous l'avons dit plus haut. 

Il en étai^ de même des chapellenies de Saint- 
Coulm et de Saint-Barthélémy, desservies en 1752 
sur l'autel Communel, et cependant saint Coulm 
avait eu son autel dans le transept Nord. 

Au xvn" siècle, saint Barnabe avait aussi son 
autel, mais en 1752 sa chapellenie, dite aussi de 
Luguern, était desservie sur l'autel de « Notre-Dame 
de Pitié dit Communel » (4). 

Le 14 Avril 1351 {o), « nobles gens Messire Jan 
de Kercuvelen et François Penchoadic » faisaient 
fondation sur l'autel du Crucifix devant le Chœur. 

On y voyait la tombe enlevée de François Pen- 
choadic, chanoine de Léon, joignante le chœur du 
côté de l'Évangile, plus bas que l'autel de Notre- 
Dame de Bon-Voyage. 

Celle de R. P. en Dieu Christophe de Chavîgné, 
évéque de Léon, devant l'autel Communel, côté de 
l'Évangile. 

(l) G. 112. 
(S) G. 338. 
(3) G. 134. 
W Ibtd. 

(S) jm. 



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102 LA OATHËDBALE 

La tombe de Louis Colin, vicaire du Crucifix des 
Champs, était devant l'autel Communel. 

Aux voûtes du chœur, au-dessus du sanctuaire, on 
remarque ies armes : de l'évêque Guillaume Féron 
(1439-1472), une fasce accompagnée de trois grelot», 
des Barbier, d'argent à deux fasces de sable, des 
Rohan, de gueules à neuf macles d'or, et de Mgr Vali- 
dire (14271433), d'argent au chef de gueules chargé 
de trois quintefeuilles d'argent. 

Les belles stalles du chœur, si- bien décrites par 
M. le chanoine Abgrall dans son Livre d'or, ont été 
faites au commencement du xvi« siècle, et pour cette 
raison, à la première stalle du côté de l'Épltre on a 
placé les armes de Mgr de Carman ou de Kermor- 
van (1504-1514), et sur la première stalle du côté 
de l'Évangile, les armes de Mgr Guy le Clerc (1514- 



SAINT- CLAUDE 

A 4 pieds 3 pouces de l'autel du Crucifix des 
Champs, de l'autre côté de la porte du chœur, se 
voyait l'autel Saint Claude, ainsi décrit dans l'en- 
quête de 1698 : (( Au-devant du dit autel il y a un 
tableau qui représente l'administration des sacre- 
ments (c'est peut-être le tableau qui se voit aujour- 
d'hui dans la chapelle de Kermeur, où est l'image 
de la Trinité), et il y a dans le balustre deux bancs 
de long et un de travers qui servent à MM. du Cha- 
pitre pour entendre le sermon, et en dehors il y a 



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DE SAINT-POL DS LÉON 103 

un long banc pliant pour les enfants de chœur, 
lequel on a fait du banc qui était devant l'autel de 
la paroisse de Saint Pierre. » C'était sur cet autel 
que se desservait, avant 1680, la paroisse de Saint- 
Jean-Trégondern, transférée depuis cette époque à 
l'autel Saint-Joseph. 

Devant l'aulel Saint-Claude était la tombe d'Yves 
le Hir, vicaire de Trégondern, et la tombe blanche 
d'Yves Perennez, chanoine de Léon, recteur de 
Commana. 

CRUCIFIX DE LA VILLE 

Ou Crucifix devant fe Trésor, car il est dit qu'au 
siècle dernier, des sept autels ou paroisses du 
Minihy, cinq étaient autour du chœur et deux 
devant l'entrée du chœur: or, comme nous avons 
déjà déterminé la place des cinq autels autour du 
chœur, que nous en avons aussi signalé un à l'en- 
trée du chœur, il nous reste à conclure que le sep- 
tième autel, celui de la paroisse du Crucifix de la 
Ville ou devant leTrésor, était situé près l'autel Saint- 
Claude et adossé au pilier du côté de l'ÉpItre, à l'en- 
trée du chœur. 

« C'est un petit autel de (1) 5 pieds 1/2 de long 
sur 22 pouces de large depuis les gradins, qu'il n'y 
a ni tabernacle ni balustre, que au coin de la croi- 
sée du Midy il y a un confessionnal et qu'au-dessus 

(1) Enquête da 1696. 



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101 LA OATHËDBALB 

de l'autel il y a un crucifix' en relief et au-dessous 
UD grand tableau qui représente une descente de 
croix, n 

Nous trouvons la mention (1) d'une « chapellenie 
de Saint-Yves, fondée le 23 Septembre 1693 par 
M. Hervé le Jacobin, sieur du Dourdu, sur l'autel 
Saint Yves, au plus proche pilier ou colonne du 
jubé de l'église, à l'aile droite ». 

Suit l'extrait d'un aveu de 1726 rendu k M. de la 
Bourdonnaye, évêque de Léon, par Messire Jan- 
Claude Derval, sieur du Dourdu : 

« En la Cathédrale, proche le premier pilier de la 
première arcade du côté de l'Épîlre, sous et devant 
le ciiœur, vis-à vis de l'autel" des Saints Simon et 
Jude, deux pierres tombales, caractérées d'une 
fasce surmontée d'une main portant un épervier 
(qui est Kergoual), joignant du Midi les tombes des 
sieurs de Keramprat, de Nord celle du seigneur de 
Kermoruz, et autre tombe au bout suzain des dites 
deux tombes, et au bas du marchepied du dit autel 
Saints Simon et Jude caractère d'un écusson avec 
calice, comme aussi deux autres tombes de pierre à 
raze terre, l'une devant et au dessus des balustres 
devant la chapelle de la commune, armoyée d'un 
lion (qui est Dourduft), l'autre vis à-vis la porte du 
dit chœur, armoyée de même. 

« Plus la chapelle de Saint-Yves, étant sous la 
seconde arcade du Midy, entre la chapelle de la 

ai G. 134. 



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DE SAmT-POL DE LËON 105 

Sainte-Croix et l'arcade du cliœur, appartenant au 
seigneur, avouant, fondée par Messire Hamon le 
Jacobin, seigneur du Dourdu. » 

Tombes voisines de l'autel du Crucifix de la Ville, 
en 1719 : 

Hervé de Launay, chanoine, devant l'autel ; 

Yves Souryman, prêtre sacristain, devant l'autel ; 

Marie Bléas, devant l'autel, à la longueur d'une 
tombe des balustres ; 

Constance Prigent , veuve d'Alain, Souryman , 
devant l'autel ; 

Guillaume Calvez, archidiacre de Quemenedilly, 
chanoine, inhumé derrière les autels du Crucifix de 
la Ville et de Saint-Yves ; 

Marguerite Brehant, dame de Lavengat, femme 
d'Yves Poulpry, sieur de Lavengat et de Kerouzéré, 
morte en Août 1713, inhumée devant l'autel Saint- 
Yves. 

AUTOUR DU CHœUR 

Dans les enfcus adossés aux stalles du chœur, du 
côté de l'ÉpItre, se trouvaient l'autel de Notre-Dame 
du Polgoat, puis, tout près de la sorlie du chœur, 
même côté, l'autel de Notre-Dame de Pitié ou Notre- 
Dame du Crucifix ; on voit encore sur le retable de 
l'autel, un bas-relief représentant la Sainte Vierge 
tenant sur les genoux le corps inanimé de son fils. 

En 1664 (1), nous voyons signalée la tombe des 

(1) G. 112. 



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106 LA oathAdbalb 

Creachqueraultcsous l'arcade où pendait l'imagede 
8»» Brigitte, entre l'autel de N.-D. du Folgoet, du 
côté du chœur, el celui de S' Joseph ». 

En 1719, Christophe de Creachqueraull, sieur de 
Kerangon, avait son banc joignant le pilier qui est 
devant l'autel de Notre-Dame du Folgoët. Cet autel 
était donc en dehors et contre le chœur, du côté de 
l'Épilre. 

C'est sur cet autel que se desservait, en 1631 (1), 
la chapellenie de Notre-Dame de l'Assomption ou 
de Kergroadez, fondée l'an 1421 par Guillaume de 
Kergroadez, chanoine de la Cathédrale (2}. 



VITRES DtJ CHCEUR 

En 1719, « la fenêtre au-dessus du mattre-autel, 
appartenant à la terre de Kergoniiouarn ou du Chas- 
tel, était possédée à cette époque par Madame de la 
Marre AUain » (3). 

Du côté de l'Évangile, 

la première vitre appartenait en 1719 à M. Kerman 
Poulpiquet ; 

La seconde après, à M. le comte du Han ; elle 
dépendait de la terre de Keraeret; 

La troisième était en 1719 !^ M. Treséguer Muhé ; 

(1) G. 121. 

(2) Ibid. 

(3) G. 120. 



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DE SAINT'POL DE LAON 107 

en 1663 (1), elle £ul donnée par le Chapitre à M. de 
Kerscau, sieur du Rosnévez, veuf de Jane de Boiséon, 
en retour (le la fondation qu'il fit de l'office de saint 
Claude, 6 Juin, avec premières vêpres, grand'messe 
par les chanoines, musique, orgues et grande son- 
nerie ; cette vitre était au-dessus de la stalle de l'ar- 
chidiacre de Quemenedilly ; 

La quatrième appartenait eQ 1663 à M. du Louel, 
sieur de Coetjunval, et en 1719 à M. du Harlay, con- 
seiller d'État, fi cause de sa terre de Quercado ; 

La cinquième appartenait également à M. du Har- 
lay, 

Du côté de VÉpître, 

la première après la vitre du fond appartenait aux 
Kersauson en 1719, et portait les armes de l'évèque 
de cette famille mort en 1327 ; 

La seconde, aussi à M. le marquis de Kersauzon ; 

La troisième à M. du Dresnay, en 1719 ; mais en 
1535, elle était donnée à Guillaume Hamon, sieur 
de Penanru, qui avait au-dessous deux tombes lui 
appartenant (2) ; 

La quatrième appartenait en 1719 au Chapitre, 
mais avant 1535, à Yves le Tarieuc, chanoine archi- 
diacre de Léon ; il est probable que la stalle de l'ar- 
chidiacre de Léon se trouvait souscette vitre, faisant 
face au siège de l'archidiacre de Quemenedilly ; 

La cinquième à M. du Harlay, en 1719, 



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108 LA oathAdbalk 

Autour du sanctuaire se voient plusieurs tom- 
beaux des anciens Évoques de Léon ; du côté de 
l'Évangile, c'est d'abord le tombeau de Mgr de Rieux, 
portant cette inscription : 

HIC. JA.CET. ILLVSTRISS : ET. R.R.MSS. 

D. D. RENATVS. DE. RIEVX. SOVRDEAC. 

EPISCOPVS. LEONENSIS. ANNO. 1613. 
OBIIT. OCTAVO. DIE. MEMSIS. MARTII. 1651. 

La représentation de l'Évèque se voit sur le tom- 
beau, et à côté de lui est assis, tenant un livre sur 
les genoux, un religieux du Relecq, en habit de 
cistercien, qui nous rappelle que Mgr de Rieux était 
abbé de cette communauté, où il mourut, et qu'il 
avait pour gouverner le diocèse, comme grand- 
vicaire, le prieur de l'abbaye, nommé Bienassis, ce 
qui fut l'occasion de quelques contestations de la 
part du clergé. 

Le tombeau de Mgr de Rieux ne devait pas se 
trouver primitivement dans la place qu'il occupe 
actuellement, car nous trouvons cette mention au 
déal du Chapitre, sous la date du 17 Avril 1651 (1) ; 

« Le corps de Mgr de Rieux sera transféré du 

Reiecq à la Catbédrale de Léon, le 6 Mai, et enterré 

■ en l'arcade du côté de l'ÉpUre au chœur, à condition 

que la tombe sera élevée de même que celle élevée 

de l'autre côté. » Et dans l'état de 1719 il est dit que 

(1) G. 29. 



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DE SAINT-POL DE LÉON 109 

sa tombe, oCt est déposé sod cœur, est placée « sous 
la ferrade du chœur qui est derrière le banc du 
célébrant h. 

En remontast le sanctuaire, nous trouvons Je tom- 
beau de Mgr de la Marche, avec cette inscription : 

HIC. JACET. 

JOANNES. FRANCISCUS. DE. LA. MARCHE. 

EPISCOPUS. ET. COMES. LEONENSIS. 

STIRPE. ANTIQUA. ET. PROGENIE. CLARA. NOBILIS. 

VIRTUTE. PIETATE. ET. LAB0RIBU3. LONGE. NOBILIOR. 

SENATUI. ET. PROVINCl^G. GALLOBRITONUM. CARUS. 

QUIBUS. DEMQUE. EVEBSI3. MILITI*. CLERO. CBTERISQUE. 

GALLORUM. IN. ANGLIA. EXULANTIUM. 

SUBSIDIA.SIBI.A.REGE. ET. SENATU. BRITANNICO. COMMISSA. 

SOLUCITUDINE. ET. CHARITATË. 

AMIGUS. PATEB. ET. PASTOH. MINISTRAVIT. 

OFFICIORUM. QU.£. RELIGIO. QVM. ECCLESIA. GALLICANA. 

QVJB. JURA. REGNL 

QVM. PIRES. ET. AMOR.ERGA. RËGIAM. BORBONIAM. GENTEM. 

IMPOSUISSENT. 

PROPUGNATOR. STRENtîllS. ET. RECTE. TENAX. 

NON. OPPROBRIIS. NEC. ILLECEBRIS. PRAVA. JCBBNTIUU. 

MO VENDUS. 

SPLENDIDAM. PAL'PERTATEM. ADSCIVIT. SIBL 

CARAM. HABUIT. ET. HONESTAVIT. 

HIS. TANTISQUE. LABORIBCS. INDEFESSUS. 

MISERICORDIA. DIVINA. CONFIDENS. ET. MELIORA. SPIRANS. 

OBIIT. DIE. XXV. NOVEMBRIS. ANNO. MDCCGVI. 

.ETATIS. LXXVn. 



P:h»G00gle 



110 LA CATRÏDBALK 

Les restes de Mgr de la Marche, mort à Londret 
en 1806, furent transférés à Saint-Pol de Léon e 
inhumés sous ce monument en 1868. 

Du e6té de l'ÉpItre, en continuant le tour du sanc 
tuaire, estletomheau en marbre deMgrdeVisdelou 
qui porte cette inscription : 

FRANCISCVS. VISDELOV. 

LEONEN. EPVS. ET. COMES. ANNAE. AVSTRIACAE. GAL. 

HECINAE C0:«aONAT0B. ET. EPS. MADVRAB, 

DEIN. Efl. CORISOP. COADJVTOR. 

DEMVM. LEONEN. EPS. ET. COHES. 

OBHT. XVUI. MART. AN. MDCLXXl. 

IT. 4NN. 1711 



Puis vient le tombeau de Mgr de Neufville, don 
l'inscription est évidemment moderne : 

CY. GIST. M. ROLLAND. DE. NEVFVILLE. 
PVISNÉ. DV. PLESSIS. BARDOVL. 

EVESQVË. DE. LEOS. LAN. 1562. 

DECEDE. LE. CINQLE. FEVRIER. LAN. 1613. 

AGE. DE. 83. ANS. 

Ea IGiiO (1), Jan Tanouarn, seigneur Duplessia 
Bardout et de Kerdanouarn, abbé commendatairc 
de Tabbaye de Montforl, résidant plus ordioairemem 
au manoir du Plessis Bardoul, paroisse de Téchastel, 
diocèse de Rennes, fonde pour lui, ses parents et soi 

(1) 6. 119. 



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DE 8ÂINT-P0L DB LÉON 111 

oncle Rolland de Neufvllle, chaque jour et fête de 
saint Rolland, évéque de Cambrai, le 13 Octobre, un 
double solennel, mémoire après vêpres et De pro- 
fundis chanté près la tombe de Mgr de Neufville 
H estant dans le chœur, côté de l'Épître n. 

Joignant la tombe de Mgr de Neulville, se trou- 
vait dans le chœur, du côté de l'Épître, celle de 
Pierre le Neboux de la Brosse, évêque de Léon 
(1671-1701). 

En dehors du chœur, côté de l'Épître, sous le banc 
qui joignait la tombe de Mgr de Neufville, était la 
tombe de Hervé Hamon, seigneur de Penanru. 

Puis enfin le tombeau de Mgr de Kersauzon, dont 
l'inscription semble aussi avoir été modernisée : 

me. JACET. IN. PACE. 

GV1LLELMV.S. DE. KERSAVSON. 

EPS. LEON. QVL CAPELLAE. 8ANCTI. MAHTINL 
IN. HAC. ECCLESIA. CATBLI. FVNDAMENTA. LOCAVIT. 

OMIT. A. mf. M.CCCXXVll. 

Nous apprenons, à l'occasion d'une procédure du 
Chapitre contre les héritiers de Mgr de la Bourdon- 
naye, en 1745 (1), «que le cœur seul de cet Évêque 
fut déposé au chœur de la Cathédrale, la saison 
n'ayant pas permis la translation du corps ». On 
sait que ce prélat était mort à Brest, le 22 Février 
1745. Ce ne sont donc pas les chaleur^, mais le mau- 

(1) G. 154. 



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112 LA CATHÉDBALE 

vais temps, la neige ou le veillas qui empêchèrent 
cette translation. 

Le chef de Mgr Le Neboux de la Brosse est encore 
conservé dans un petit reliquaire en bois doré, posé 
au-dessus des stalles à l'extérieur du chœur, côté de 
l'Évangile, avec cette inscription : Le chef de Mgr 
Pierre Nebout de la Brotie, 62^ Évêque de Léon, 
tiégea 20 ane, mort en Septembre 170Ï, requiescat in 
pace. 

Ce prélat avait autrefois sa tombe dans le cbceur, 
auprès de celle de Mgr de Neufville, 



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DE SAIMT-POL DE LÉON 113 



LA PSALLETTE DE LÉON 



La psallette de la Cathédrale de Saint-Pol fut fon- 
dée par Guillaume Féron, évêque de Léon (1439- 
1472), le 9 Juillet 1455, peu d'années après la fonda- 
tion de la psallette de la Catliédrale de Quimper, 
qui existait avant 4433. 

Voici la traduction de l'acte de fondation, qui 
nous montre que plusieurs chanoines s'associèrent 
à l'Évéque pour cet utile établissement. 

« Guillaume, par la miséricorde divine et la grâce 
du Saint-Siège, évêque de Léon, pour qu'on s'en 
souvienne à tout jamais (ad perpetuam m memo- 

(1) (1 La charge pastorale qui nous a été imposée 
par Dieu, malgré notre insuflisance, nous presse de 
doter l'église de Léon, notre épouse, d'un chant 
plus harmonieux pour contribuer plus dignement 
au service divin et procurer le salut des âmes. 

(1) G. T;. t Pasloralis cura soUiciludinu, nobU ticet immerilis 
divialtus ÎDJuDCta dos compellit spoasam nostram ecclesiam 
LeoDeDsem, cantu cuKuque diviao et laudibus mellifluis decorare 
ac salutem procurare annnarum > 



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114 LA OATHfipBALB 

« C'est pourquoi, réunis au lieu des délibérations 
capitulaires, où étaient présents vénérables et cir- 
conspects missires Jean Norman, archidiacre d'Acre, 
Geoffroy ou Alfred (Aufredus) de Alta villa (de Ker- 
vella). Gui Kercoent, Pierre Drouet, Jacob le Jar, 
chanoines de Léon, Yves Rioc (fiioct-Riou), doyen 
du Folgoet et recteur de Plouescat, Yves Guidomar, 
recteur de Ploumoguer, et Hervé Pape, chanoine et 
promoteur du diocèse, nous avons délibéré des 
moyens à employer pour le bien et la sauvegarde de 
l'honneur de notre église par l'entretien et l'aug- 
mentation du service divin. 

« Après mûre délibération, nous avons été d'avis 
que le meilleur moyen pour obtenir cet eflet était la 
création d'une psallette, et nous avons arrêté d'un 
commun accord la fondation d'une psallette com- 
posée d'un maître de chant, d'un maître de gram- 
maire et de six entants, le tout pour la gloire de 
Dieu, l'honneur de la Vierge Marie et du bienheu- 
reux Paul, patron de cette église. » 

Pour la dotation et entretien des maîtres et des 
enfants de la psallette, l'Evêque donne une rente de 
10 livres de la monnaie usuelle de Bretagne, à chaîne 
pour la psallette de chanter tous les mercredis une 
messe à note en l'honneur de la Sainte- Vierge, pour 
les besoins spirituels du fondateur. 

L'archidiacre Kervella et les chanoines Drouet et 
Jar donnaient 25 sols de rente, à charge d'une messe 
chantée tous les mardis. 

Qui Kercoent donnait à la psallette une maison et 



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DB SAINT-POL DB LÉON 115 

un jardin près de sa propre demeure, et de plus 
8 livres de rente sur la maison habitée par Yvea 
Casteliur, à charge d'une messe chantée de requiem, 
chaque jour. 

Yves Guidomar donnait pour le même objet une 
maisoQ située dans les faubourgs, dans la rue des 
deux ossuaires (in sulmrbiis in vico duomm oatario- 
rum) conduisant à Saint -Pierre, à charge d'une 
messe à note, tous les samedis, sur l'autel de Saint- 
Sébastien, à la Cathédrale. 

Enfm, Yves Riou donnait une terre de la valeur 
d'une garçée de froment (unius gargati frumenti), à 
charge de chanter Ja messe, le jour de la S' Grégoire, 
dans l'église des Carmes. 

Cet acte de fondation fut passé à Léon, le 5 Juil- 
let 14S5. 

Plusieurs autres libéralités furent faites à cet éta- 
blissement de la psallette, parmi lesquelles nous 
citerons le legs fait par Alain de Penmarch, décédé 
en 1474, (( pour l'augmentation de la fondation de 
la psallette » (1). 

Ces libéralités permirent sans doute la création 
d'un nouveau poste à la direction de la psallette, 
car au xvi« siècle, nous voyons figurer parmi le per- 
sonnel dirigeant, outre le maître de grammaire et 
le gouverneur procureur ou administrateur de la 
psallette, un troisième personnage, c'est le maître 
de la musique, dont la (onction était primitivement 

(1) G. m. 



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116 LA CÂTHÉDBALE 

remplie par l'admiaistrateur. C'est ainsi qu'en 1541, 
Dous trouvons Jean Kerhaes, administrateur, Jean 
Dourseau reçu cette même année comme maître de 
grammaire, et Micliel Guyon, maître de la musique, 
qui reçoit trois écus d'or pour ses compositions mu- 
sicales (1). 

Il n'y avait, paralt-il, que les six enfants de la 
psallette astreints à suivre les leçons de musique ; 
mais les jeunes clercs admis au service du chœur 
y étaient également obligés, comme nous l'apprend 
la décision suivante du Chapitre (â) en 1540. 

<( Maître Christophe CuefI est admis à la distribu- 
tion du chœur, à condition qu'il se mettra en mesure 
d'être admis aux ordres sacrés, qu'il se procurera 
un bréviaire pour réciter tous les jours les heures 
canoniques, et qu'il habitera à la psallette pour 
apprendre la musique. 11 est en outre enjoint à tous 
les autres bacheliers d'avoir un bréviaire et d'assis- 
ter aux leçons de la psallette. » 

Le 29 Mars 154'2, Nicolas Cbalemeau était reçu en 
qualité de « maître des écoles de musique de la 
psallette », et remplacé en Juillet 1344 par François 
le Bis. 

En 1545, François de Bosco (du bois), adminis- 
trateur de la psallette, était nommé chanoine. 

Le 15 Octobre de la même année, nous voyons le 
Chapitre exercer son droit de contrôle sur la psal- 
lette et prier le maître de grammaire de lui présen- 



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DE 8A1HT-P0L DE I,ËON 117 

ter les enfants afin de pouvoir juger de leur Instruc- 
tion |1)» 

Au mois de Juillet 1546, les chanoines s'aperçoi- 
vent qu'au chœur les enfants oe savent pas par 
cœur les versets à chanter avant les antiennes et 
qu'ils doivent courir d'ici de là pour s'enquérir de 
ce qu'ils doivent dire, et le maître de grammaire 
est encore prié d'ohvier à cet inconvénient (2). 

Le 30 Octobre 1582, nous lisons au déal du Cha- 
pitre : « le maître de psallette sera intimé pour dire 
ses raisons pourquoi il ne veut pourvoir de maître 
en grammaire et pourquoi il ne veut laive fourrer 
la robe du petit Cambon. » 

Le 3 Novembre, il est constaté que Pierre Petit, 
maître et administrateur de la psallette, un nouveau 
venu vraisemblablement, ne se refusait pas à four- 
nir comme il le doit la penna, probablement le 
duvet nécessaire « pour fourrer et doubler les 
robes n des enfants, mais il ne sait pas comment le 
faire. 

Au commencement de cette année 1582, la musi- 
que laissait à désirer à Saiut-Paul, par faute d'ar- 
tistes et de voix convenables, car nous voyons le 
Chapitre faire des sacrifices assez considérables 
pour gager des musiciens de Quimper ; « Le 12 Jan- 



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118 LA OA.THËDBALB 

vier 1582, M. le Vicaire a remontré qu'il avait écrit 
aux musiciens de Quimper et qu'ils sont venus, et 
qu'on avise comme les empoincter [comment les 
appointer) et on voit qu'ils parlent gros ; mais on 
advisera quel offre leur pourra être fait et on les 
ouira parler. 

<( Le dit musicien de Quimper et la basse-contre 
se sont présentés, le musicien demande huit vingt 
livres (160 livres) et ses pratiques, et la basse-contre 
200 livres et le gain du chœur. 

M Le Cbapitre accorde huit vingt livres au musi- 
cien, ti Bouche en cœur et à Le Roux douze vingt 
livres (240 livres), à la haute-contre huit vingt livres, 
et serpnt payés de mois en mois » (1). 

Quelquelois, les musiciens venaient s'oflrir d'eux- 
mêmes (2) : (i Le 6 Janvier 1617, Tristan Pourigart, 
se disant musicien, natif de la ville de Mézière-sur- 
Meuse, en la province de Champagne, diocèse de 
Reims, demande à être reçu chantre à Saint-Paul;)> 
il a été sous-mattre de la psallette à Saint-Brieuc, et 
présente des références. 

En 1623, « le Chapitre autorise Pierre Martin, 
maître de la psallette, à s'absenter pour six semai- 
nes. M. Michel Durant fera la leçon eu la psallette 
en son absence, et au chœur ». M. le théologal est 
député pour battre la mesure ; à son défaut, ce sera 
M. le vicaire de Toussaint. 

Le ^ Mars 1625, le Chapitre députe deux chanoi- 



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DB BAINT-POL DE LÉOtT 119 

nés, M. de Poulpiquet et M. Floch, pour faire l'in- 
realaire de la musique que feu Missire Couvart a 
baillé pour servir en cette église ; Michel Durant la 
fera copier par les enfants n (1), 

Le compte de 1630 porte en dépenses 4 livres 
payées k en cinq livres de musique auxquels il y a 
diverses messes et huit tons de Magnificat n. C'était, 
en effet, des messes en musique et non en plain- 
chant que l'on chantait d'habitude, comme le cons- 
tate la délibéralion du Chapitre du ^ Mai 1631 (2) : 

« Sur la remontrance que les suppôts et choristes 
s'exemptent pour la plupart du temps du divin ser- 
vice sans la permission des sieurs capitulants, en 
sorte que les services qui se doivent chanter en 
musique se chantent en plain-chani, » les chanoines 
leur font défense de tomber en pareille faute, sous 
peine de privation de distribution pendant huit 
jours. 

Et la musique ne consistait pas seulement dans 
un concert de voix, mais aussi dans l'accompagne- 
ment de divers instruments de musique, notamment 
d'instruments à cordes, car nous lisons au compte 
de 1730 (3) : 

H Payé au sieur Roy, joueur de basse, pour cordes 
et réparations de la basse, 3 livres ; 

« Au sieur Lucan, pour les pardons de l'église et 
l'école de violt, 52 livres. » 



(1) G. Î98. 
la) R. G. 473 
(3) G. 131. 



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120 LA OATHÉDBALB 

On y mentionne également un achat de cordes de 
Some, achetées à Paris, pour le sieur des Tombes, 
maître de musique. 

La musique de la Cathédrale était quelquefois 
demandée à l'occasion de quelque service solennel 
dans les environs. Le 1™ Février 1582, M' de Ker- 
morvan la demandait pour aller à Lochrist, au ser- 
vice de sa sœur. 

Les jours de grande fête ou de grande fatigue, le 
trésorier n'oubliait pas les rafraîchissements : « à 
MM. de la musique, le jour de s** Cécile, 7 livres 
10 sols» (1). 

(( Payé à MM. de la musique pour leur dîner, 
office et service chanté à Henvic pour le repos de 
l'âme de noble et vénérable Missire Claude de Pen- 
hoadic, décédé le 14 Avril 1663, 10 livres 3 sols. 

« Aux musiciens (2), pour le chant de la Passion, 
le dimanche des Rameaux et le Vendredi - Saint, 
deux pots de vin et dix sous de pain, 26 sols. )) 

Ils avaient également droit à un souper le jour de 
la dédicace de la Cathédrale, le premier dimanche 
de Juillet. 

Le 10 Décembre 1630, le Chapitre nomme deux 
délégués pour enquérir sur quelques abus qui ten- 
dent à s'introduire à la psallette (3} : 

V Attendu qu'on a fait plainte que le maître de la 
psallette néglige de faire la leçon aux enfants, le 



(1) Compte de 1663. D. 4S. 
(9) Compte <1e 163B, D. i~. 
(3) B. G. 393. 



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DE 8A1MT-P0L DE LËOX 121 

Chapitre 3 commis les sieurs de Kergus et Cren 
pour avoir l'oeil sur ce désordre, et sont priés de se 
donner la peine d'aller tous les quinze jours, d'ici à 
Pâques, en ta dite psalletle et même chez l'économe, 
pour s'instruire tant de la nourriture et entretene- 
ment des dits enfants que du progrès qu'ils font en 
la musique et en la grammaire, et en donner avis à 
la compagnie pour y apporter remède. » 

En 1654, M' Claude Kerdalvez était administrateur 
de la psallette, qui, dès lors, avait pour maître de 
la musique Gilles Gentilhomme, prêtre, charge qu'il 
conserva jusqu'à sa mort, IS Novembre 1680. 

Le 8 Mai 1664, il fondait en la Cathédrale la fête 
de son patron, saint Gilles, et donnait à cet effet une 
somme de 240 livres. Sans doute en reconnaissance 
de cette libéralité, le Chapitre lui accordait le droit 
de s'asseoir aux chaires hautes du chœur dansle rang 
des vicaires, et comme eux de porter l'aumusse (1). 

Les musiciens avaient, parait -il, l'habitude de 
faire leur tour de France, car l'on voit souvent figu- 
rer dans les comptes, l'allocation donnée aux musi- 
ciens passants. 

Le compte de 1639 (2) porte que l'on donna au 
sieur Gentilhomme, maître de la psalletle, 27 livres 
10 sols « pour la passade des musiciens pendant un 
an. Et la même année, il est payé 6 livres au sieur 
Monloir, organiste de la Cathédrale de Quimper, 
par forme de passant ». 

a eilnit de ton teeUmeût. 



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123 LA OATEtftDRALB 

C'est ainsi également que nous voyons le Chapitre 
donner, le 10 Décembre 1678 (1), l'autorisation â 
l'un des chantres de faire son tour de France. 

« HamoD Cam, prêtre choriste, haute-contre, y 
servant depuis son enfance à la Cathédrale, demande 
à se retirer afin de voir d'autres cathédrales où sa 
bonne fortune le conduira, pour le temps qu'il plaira 
à Messieurs du Chapitre delulli[niter,atteDdu qu'il 
est pourvu d'une chapellenle affectée aux gens du 
chœur, sur laquelle il a été promu aux ordres 
sacrés, n Le Chapitre l'autorisa fi s'absenter pendant 
trois ans. 

Les orgues furent refaites en 1660 (2) par le sieur 
Dalam, facteur, pour une somme de 3,145 livres ; 
il tint en même temps les orgues en qualité dorga 
niste (3), du 1" Octobre 1658 à la fln de Juin 1660, 
et fut remplacé, du 28 Juin 1660 au 15 Juin 166t, 
par Michel le Marié, sieur de Benestric, qui reçoit 
pour son année 368 livres. 

Guillaume le Dienne, sieur de la Barre, lui succède 
comme organiste, aux appointements de 30 livres 
par mois, d'Août 1661 à Juin 1662. 

Le compte de 1659-1660 nous donne le nom des 
musiciens qui servirent au chœur pendant ce temps, 
ce sont : 

Maître Etienne Arvers, du 1" Octobre 1659 au 
5 Janvier 1660; 

(1) R. G. SS7. 
12] D. i8. 

(3) Bd 1654, c'était le vicaire de SaiD^Pier^e, HeEsire Guillaume 
Leyer, qui tenait les orgues. 



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DE BAINT-FOL DE LftOK 123 

Maître Guillaume Henri a servi seize semaines, à 
raison de 5 livres par semaine ; 

Maître Michel Lauvergne a servi trois semaines, 
à raison de 4 livres 10 sols par semaine ; 

Enfin, maîtres Rolland SaîUou, François Juhel et 
Thomas Thébaud, qui reçoivent 43 livres en tout, 
(i pour le peu de temps qu'ils ont servi au chœur ». 

Le compte de 1664 (1} nous apprend qu'à cette 
époque le Père Jean Seveur, religieux du couvent 
des Carmes de Saint-Paul, venait decesser ses fonc- 
tions en qualité d'oi^aniste de la Cathédrale. 

Douze ans plus tard, 1676 (2), c'est Gahrie! 
Mathieu qui est organiste, mais le facteur d'oi^ue 
est encore un Père Carme. 

i( Au Père Innocent, carme organiste et facteur 
d'orgue, pour deux claviers posés en la place des 
vieux en présence du maître de la psallétte et de 
l'oi^aniste, 33 livres, et en bonne chère et vin prîns 
au cabaret, dépensé 9 livres. » 



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12i LA OATHÉDBALB 

Nous donnons ici le règlement de la psallette de 
Léon tel qu'il était encore en usage quand éclata la 
Révolution. 



R^lement que doit observer celay qui remplit les places 

de maître de Masiqne 

et de sons économe de la psallette, 1743. 

1° Il faut qu'il yaît dans la chambre du maître de 
musique et dans celle des enfants de chœur de l'eau 
bénite dans quelque vase propre et quelques ima- 
ges dévotes auprès de chaque lit. 

Qu'il fasse faire soir et matin la prière publique â 
genoux, telle qu'elle se trouve dans le catéchisme 
du diocèse. 

Qu'il instruise les enfants de leurs devoirs de 
chœur, leur apprenne quand il faut se lever, s'as- 
seoir, s'incliner, faire des génuflexions ou saluer 
quelqu'un et de ta modestie avec laquelle ils doivent 
se comporter au chœur. 

Qu'on dise en commun le Benedicite et les prières 
après le repas tous les jours. 

Qu'il les conduise à l'église avec modestie et les 
recond-uise de même à la psallette. 

Qu'il ne souffre pas dans la psallette d'enfants de 
la ville, dans la crainte que les enfants de chœur ne 
soient distraits de leurs études. 

Que le maître, lorsqu'il sortira en ville, se retire 
à 9 heures au plus tard, dont il ne fera pas d'habi 
tude. 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 125 

Qu'il mène deux fois la semaine les enfants se 
promener après vêpres et qu'il les accompagne tou- 
jours; lorsque le temps sera trop rude, ils joueront 
dans la psalette. 

Que les enfants ne pourront sortir ni aller chez 
leurs parents sans la permission du maître ou du 
chanoine économe et reviendront de bonne heure, 
et quaad ils sortiront ils ne quitteront jamais leur 
robe rouge pour prendre un habit séculier. 

Que le maître ne pourra aller enseigner au de- 
hors, mais demeurera assidu à la psallette. 

Qu'il fera aux enfants deux leçons de musique et 
instruments par jour, une avant la grand'messe, 
l'autre après vêpres, chacune d'une heure. 

Qu'il fournira aux enfants la chandelle de suif et 
leur fera du feu commun en hyver pour se chauffer 
avant de se coucher, lorsqu'il sera besoin. 

Que les enfants auront entière liberté du jardin 
pour s'y promener et divertir dans leurs récréations. 

Qu'il leur donnera quatre repas, à déjeuner et à 
collationner du pain et du beurre, de bonne viande 
à dtner et à souper, avec de la soupe fraîche tous 
les jours, trois fois la semaine du rôti, de bon pain 
de froment, bon et mauvais. 

Les jours maigres, bonne nourriture à proportion 
et du vin suivant l'ancienne coutume, les jours de 
la Passion, de saint Marc, des rogations, des gran- 
des fêtes, du carnaval et les jours d'enterrement et 
de grand service. 

Que le maître ne pourra prendre aucun pensioQ- 



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126 LA CATHÉDOÀLE 

naire, tel qu'il puisse être, ni loger qui que ce soit 
dans la maison, sans l'agrément du Chapitre. 

Qu'il fournira aux enfants de linceuls à changer 
une fois le mois et aussi du linge de table une fois 
la semaine ; que de plus, il est chargé de leur blan- 
chir leurs chemises, de leur en donner une par 
semaine depuis la Toussaint jusqu'à Pâques, et deux 
depuis Pâques jusqu'à la Toussaint. 

Le maître empêchera les enfants de parler breton 
entre eux et n'aura pas de servante qui ne sache 
que le breton, dans la crainte qu'ils ne puissent 
apprendre le français. 

De toutes les pièces que le maître composera, 11 
en remettra toujours une copie entre les mains du 
chanoine économe pour être remise aux archives. 

11 apprendra le plain-chant'et la musique quatre 
fois la semaine à ceux du bas chœur que le Chapitre 
désignera. 

11 fera raser la télé des eniEants en byver une fois 
le mois, en été deux fois et aura attention de le faire 
faire les veilles des grandes fêtes, ou des premiers 
dimanches du mois. 

11 :Eournira tous les deux ans use rObe rouge, 
calotte, bonnet carré, une aube et un amict à cha- 
cun des enfants. 

Défense au maître de prêter et laisser sortir de la 
psallette, pour quelque cause que ce soit, les instru- 
ments de musique qui ne sont destinés qu'au ser- 
vice divin. 

Les enfants auront un maître de latin et d'écri- 



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DE 8AIMT-P0L DE LÉON 127 

ture que le Chapitre nommera et que le sous éco- 
nome salarlsera, et veillera ce dernier à ce que le 
maître de grammaire leur donne exactement leurs 
leçons, cinq jours par semaine, depuis dix heures 
et demie jusqu'à midy, et sont avertis lesdits maî- 
tres de musique et de grammaire de corriger avec 
douceur et modération et de ne pas maltraiter. 
Rien n'étant plus essentiel que d'instruire les enfants 
de leur religion, le maître de grammaire leur fera 
le catéchisme tous les samedis de une heure à deux 
heures. 
1763. Maître Martin, sous économe. 

Inventaire de la musique. 

15 Dixît sans symphonie et 5 en symphonie. 

19 Magnificat dont 7 en symphonie. 

22 Messes dont 9 en symphonie. 
7 Te Deum dont 2 en symphonie. 

97 Motets dont 29 en symphonie. 

28 Petits Motets pour les processions. 

21 Hymnes et les 0. avant Noël. 

41 Leçons de ténèhres. 
2 Stabat sans symphonie. 

Les passions du dimanche des Rameaux et Ven- 
dredy saint. 

Les répons des morts. 

2 Messes. 2 Proses. Le Miserere en symphonie. 

Lors de l'inventaire du 3 Décembre 1780, nous 
trouvons mentionnés les instruments et inorceaus 



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128 LA OATHiDBAI.E 

de musique sacrée trouvés à la maison dite la psal- 
lette, servant de demeure au sieur Le Roux, maître 
de musique du ci devant Chapitre, et de maison 
d'éducation pour les enfants de chœur. 

2 Basses. 

1 Contrebasse. 

1 Alto. 

1 Violon. 

i Clarinette. 

â Serpents. 

18 Messes en musique. 
50 Motets. 
42 JérémiadBS ou leçons de ténèbres. 

7 Te Deum. 

11 Noëi, répons, Stàbat. 
28 Motets de procession. 

4 Motets de majeurs. 
22 Hymnes. 

35 Magnificat et Ehcaudiet. 
14 Antiennes à la Sainte-Vierge. 



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DE BAINT-POL DE LÉON 



EXTRAIT DES COMPTES 

DE LA CATHÉDRALE DE SAINT -POL DE LÉON 



1° Les Cloches. 

Dans la tour,^ôlé de l'Évangile, se trouvent deux 
petites cloches portant la dale de 1612 et servant de 
timbres à l'horloge pour sonner les quarts d'heure. 
Les heures sont frappées sur la grosse cloche voi- 
sine, qui s'appelle le Jacques; c'est la plus ancienne 
cloche de la Cathédrale, et porte l'inscription sui~ 
vante |1) : 

JE. FVS, FAIT. PAR. M*. GVY. DE, KERGOET. CHANOINE. 
DE. LEON. FABRIQVE. LORS. ME. FIT. FAIRE. PAR. ARTV8. 
GVIMARCH. FONDEVR. POVR. SERVIR. LAN. MV^LX!!!. 
EN. JACOBVS. SVM. NIVES. ET. PVLMINA. PELLENS. FVL- 
GVRA. CONFRINGENS. VOX. DOMIM. SABAOT. ET. TVBA. 
QVE. CLANGENS. NOMEN. CELEBRARE. SVFERNI. ADMÔNEO. 
CVNCTOS. ANTE. NOMWABAR. HAMO. 

Ce vocable Hamo, donné autrefois à cette cloche, 
(I) SalJsHit arcliëologique du Flnblère, t. IV, p. 30. 



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130 LA. CATB&DRALB 

rappelle le nom d'ua ancien et célèbre évéque de 
Léon, Hamon, qui fut assassiné le 21 Janvier 1171 
(1172), à la sortie de l'office, par son neveu Guyo- 
march du Fou. 

11 est assez souvent question du Jacques dans les 
comptes de la fabrique. 

En 1610 (1), le comptable déclare (( avoir payé au 
Vaillant, maréchal, pour accommoder l'oreille du 
battel du Jacques qui estoit rompu et l'attache du dit 
battail, 6 livres 2 sols ». 

En 1730 (2) on descend la charpente du Jacquet. 

Dans la tour Sud, côté de i'Épttre, sont trois clo- 
ches, dont une assez petite fondue à Ploërmel en 
1873. Les deux autres plus grosses ont été fondues 
à Morlaix, par Briens, en 1827, du temps de M. Fran- 
çois Le Gofl, curé de Saint-Pol ; l'une a pour parrain 
Arthur-Louis de Kermenguy, et pour marraine 
Hyacinthe Salomé Boscal de Real; l'autre a pour 
parrain Alfred-Marie-Michel- baron de Kerlior, 
maire, et pour marraine Olympe -Emilie- Marie - 
Félicité de Poulpiquet de Coetelez, comtesse de Eu- 
des de Goesbriant. 

Dans les inscriptions il est fait mention de Mes- 
sieurs Yves Joseph Bohic et Primel Cabic, vicaires, 
et de Nicolas Desteu et Nicolas-Hervé Combot, fabri- 
ques. 

Les anciens comptes de la Cathédrale aous appren- 
nent le nom de plusieurs autres cloches : 



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DE BAINT-POL DE LtOS 131 

Le Nloolaa (1). — h A ceux qui aidèrent à mettre 
le Nicolaa en place, le S Juillet 1661 Il» 

Le Paul (2). — Le comptable parle des frais 
qu'il fit pour l'achat de cordes, « pour la cloche 
nommée le Paid », en 1661. 

« Au fondeur (3) eu coliatiou pour avoir donné 
ordre de faire branler plus aisément le Paul 
(1612) Si-» 

Le Guillaume (4). — « Pour une pièce de bois 
pour faire le marbre de la cloche appelée le Guil- 
laume 4' 10" » 

Jean-Louis (5). — n Réfection de la charpente 
du Jean-Louit, en 1730. » [Mgr Jean- Louis de la 
Bourdonnaye (1701-1745), évoque de Léon, devait 
être le parrain dte cette cloche.) 

En 1678, « à M» Paul Bourdon, pour avoir fondu 
la cloche de matines, le 1" Juillet 1678. . . 66' 

« A deux maréchaux, pour eux et leurs soufQets, 
pour avoir soufflé le charbon pour la fonte de la 
cloche 4' 10")) . 

En 1730 |6), la cloche le Jean-Louis fut retondue. 
Voici les dépenses portées au compte à cette occa- 
sion : 

a Payé pour le pain, vin et beurre que j'ai donnés 
aux ouvriers et aux gents de la patrouille pour la 

(ij G. isa. 

{9) Comptes, 6, 356. 

(8) G. Isa. 

(1) /6U., Comple de 1613. 



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133 LA CATH^DBAI^B 

nuit de la fonte de la cloche et après la 
fonte 71 

i( Donné à la fin de l'ouvrage de la charpente à 
tous les ouvriers pour fest ar mcu>ut 6' 

H Payé à la Branche, aubergiste des TroU-Pigeorts, 
pour 15 pots de vin à ^ sols le pot, savoir 12 pour 
les fondeurs, par ordre du Chapitre, et 3 que j'ai 
donnés aux gens qui vinrent aider à monter les 
cloches 16M0S B 

Les cloches se fondaient d'ordinaire sur place, et 
les extraits des comptes pour l'année 1612 nous 
montrent comment on procéda à la fonte du René 
et du Rolland H). 

Pour le René. — « Frais faits parMessire Fran- 
çois Messager, chanoine el fabrique de la Cathédrale 
en 1612, pour faire fondre la cloche qui s'appelle du 
depuis le René : 

« En des clous pour faire le moulle 2» 

M Pour 4 charretées de terre et de pier- 
res pour faire le moulle et fournaise ...',. 1 ' 4» 
« Pour 3 livres de suiS et 1 livre de 

gresse 15' 

« Pour une charretée de bois sec 3' 4' 

<i Pour une charge de charbon 2' 

« A 4 persounes qui descendirent la clo- 
che, en collation et pour leurs peines et 

vacations 3' 7' 

Pour 4 livres de bourre 6» 

(i) 6. ISS, 



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DB 8AIMT-P0L DE LÉON 183 

« Pour 4 barres de Jer pesantes 53 li- 
vres 1/2 51 5" 

« Pour faire casser la cloche, pour faire 
porter le metaill chez Dagorne et le rap- 
porter et faire peser 16' 

« Pour faire la fosse de la cloche 8' 

(( AHamoDGuiader,pouravoirétéà Lan- 
derneau quérir le metael avec son cheval. 1' 16» 

« Pour 15 livres de chanvre 15' 

« Pour les despens du fondeur le jour 
que la cloche fut fondue 4' 10' 

H Pour une pièce de bois de chesne d'a- 
vecq le Miller pour faire le marbre du 
René et la faire apporter au cimetière 1' 10' 

« Pour 3 pots de vin qui furent beus 
comme l'on fondait la cloche et après la 
bénédiction d'îcelle 1 ' 2« 

« Pour les dépens de M. Pierre Migarel 
et ses gentz lorsque la cloche fut montée 
et accommodée en sa place 3' 6' 

« Pour les dépens et vacations de ceux 
qui changèrent de place à la cloche qui 
estoitvisà vis duEenéet l'accommodèrent 2' 6» 

« Somme des frais pour faire fondre le 

René 40' lO'u 

Frais faits pour fondre le Rolland et faire «le 
timbre (1612) : 

<( En collation au fondeur lorsque le 
comptable accorda avec luy pour le timbre. 16» 



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134 LA CATHÉDRALE 

« Pour rendre au cimetière pour faire 
les moulles 4 charretées de terre 20» 

<( A un potier pour SOO tuiles plates pour 
faire les fournaises et fortifier les moules. 10< 10' 

n A Ollivier le Ceveur, pour 46 livres de 
fer neuf pour faire tous les instruments et 
outils à faire la cloche et accommoder le 
Nicolas pour servir d'horloge 7 1 3* 

« Pour 16 faix de charbon au prix de 
16 sols le faix, et en 6 charges de charbon 
au prix de 2 livres la chaîne -. 17i 12» 

« Pour 6 charretées de bois pour fondre 
le Rolland et ie timbre. 

H Pour faire l'écriture des cloches et un 
sac à passer la terre 2i 11' 

« Pour 38 livres de bourre 2' 

« Pour le dluer de ceux qui descendi- 
rent le Rolland le quatrième Juillet 161 2. . 4 ' 18' 

<i Pour avoir rendu 7 charretées de 
terre au cimetière, 4 de pierres et avoir 
esté à Rosgoll quérir la hausse ou cable 
pour descendre ie dit Rolland 1 1 5» 

« Avoir payé aux paroissiens de Ploue- 

morn pour 52 livres de metaill 36 ' 

et 'à l'homme qui le vint rendre avec un 
cheval, en collatiou pour sa peine 15» 

« A Anne le Jeune pour peser 2.845 li- 
vres de metail 24' 

« A un caquin pour 12 cercles de bois 
pour relier le manteau du Rolland. 



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DE SAINT-POL DE LÉON 13S 

" Au fondeur et aux mariniers de Pen- . 
poul et aux ouvriers qui assistèrent le dit 
londeurpouriondre/efloWandetle monter 21' 11' 

(i Au serviteur de Cadoudal, fondeur, 
pour 54 livres de metaîl 27 1 

« Au fondeur pour aller à cheval cher- 
cher du metaill en Cornouaille et à Brest, 
pour ses dépens et peines 20 ' 

(( Item tant pour le louage d'ua cheval 
et ses peines pour aller au Relecq trouver 
Mgr de Sourdeac pour accorder pour le 
metaill du fondeur 8 ' 

" Pour un habit de toille au garçon que 
le dit fondeur print pour lui porter les 
étoffes et garder ses moulles 38* 

« A M. Pierre et à Yvon Messager, son ne- 
veu (du comptable}, qui allèrent au Relec 
pour devoir délivrer 300 livres pour le me- 
tail à Mgr de Sourdeac et ne l'y ayant 
trouvé furent contraints de le suivre jus- 
qu'à Rostrenen 5' 16* 

H A Henry le Seveur pour le battail du 
HoUand, pesant 65 livres, et sa façon 18' 

« Aceuxqui assistèrentlefondeurlesoir 
et la nuit pendant qu'il fondit l'horologe, 
le déjeuner après la fonte, et la chandelle 
de suifl 3 ' 12» 

H PourS pots de vin et 2» de pain à ceux 
qui tirèrent la dite horologe de sa fosse, la 
nettoyèrent et la portèrent en l'église 20' » 



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136 LA. CATHfiDKALB 

Sotmeries extraordinaires des cloches. 

On les sonnait : 1° toute la nuit du 1»^ au 2 Novem- 
bre, et le compte de 1610 (1) marque : « Payé pour 
une pinte de vin aux sonneurs de cloche la veille 
des Trépassés, 18» %^. » 

2" Pour les prédications de l'Avent et du Carême : 
« Payé à Michel Lezmap pour avoir sonné les pré- 
dications de î'Avent en 1610, 1611 et 1612, à raison 
de 20 sols paran, 3' ; au même, pour sonner la pré- 
dication en Carême, 1' 10* par an. » 

30 Mais c'est surtout à l'occasion du tonnerre que 
les cloches de la Cathédrale étaient mises en branle 
et occasionnaient quelque dépense au comptable : 

« A ceux qui sonnèrent les cloches lors du ton- 
nerre, le quatrième de Juillet 1611, V. 

« Deux pots de vin et un pain aux sonneurs des 
cloches, lors du tonnerre du quatorzième Août 1611, 
13». 

« En 1630, Marc le Brodeur a fourni pain et vin, 
cinq fois dans l'année, à l'occasion du tonnerre, à 
raison de 13» chaque fois. » 

2° Travaux à la Cathédrale. 

1610. — i( A Maître Jean Bourriquen le vieil et à 
Pierre Léon pourcouvrirla tente duCrucifix, essuyé 
(I) G. 122. 



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' 



DE 8AINT-P0L DE LÉON 137 

les images du Crucillx et de N.D. et de M' S' Paul, 
et teinct une partie des dîtes images, 3' 4>; 

(( A Hervé fiourriquen pour ayder à payer le ta- 
bleau de la chapelle de Toussaiuts, et aii chœur pour 
avoir raccommoder l'instrument des ténèbres, dit 
tarrabara, et au peintre qui peignit le portail de 
l'église et l'image de N.D., 13' 14». 

H A Jean Bourriquen le père et à ceux qui l'assis- 
tèrent le jour de M' S' André 1612, lors du grand 
vent, pour amasser les vitres et empêcher qu'elles 
ne fussent chassées, 18>. 

H A Jean Bourriquen le jeune pour avoir réparé 
les vitres et l'égiise de M' S' Paul après la tourmente 
de la S' André 1612, 15i. 

1629. — « Réparations à la porte de la tour dite 
S' Laurent. 

J633. — « Payé par ordre de M^ de Feunleuns- 
peur à M. François le Pen pour le retable du S'- 
Sacrement sur l'autel du S'-Esprit, 700'. 

Î634. — « Pour avoir fait osier les tentes des chai- 
ses du chœur et les tapis de Turquie estant sur le 
haut du grand aulel, le tout recoudre, raccommo- 
der, battre et éventer, puis le tout remettre en place 
comme aussi le grand rideau de la grande porte du 
chœur, 1' lOs. 

1660. — (( Aux massons qui rassurèrent la forme 
d'une vitre du chœur que l'orage pensa renverser, 
les fêtes de Noël 1660, 4' 16*. 

1661. — « Pour le balustre de N.D. de Cahel, à 
Jean Tanguy, charpentier, 61'. 



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138 LA CATHÉDBALE 

Î662. — « Pour le retable et dorure de l'autel 
S' Paul, 300". 

« Pour la porte qui donne sur la rue du petit 
cloitre et clôt la grande sacristie, 16>. 

1675. — « Le 30 Juillet, payé à Guillaume Burel 
pour attacher dans le chœur le day et cordage et 
pour ceux qui l'y assistèrent, quand Mgr le Duc de 
Cbaulne assista à la messe du chœur, l' lO". 

1676. - « Pour patefîches pour soutenir les plan 
ches du jubé, pour soutenir les images des apôtres 
qui sont au dehors du cboBur, l^. 

M Pour garnir le dedans du jubé afin de garantir 
les images des apôtres, 10». 

« A Hemery, serrurier, pour avoir fait quatre 
chandeliers de fer pour le jubé pour y mettre des 
cierges le Carême pour les Stabat, 2'. 

1678. — (1) (i Au Mioceq, tailleur, pour avoir 
accommodé une vieille tapisserie pour abriter la 
porte du bas chœur et une dizaine de boucles de 
cuivre pour attacher le rideau de la porte, 1' 16'^, 

1678. — « Au s' Sparfel, peintre, pour avoir peint 
et etoflé les images de la S'" Viei^e, de S' Gabriel, 
et railraichi celle de S* Paul dans le chœur, 36i. 

1679.— u Payéausf Kergonvel Sparfel pour avoir 
peint et étoflé le crucifix, les images de la S"» Viei^e, 
de S* Jean, de la Magdeleine, les anges et auréoles, 
1441. 

^679. — « A Kervoaz et à son fils pour avoir aidé 

(ir G. 12Î. " 



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DE BAINT-POL DE LÉON 139 

à planter le pilastre qui soutient le S' Sacrement, 
doré par le dit Sparfel, mis et clouté le tapis et 
remué le days qui donne sur le grand autel, 1* 10*. 

« Pour accommoder le tapis derrière le grand 
autel, 11 18". 

1679. — « A Cam, charpentier, pour accommoder 
le pupitre qui soutient le grand bréviaire du choeur, 
2» 6''. 

(I Au S' Sparfel pour avoir peint de neuf les ima- 
ges de S' Laurent et S' Barthélémy et renouvelé 
l'autel et l'image de S' Paul dans la nef, en Août 
1679, 45'. 

« Châssis pour vitrer l'image de S' Laurent, 1' 10>. 

« Verges de fer pour les rideaux de l'image de 
S' Paul, 6'. 

B De la serge de Can rouge pour les rideaux sur 
l'autel S' Paul, 16". 

1679. — (( A un sculpteur nommé Jan Larchao 
tec, de Tréguîer, pour avoir travaillé l'image de 
S*Guévroc, 15', 

168t. — « Au Mioceq, tailleur, pour avoir fait au 
grand autel un ornement blanc de damas avec des 
rideaux et couvre-taberoacle, voile et gradins, 471'. 

« Pour avoir accommodé le grand voile qui couvre 
le Crucifix devant le chœur, 3' ll>. 

1701. — (1) H Payé au s' de Villenisan, suivant son 
mémoire, pour réparation de la muraille du reli- 
quaire joignant la muraille de l'oflicialité, 58^. 

U) G. lai. 



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140 LA CATHÉDRALE 

1709. — « Pour une demi aulne d'étamine blanche 
pour allonger les rideaux de damas blanc du grand 
autel faits de neuf. » 

En 1743 {l), de grandes réparations étaient entre- 
prises pour <i la réfection des autels du chœur m et 
notamment du maître-autel ; une souscription fut 
ouverte pour couvrir la dépense, voici les noms des 
principaux souscripteurs figurant au compte de 
1743: 

Mgr de la Bourdonnaye souscrivait pour. . 500'. 

M. l'abbé de Lannidy, archidiacre 50'. 

M. Charles le Borgne de Kermorvan, cha- 
noine et comptable pour cette année, qui ve- 
nait d'être nommé à l'évêché de Tréguier 100'. 

Le théologal, les chanoines Alain et Ker- 
jégu, chacun 50'. 

Les chanoines de Launay et le Grand, cha- 
cun 1001. 

L'abbé de la Fosse, chanoine 23', 



3° Travaux d'Orfèvre rie. 



.1610.— u A Jan Derrieu, orfèvre, pour avoir 
rabillé la croix du Chapitre en la présence de M. le 
Trésorier de eux député avec moy pour accorder 
du prix avec le dit Derrien, 8' 9". 



(l) G. 121. 



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DE 8AINT-POL DE LÉON 141 

1629. — (( Payé à l'orfèvre pour le bras d'argent 
qui enchâsse la relique de M^ S' Paul, 72'. 

« Payé pour l'autre bras d'argent, 72', et pour deux 
étuis de cuir pour les dites reliques, 10'. 

S633. — (( Au S' Goueletanvez, m« orphévre, pour 
raccommoder un des calices et la cloche de M' S' 
Paul, 7' 4». » 

1634. — Envoi à Paris de 557 livres pour la croix 
d'argent, pesant 14 marcs 3 onces, le bâton de la 
crois a coûté 274 livres. 

1667. — (( En demi aulne de velours pour garnir 
les masses des bedeaux. H' 10». 

« A l'orphèvre pour garnir les dits bâtons, 53'. 

1668. — « Le 26 Février, donné outre 500' que 
j'avais envoyées à Paris par lettre d'eschange de 
M' du Runiou Oriot au sujet du reliquaire de M^ S* 
Goulven, pour port, transit foraine, garniture de 
satin, 103'. 

« Pour une presse et garniture pour les reliques 
de S' Goulven, 15' 18». 

1680. — (( Au s' Kerider, orphévre, pour avoir 
accommodé le ciboire où repose le S' Sacrement au 
chœur et y avoir ajouté de l'argent, 5', 

1S82. — « Au S' de Kerider Marrec, orphévre, pour 
la façon des encensoirs et le raccommodage de la 
croix d'argent du chœur, 43' 10". » 



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LA CATH&DBALB 



4' Dépense» de la Saorietle. 



Î$10 (1). — (( A Michel Lezmap et à Lossouarn 
pour leurs gages pour avoir balié l'église et apporlé- 
de l'eau aux benestier d'iceile en l'année 1610, 
714». 

« A Gilette Picart, femme du Corre, pour avoir 
blanchi le linge de la Cathédrale, de la S* Michel 1610 
au 28 Juin 1613, 16' 4». 

« A Bernard Dagorn pour avoir rhabillé les chaî- 
nes des encensouers d'argent, 41>. 

H Pour la ficelle et des grands clous pouriaire un 
fouet à chasser les chiens hors de l'église, 5». 

(1 Pour deux quarts d'arobe d'huile pour la 
lampe, 3'. 

H Pour cinq pots de graisse de poisson pour la 
lampe, 2i 10». 

H Pour 5 (r. d'encens non sophistiqué, 5' 10", 

« Pour un fer de pain à chanter achepté à l'encan 
de feu Mgr de Léon et pour le compas pour arron- 
dir le pain, 4'. 

1632, — » Acheté à Rennes un fer à faire le pain 
de consécration, 25'. » 

Dans le compte de 1678 figure un article qui 
dénote la traditionnelle antipathie du Léon pour la 
Cornouaille ; le chanoine comptable y marque sans 

(1) G. 13S. 



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DE 8AIKT-P0L DE LÉON 143 

sourciller : <i Donné au sacrîste Pîcart. pour avoir 
payé et nourri deux Comonaillaia pour curer les 
privé$ d'auprès de la sacristie, 3'. » 



> Collations à l'oocasion de* marohi* 
et aervioea extraordlnairea. 



En 1610. — « A Marc le Liorzou, charpentier, 
pour la peine d'être venu en celte ville à la prière 
du comptable pour s'accorder avec luy pour faire la 
réparation du boisage des deux tours, tant pour son 
déjeuner que en vin pour s'en retourner, 1' 17". 

(( A ceux qui chantèrent la passion le Vendredi- 
Saint 16H, un pot de vin, 8». 

(( A ceux qui en 1612 chantèrent la passion le 
jour des Rameaux et le Vendredi Saint, lavèrent les 
autels et les pieds des apAtres le Jeudi Saint, 4> H'. 

1629. — « Deux pots de vin pour ceux qui ont 
travaillé au trâne de M^ de Léon pour la solennité 
de Noél. 

1632. — « Pour le souper des musiciens le jour 
de la dédicace, 7' 7», 

1660. — « Pour le diner des experts convenus 
pour le renable (acceptation) de l'orgue et assis- 
tants, 12'. 

1677. — « A M' Louis OUivier, prêtre, pour avoir 
dit les sept psaulmes de la pénitence durant le 
Carême, 3K 



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LA CATHÉDRALE 



1675. — H Pour 4 sols de pain et 4 pots de vin au 
bas-chœur pour avoir été à Santec en procession et 
retourné le 27 Juin 1675, 3' 4<. 



6" Les Prédicateurs. 



Une prébende dite « du théologal » avait été fon- 
dée à la Cathédrale pour enseigner le peuple du 
Minihy. Ce poste réclamait nécessairement un prê- 
tre connaissant bien la langue bretonne, et avant de 
pourvoir à cette prébende, une sorte de concours 
avait lieu à la Cathédrale, où les candidats devaient 
à tour de rôle se faire entendre ; c'est ce que nous 
apprend la délibération capitulaire du 26 Avril 
1663 (1} où il est dit : 

-<( M. Cren {un des chanoines) est député pour 
donner son rang pour prêcher en breton en cetle 
église, à tin de l'obtention de la chanoinie théolo- 
gale vacante par le décès du S' Penhoadic. » 

Le concours était encore ouvert eh Juin de la 
même année, car par délibération du 7 de ce mois, 
« le S' Cren est prié d'écrire à M. Le Guern, prêtre 
de Ploudaniel, étant à Bordeaux, pour lui donner 
avis de la vacance de la prébende théologale, et que 
s'il y prétend il ait à se rendre à S' Paul sous trois 
mois ». 

(1) ». G. S94. 



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DE BAINT-POL DE LÉON 115 

A celte époque, le siège épiscopal se trouvait va- 
cant par ta translation de Mgr Laval de Boisdau- 
phin à la Rochelle, et la vacance s'était prolongée 
de 1661 jusqu'en 1663 ; or, le pouvoir royal s'étant 
arrogé le droit de nommer en régale aux' bénéfi- 
ces qui étaient à la nomination de l'Evèque défunt, 
en conséquence de cette prétention, le 6 Septembre 
1663, (( François Le Traon, sous -curé de Carantec, 
présenta au Chapitre, au nom de Claude de Tréanna, 
prêtre, des lettres de provision de la Reine mère 
pour la prébende de théologal vacante par la mort 
de Claude de Penhoadic ». Mais les chanoines se 
refusèrent à l'admettre, « parce que la collation de 
cette prébende n'étant pas purement épiscopale, ne 
doit pas être faite en régale ». 

Du reste, Claude de Tréanna, prêtre de Cor- 
nouaille, fut le premier à se désister, et le Chapitre 
de Léon, le 1" Mars 1664, nomma théologal Guil- 
laume Corre, prêtre de Léon, bachelier en théolo- 
^e, qui en remplit les fonctions jusqu'à sa mort, 
en 1684. 

En 1684 et 1685, pendant la vacance de la théolo- 
gale, la dominicale fut prêchée par les Capucins de 
Roscofi. 

A la fin de 1685, Corre fut remplacé par un sieur 
de la Tour, qui sans doute n'avait pas fait ses preu- 
ves comme orateur breton devant le Chapitre, car 
par délibération du 14 Février 1686, (( la Compa- 
gnie, sur ce que le sieur de la Tour a, contre l'an- 
cienne coutume, prêché en français, par deux diver- 
10 



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116 LÀ OATHiDBALE 

ses fois, la dominicale en cette église, au lieu que 
de tout temps on l'a préchée en idiome breton pour 
l'éducation du peuple, dont la plupart de cette ville 
et la totalité de la campagne aux environs d'icelle 
n'entend la langue française, pour éviter un désor 
dre que cette novalité pourrait causer, a sommé le 
dit sieur la Tour de prêcher en l'avenir en breton 
ou de déclarer qu'il ne le peut faire,' pour être 
pourvu de la Compagnie d'un prédicateur breton à 
la manière accoutumée ». Le sieur La Tour dut se 
mettre en mesure de donner satisfaction au Chapi- 
tre, car il était encore théologal en 1688. 

En dehors des prédications du théologal, qui 
devait tous les dimanches parler au peuple en bre- 
ton, l'Évéque désignait un prédicateur extraordi 
naire pour l'Avent et le Carême ; ce prédicateur 
devait se faire entendre en français et en breton, et 
s'il ne savait que le français c'était à lui de se pro- 
curer un suppléant pour le breton. 

Voici tes noms de quelques-uns de ces prédica- 
teurs ; 

En 1617, pour le Carême c'est le Père Jean-Bap- 
tiste, capucin, qui entretient le Chapitre du projet 
d'établissement des Capucins à Roscofi (1). 

Le 18 Novembre 16âl, le Chapitre « ordonne que 
M, le théologal prêchera les Avents et Carême à 
même condition que les autres prédicateurs, à faute 
que Monsieur de Léon n'a pourvu de prédicateur ». 

(1)'B. G. 398, 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON 147 

Le 10 Février 1627, le Chapitre semble un peu 
piqué d'un manque de déférence de l'Évéque à son 
endroit : « Acte a été donné, dit il, à Frère Natba- 
naël et Frère Joseph de S' Louis, recollets, d'avoir 
présenté une demande pour le Carême prochain à 
la Cathédrale, pour Frère Paschase. Les dits sieurs 
capitulants déclarent unanimement n'empêcher le 
dit Frère Paschal de prescher pour ceste fois le 
Carême à la Cathédrale, déclarant que le S" Évoque 
de Léon, de tout temps immémorial, était coutu- 
mier avant les Advents, entrer au Chapitre pour, 
avec l'advis des genis d'iceluy, faire élection d'un 
prédicateur breton pour prêcher en Avent et Carê- 
me au peuple qui est né et originaire breton, pour 
quelle occasion les dits capitulants donnent avis au 
Père Pascal qu'il ait à amener o lui si bon lui sem- 
ble un prédicateur breton pour l'instruction du 
menu peuple ignorant en langue française, sauf à 
eux et tous autres prédicateurs de se pourvoir pour 
la nourriture et salaire vers le S" Évéque ou M' son 
Grand Vicaire » (1). 

Le 2 Décembre 1628, le Chapitre donne acte « au 
R. P. Banny, jésuite, qui a reçu mandement de 
prêcher l'Avent de M. Guillerm, docteur en théolo- 
gie, vicaire général de Léon ». 

Le 5 Mars 1631, le Chapitre constatant « qu'aucun 
prédicateur ne s'était présenté avec mandement, 
M. du Louet, chantre, M. de Poulpiquet, chanoine, 

(1) B. G. 473. 



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148 LA OÀTHÉDBALE 

et M, Tréguier, théologal, sont priés de prêcher la 
parole de Dieu en cette église de Léon ». 

En 1654, ce furent les Pères Gilles Espiveot et Phi- 
lippe de Crecbquérault, recollets de Cuburien, qui 
prêchèrent les Avents et Carême à Saint-Paul (1). 

En 1700, les Pères Jacques, de Saint-Brieuc, et 
Yves, de Landerneau, capucins, prêchent le Carême, 
le premier en français, le second en breton (2|. 
- Le 26 Novembre 1761, le R. P. Claude Grimon, 
dominicain de Morlaix, et Yves Le Corre, curé de 
Sibiril, nommés par Monseigneur pour prêcher en 
français et en breton pendant l'Avent prochain, à ia 
Cathédrale, sont agréés du Chapitre. 

Le 27 Mai 1762, le Chapitre nomme, sans l'agré- 
ment de l'Évêque, le Père Coret, jésuite, pour prê- 
cher l'octave du sacre (3). Ce Père Coret était oncle 
de la Tour d'Auvei^ne. 

Les prédicateurs de l'Aveut et du Carême étaient 
conduits solennellement en chaire par deux mas- 
siers auxquels une rétribution était allouée pour ce 
service spécial. 

Le compte de 1726 porte (4) : a Payé aux bâton- 
niers pour la conduite du prédicateur pour l'Avent 
et le Carême, 3 livres. » 



(1) D. 48. 
m R. G. 989. 

(3) Papiers de Ponl-Croix. 

(4) G. 131. 



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DE SAIMT-POI. DE LftON 



7" Le* Procetsionc. 



Les processions ont toujours été et sont demeu- 
rées, particulièrement en Bretagne, la forme la plus 
populaire de la dévotion et de la prière. Les anciens 
comptes et les délibérations du Chapitre de Léon 
nous en fournissent des preuves nombreuses. 

C'est d'abord Le Folgoét qui réclame à ses fêtes 
le concours des ildèles de Saint Paul, et les comp- 
tes de 1613, 1630, 1631 mentionnent la somme de 
32 sous, allouée au sacristain Lesmap pour avoir 
porté la croix et la châsse à la procession du Fol- 
goét (1). 

Le 2 Juin 1617, le Chapitre ordonne « que se fera 
des prières publiques à l'intention du seigneur Éves- 
que de Léon, à ce qu'il plaise à Dieu favoriser ses 
desseins, et à cette fin la procession sera assignée 
à N. D. dé Lambader » (2). 

En 1619, le Chapitre commande une procession 
(( à la chapelle St^-Barbe, nouvellement édifiée les 
le bourg de RoscofI, pour au dit moyen de l'inter- 
cession de la dite Sainte, supplier la Divine Bonté 
de conserver le peuple tant du Miniby que de toute 
la chrétienté, des incursions des pirates et autres 
ennemis de l'Église » (3). 

(1) 6. 122. 

{3; s. G. 396. 
(3) tbui. 



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160 LA CATHÉDBALB 

Le 27 Mai 1627, u les sieurs capitulants ont arrêté 
de continuer les processions extraordinaires qu'ils 
lont par trois jours la semaine aux églises accoutu- 
mées, et qu'il se lera une procession générale, le 
jour de S' Barnabe, à la chapelle de N.-D. de Lam- 
bader » (1), 

Le 23 Juin 1628, <( MM. les Capitulants ont arrêté 
d'aller demain en procession à ta chapelle de S' Jean 
Tregarec, demain en huit jours à S^Adrien, et le 
jeudi en suivant, fête de M' S' Tunjean, à N.-D, de 
Croatbatb, afin de prier Dieu pour les nécessités de 
l'Église ». 

Le t7 Novembre 1628, une procession générale, 
pour le dimanche suivant, à l'issue des vêpres, est 
ordonnée « afin de remercier Dieu des victoires 
qu'il lui a plu donner à notre Roi très chrétien sur 
ses ennemys, rebelles, notamment pour la prise et 
réduction de la ville de la Rochelle ». 

Le 6 Juillet 1630, une procession générale est assi- 
gnée à N.-D. du Folgoet, le dimanche 14, « pour 
prier Dieu pour les nécessités publiques et le service 
des armes de Sa Majesté » (2). 

Au mois de Septembre 1629, c'est pour être 
« exempté de la contagion » que l'on se rend eu 
procession à S* Sébastien. 

Le 5 Octobre 1652, pour le même motif, le Chapi- 
tre prend la délibération suivante : « Le mal est 
trop public pour douter que Dieu ne soit irrité con- 



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DE 8AINT-P0L DE LËON 151 

tre son peuple, et comme le péril est pour tous, 
aussi ejt-ii raisooaable que tous se mettent en de- 
voir de Qéchir sa justice et détourner ce fléau qui 
fait à nos yeux de si grands ravages dans cette con- 
trée. Il y aura donc procession dimanche, après la 
grand'messe, k la chapelle S' Rocfa, lundi, aux 
églises de S* Pierre et des Minimes, mercredy, au 
Creisquer et aux Carmes, samedy, à N.-D. de Bonne 
Nouvelle, et ainsi chaque semaine jusqu'à la fln du 
iléau. « 

La maladie contagieuse semble avoiraffligé le Léon 
pendant toute cette dernière partie du xvn^ siècle. 
Le 26 Janvier 1664, (( attendu les maladies et autres 
nécessités publiques, les chanoines ont advisé d'aller 
mercredi prochain en procession à la chapelle de 
S' Roch, et les samedi et lundi suivant à celles de 
N.-D. de Bonne Nouvelle et de S' François de Paule 
(les Minimes), où seront invités tous les fidèles 
du Minihy par affiches aux portes et au chœur ». 

Le 17 Octobre 1669, procession à N.-D. de Bonne- 
Nouvelle, (c pour réclamer la cessation des maladies 
dont le peuple de ce diocèse est présentement 
affligé» (1). * 

Le S4 Septembre 1671, c'est l'Évêque nommé de 
Léon, M. de Montigny, qui est mourant à Vitré avant 
d'avoir pu prendre possession de son diocèse, et le 
Chapitre décide que pour sa guérison « on ira pro- 
cessionnellement chanter la messe aux Minimes, et 

(1) B. e. 904. 



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153 LA CATHÉDRALE 

d'ici la Toussaint on ira tous les samedis en proces- 
sion à N.-D. de Bonne Nouvelle », ♦ 

Le 26 Septembre, deux jours après cette délibé- 
ration, le jeune Évéque de Léon expirait à Vitré. 

Outre ces processions extraordinaires, il y en 
avait de périodiques tous les ans à Santec et à Ros 
coll. « Suivant l'ancienne dévotion, est il dit dans 
une délibération du Chapitre du 31 Mai 1663, la 
procession ira à S' Adrien, à Santec ; dimanche en 
huit, et le dimanche ensuivant à N.-D. de Croazhaz, 
•> (1). 



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DB 8AINT-POL DE LÉON 



LES CHAPELLES DU MINIHY 



1° Notre-Dame du Creisquer. 

Voici comment Albert le Grand raconte l'origine 
de cette chapelle : 

« S' Guévroc allant par la ville d'Occismor, un 
jour de fesle de N,-D., il vid une jeune lingère qui 
travaillait à sa porte : le Saint la reprit de ce qu'elle 
ne chonimait pas la teste, mais elle ne tint compte 
de la réprimande, et luy répondit qu'elle ne scavait 
autre mestier pour gagner sa vie ; qu'il fallait aussi 
bien vivre les jours de testes que les jours ouvriers. 
A peine eust-elle achevé la parole qu'elle fut subi- 
tement saisie d'une paralysie en ses membres, si 
grande, qu'elle ne pouvait remuer ny pieds ny mains. 
Alors reconnaissant sa faute, elle jeusna huit jours 
entiers, employant tout ce temps en ferventes priè- 
res, au bout duquel temps elle se fit porterau même 
lieu où elle avait commis la faute, manda S> Guevroc, 
reconneut son oflense et en demanda pardon à Dieu 



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154 LA CATHÉDSALK 

et au Saint, lequel faisant le sigoe de la crois sur 
elle, luy rendit la saoté, et en mémoire de ce mira- 
cle elle donna sa maison à S' Guevroc, qui la con- 
vertit en une chapelle, laquelle fut dédiée k N.-D. 
de Creisker, c'est à dire du milieu de la ville, et fut 
rebastie plus magnifique par le duc Jean leConqué- 
reur. « 

Cette légende était mentionnée, en ces termes, en 
la Vl« leçon de l'ofTice de S. Cîuevroc, 17 Février, 
dans le Propre du diocèse de Léon : 

« Puellam quamdam in civitate Leonensi quam 
ipse (S'Guevroc)quod sanctam Beatissimse Virginis 
festivitatem servili occupatione violaret, bénigne 
increpaverat, repentino celitus percussam membro- 
rum tremore, ubi ipsa lacti pœniteDtiam coucepit, 
signo crucis, pristin» restituit sanitati. Âccepti illa 
beaificii non immemor, suam sancto Viro œdem 
perpétua donatione concessit, quam ipse in capel- 
lam, ubi nunc est magniHca BeaUe Mariœ in medio 
Urbis nuncupata basilica, convertit. » 

Comme on a pu le remarquer, le bréviaire traduit 
le mot Creisker, in medîo utMs, Notre-Dame du mi- 
lieu de la ville ; cependant, cette chapelle n'est pas 
et n'a jamais été au milieu de la ville de Saint-Pol. 
Nous pensons donc q ue l'origine de cette appellation 
vient de ce que cette chapelle était située dans le 
quartier de la ville formant une des sept paroisses 
du Minihy, et connu sous le nom du Omciflx de la 
Ville, Croasquer ou Cresquer. — Nous trouvons, dans 
un acte de 1441, mention « d'un courtil en la rue 



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DK 8AIMT-P0L DE LÉO» 155 

an Fouennec esmettes de Creisker », c'est-à-dire sur 
le territoire du Crucifix de la Ville. — Le Creisker 
est appelé Christ Caer dans l'acte de fondation du 
Séminaire de Léon en 1676 (1). 

Nous ne donnerons pas ici la description de ce 
beau monument d'architecture, que nous possédons 
tracée de main de maître par M. le chanoine Abgrall, 
dans son lAvre d'or. M. de Courcy nous dît que « la 
hauteur totale du clocher est de 80 mètres, et si 
quelques autres clochers en France ont une hauteur 
supérieure, aucun ne l'égale en heauté ». 

Ce n'est pas d'aujourd'hui que les habitants de 
Saint-Pol sont fiers de leur clocher à jour ; en 1698, 
l'un d'eux disait (2) : Notre Dame du Creisquer « est 
la plus helle église des sept paroisses du Minihy, 
après la Cathédrale, sur laquelle est la plus belle 
tour, clocher et pyramide du Royaume, et dans la- 
quelle il y a une aussi belle sonnerie que dans la 
Cathédrale ». 

On peut se demander quelle était la destination 
de ce superbe édifice. Le Père Cyrille Le Fennec 
nous dit que de tout temps « it était entre les mains 
des bourgeois, qui en avaient la conduite ». C'était 
par conséquent un édifice dépendant de la commu- 
nauté de ville et servant de lieu de réunion pour 
les délibérations des trois ordres et le service de 
certaines confréries de la ville ; le Creisquer était 



(1) G. 11, a. 

(î) Boquâte de 1698 louchant l'union des sept paroisses. — Arcli. 



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166 LA CATHÉDRALE 

donc une chapelle au service de la municipalité, 
comme étaient Notre-Dama du Guéaudet ou de la 
Cité, à Quimper, Notre-Dame de l'Assomption, à 
Quimperlé, et Notre-Dame du Mur, à Morlaix. 

A la mairie de Saint Pol, le plus ancien des regis- 
tres de délibération qui ait été conservé commence 
au 1" Octobre 1628, par cette formule : a Congréga- 
tion générale des trois ordres de la ville de S* Paul 
eu l'église de N. D. de Creisquer en la dite ville, 
lieu accoustumé à faire les congrégations et assem- 
blées par devant M^ le Sénéchal de la court du dit 
S' Paul... » 

Mais peu après, vers 1635, les assemblées onl 
lieu non plus au Creisquer, mais dans la maison de 
ville ; et de fait, le Père Cyrille, qui écrivait vers 
1640, nous dit : « L'église du Creisquer ayant esté 
ostée d'entre les mains des bourgeois pour estre ■ 
érigée en titre de gouvernement (1), elle est gran- 
dement négligée et deschue de son ancien lustre, 
estant carante de réparation, ce qui a entièrement 
refroidy la dévotion fervente que tout le peuple de 
Léon avait pour ce saint lieu. » 

II faut dire que le 23 Novembre 1628, la foudre 
était tombée sur le clocher et avait gravement 
endommagé le bâtiment. Voici ce que nous lisons à 
ce propos au registre des délibérations de la com 
munauté de ville : 



(Il II esl cependant » noter qu'il j avait toujours eu, au Creis- 

Î[uer, des gouvemeurt chargea de foDCtions analogue» k celles des 
abriques pour les églises paroissiales. 



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DE 3AIMT-P0X. DK LÉON 157 

(( Le 14 Janvier 1629, sur ce qu'il a esté remons- 
tré que par la chute en partie du clocher de l'église 
de Creisquer, advenu par la foudre au mois de 
Novembre dernier, la couverture de l'église et par 
espécial )e chœur est tout ruiné, qui empêche que 
le service divin ne peut y estre célébré comme au 
temps passé et que le grand tableau qui est sur le 
principal autel du dit chœur est en danger d'estre 
brisé et rompu d'autant que partie des pierres 
esbranlées au dit clocher et les ardoises au dessus 
du grand autel menacent de tomber et que ainsi 
la pluie a commencé gaster ledit tableau..., la com- 
munauté vote des fonds pour les réparations urgen- 
tes. » 

C'est sans doute de cet accident dont parle Ogée 
en ces termes : u Le tonnerre tomba sur le clocher 
de N.-D. de Creisquer, abattit la pointe de la flèche, 
tua une femme qui était dans l'église, fondit la moi- 
tié du chanceau qui était en bronze au devant du 
maltre-autel, brisa l'escalier du clocher et dessécha 
tous les bénitiers. » 

Un état des prééminences de l'église du Creisquer 
en 1720 (1) nous donnera, avec le nom des bienfai- 
teurs, le vocable des principaux autels. La descrip- 
tion commence au bas de l'église, à main droite, 
côté de l'Épltre ; 

(( La première vitre audessus de la porte du cime- 
tière, en descendant du jubé, est à M. de Keruzoret. 

(1) G. 307. 



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156 LA CATHÉDBALE 

« La seconde prochaine, à M"" de Coetlosquet, au 
bas de laquelle il y a un tombeau. 

« La troisième, à M"« de Carman, ûUe de H. de 
Coetelez, près Guenevez, au bas de laquelle est un 
tombeau élevé, dans la muraille, où il y a uo lion 
pour armes ; il y a aussi un autel Saint-Louis, sans 
armes. 

(( La quatrième, à M. de Keraly, dont M. Longpré, 
marchand à S» Paul, a acheté la terre de Keraly. Les 
armes des Keraly sont en la vitre ; il y a trois tom- 
bes près l'autel Saint- Yves, qui est sans armes. 

« Au dessous des trois tombes des Keruly, il y eu a 
trois autres ayant appprtenu à la maison de Penlu, 
qui sont à présent à Prigent le Lan et à M' Kerlobu- 
chet, l'un boulanger, l'autre sergent. 

« A côté de cet autel Saint-Yves est l'autel des SS. 
Cosme et Damien ou de Saint-Biri, le bénitier voi 
sin porte des armes inconnues. 

« La cinquième vitre, aux héritiers de M. de Ker 
santon ; les armes sont à la vitre, au banc et à la tombe. 

« La septième, qui est derrière l'aute>de la Tri- 
nité, appartient aussi à M' de Keravel ; les armes se 
voientà l'autel de la Trinité et au milieu du balustre 
de l'autel de la Trinité ; au dedans du balustre sont 
trois tombes à M.deTromelin Kerantraon, au dehors 
des dits balustres sont cinq tombes à ses armes. 

« A côté de l'autel de la Trinité est celui de Saint- 
Fiacre, sous et auprès du marchepied duquel il y a 
quelques tombes aux armes des Kermorus, avec 
banc près la crédence où sont les armes. 



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DIC 8AIKT-P0L DE LÉOK 169 

a Derrière l'autel de Saint-Biri, en entrant à l'autel 
de la Sainte-Trinité, est un banc et cinq tombes por- 
tant les armes du s^ de Brundusval de Saint-Paul. 

« Dans le chœur sont deux tombes aux armes de 
Kerelecet uneàM.Coatalenn. — Au côté de l'ÉpItre, 
deux tombes à M. Hervé de Kerasmont de Roscerfl. 

« La huitième vitre, celle du pignon derrière le 
maltre-autel, porte les armes de M. de Kerman et 
plusieurs autres que l'on ne connaît pas. 

i< La neuvième, est à M. le marquis de Kerjean. 

<( La dixième, à M. de Kermavan, au bas de laquelle 
est un banc et huit tombes au chœur, c6té de l'Évan- 
gile, près desquelles tombes est celle de messire 
Baron, prêtre, qui a fait fondation. 

« La onzième, à M. le chantre (du Louet) qui est de 
la maison de Coetjunval. — Cinq tombes, vis-à-vis 
le bénitier où sont ses armes. L'autel qui est au-des- 
sous de la vitre est sans armes. 

(( La douzième, à M°'« Lamarre, de Morlaix, avec 
tombes et armes. 

« La treizième, sous laquelle est le tombeau relevé 
dans le mur, est sans armes. 

« La quatorzième, celle du pignon du bas de l'é- 
glise, porte les armes de M' de Kerman. 

« Le premier autel que l'on trouve en entrant dans 
l'église, en venant de la balle, qui est près le second 
pilier côté de l'Évangile, est dédié à S^ Marguerite 
et à S» Sezni ; il est sans armes. — A côté de l'autel, 
sont deux tombes aux héritiers de Pierre Calvez, 
bourgeois de Saint-Paul. 



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160 hi. CATHÉDBALE 

« Vis-à-vis cet autel, contre ce pilier du côté de 
l'Ëpitre, est un autel soub le vocable de Saiot-Derbot, 
Saint -Jean l'Évangéliste , Saint - Jean - Baptiste et 
Saint-Éloy, avec des armes inconnues. Au côté de 
rËvanple (de cet autel) est une tombe où se dessert 
la fondation d'Yvon Carofi. 

» Près le pilier, du côté droit du Crucilix, est l'autel 
de Sainte-Catherine, près duquel sont quatre tombes 
à Jean le DuH. 

« De l'autre côté du Crucifix, est l'autel de l'As- 
somption, appelé l'autel de Notre-Dame de Déli- 
vrance, sans armes. 

(( Tout joignant celui ci, est l'autel de Sainte-Anne. 
Du côté de l'Épttre est un bénitier aux armes de 
M' de Penan, et au-dessous du bénitier est un banc 
à M' de Penanru, et près du banc deux tombes à ses 
armes ; du côté de l'Épttre de l'aulel de Sainte-Anne 
sont deux tombes à Françoise-Gilette de Saint-Paul. 

« Sous la voûte de la tour, côté de l'ÉpItre, banc 
et quatre tombes à M™^ de Coetlosquet, et de l'autre 
côté, banc aux béritiers de Carman. 

(( Les tailleurs ont soin de l'autel de la Trinité, les 
laboureurs s'occupent de l'autel de Saint-Fiacre. » 

Outre ces autels, on voyait encore dans la chapelle 
les autels de Saint-Rocb, et celui de Saint-Jacques 
(( ou du Crucilix de la tour, proche la porte qui y 
monte )>. 

On conçoit facilement comment ces nombreux 
autels devaient encombrer l'église et la rendre peu 
commode pour l'exercice du culte, surtout depuis 



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DE 8AINT-P0L DE LÉON IBI 

qu'elle servait d'église au Séminaire ; aussi, le 
7 Août 1728, le sieur Poirel, supérieur, et de Pous- 
siguon, procureur du Séminaire, exposent à Mon- 
seigneur de Léon que voulant établir en l'église de 
Creisquer la décence convenable, et constatant « qu'il 
y a dans l'église des autels si près les uns des autres 
et dont la plupart sont si négligés des titulaires des 
chapelleoies et des patrons, qu'ils sont pour ainsi 
dire prêts de tomber en ruine », ils ont fait des 
démarches et obtenu de plusieurs des patrons l'au- 
torisation de les démolir. C'est ainsi que, par acte 
du 24 Décembre 1723, Guillaume Kersimon de Ville- 
sinou, propriétaire de Crechgrizien, et en cette qua- 
lité présentateur de la chapellenie de Saint-Yves, a 
consenti à la démolilion de i'autel de Saint- Yves ; 
le 28 Mars 1727, W^^ Anne de Coetlosquet fait aban- 
don de ses prééminences à l'autel de Saint-Roch ; 
le 27 Mai 1727, le Cbapitre de Léon a consenti à la 
démolition des autels de Saints Cosnie et Damien, 
Saint-Jean et Saint -Derbot ; le 14 Janvier 1728, 
M. le Grand de Tromelin, archidiacre, faisant pour 
M. de Montigny, propriétaire de Pennanru, a con- 
senti à la démolition de l'autel de Sainte-Anne ; le 
16 Juillet 1728, M^^ de Kersaintgilly de Kerenes a 
consenti k la démolition de l'autel de Saint-Fiacre, et 
M. de Poussiguon, procureur du Séminaire, titulaire 
de la chapellenie de Saint Sezni, consent à la démo- 
lition de l'autel de Sainte-Marguerite et Saint-Sezni. 
Les services de ces chapellenies seront desservis au 
maltre-autel ou à l'autel de la Trinité. 

H 



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m LA CATH&DRALB 

La tour du Creisquer ne possède plus de cloches ; 
mais avant la Révolution, elle avait une belle son- 
nerie composée de quatre cloches, dont nous trou- 
vons la description suivante dans un procès-verbal 
de 1720 (1). 

« La grande cloche a été faite en 1636, on lit 
autour : J. M. nommée par N. et V. Mettire Reni 
du Louet 8" de Kerliviau premier dignitaire officità 
et chanoine de Léon et H^ et PU dame Margueritt 
Barbier dame de Kerlean, Lannuzouarn et Penmarch 
N. André de LanvilUeau gouvem' de Oresker, Claudt 
Bernard prêtre sacrigte. Laquelle cloche est hors de 
service pour être entamée et cassée. » 

Les notaires rédacteurs du procès-verbal décla 
rent ensuite que « la seconde cloche est bonne pour 
le service, que la troisième est hors de service, sur 
laquelle il y a un écriteau en lettres grecques. La 
quatrième, hors de service également, où il y a un 
écriteau en lettres gotliiques », que sans doute les 
notaires n'ont pu déchiffrer, car ils ne nous en don- 
nent pas le tekte, ce qui nous permet de supposer 
qu'ils ont pris pour du grec l'inscription de la troi 
sième cloche, écrite en latin avec des caractères go- 
thiques elTacés ou d'une forme plus archaïque. 

Le titre le plus ancien que nous puissions citer 
touchant la chapelle du Creisquer, est la fondation, 
en 1393, de la chapellenie de la Trinité par vénéra- 
ble Missire Yves de Ploelan (2). 

(1) G. 307. 

(2) G. 3i2. 



DB BjtlNT-POL DK htOS 163 

En 1616, Missire Guiscanou, s" de Kerincuff, gou- 
verneur de Creisquer, fondait « le pseaume Depro- 
fundia en musique ou en plein-chant devant le 
mattre-autel du Creisker, à l'issue de l'hymne et 
complainte de Notre-Dame appelée le Stabat Mater, 
durant le Carême, que les maîtres, suppôts et musi- 
ciens (de la Cathédrale) ont par dévotion coutume 
de venir chanter en la dite église à l'issue des com- 
plies, et après ce, fera le gouverneur sonner une 
des cloches de la grande tour de la dite chapelle 
pour la salutation angéliqueàla mode accoutumée». 

Le 15 Août, c'était tout le Chapitre avec les 
« suppôts M de la Cathédrale qui venaient procession- 
nellement au Creisquer, à Theure des vêpres, après 
lesquelles le gouverneur devait leur fournir en col- 
lation « deux pots de vin, deux sols de pain et deux 
plats de fruits, soit une dépense de 4 livres ». 

La chapelle du Creisquer servit de chapelle au 
Grand-Séminaire de Léon jusqu'à la Révolution. 
Une passerelle conduisait du Séminaire au Creisquer 
par-dessus la rue Cadiou ; mais en 1773, cette pas- 
serelle fut détruite et remplacée par un cheipin 
voâtéqui passait sous le pavéde la rue|l). Le Creisquer 
sert depuis au collège communal, et a été restauré 
à diverses reprises. Le 15 Juin 1807, par décret daté 
du camp de Friedland, les matériaux de l'église des 
Minimes étaient accordés pour la restauration du 

(1) Ogse. 



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164 LA. OATHÉDRALS 

clocher « à raison de l'importance de la conserva- 
tion de cette tour pour la marine, car placée en vue 
de l'entrée de la Manche, elle est un point remar- 
quable de reconnaissance pour les vaisseaux, et son 
écroulement serait considéré comme un événenlent 
funeste à la navigation dans ces parages » (1). 

Dans ces derniers temps, d'heureux travaux de 
restauration et d'embellissement permettent d'ad- 
mirer dans toute sa perfection ce chef-d'œuvre d'ar- 
chitecture. 



2= Saint-Pierre. 



Cette chapelle n'était pas le siège de la paroisse 
du Minihy dite de Saint Pierre, mais un bénéfice 
sans charge d'âmes, appelé Gouvernement de Saint- 
Pierre, et qui était souvent donné à des étrangers. 

On lit dans l'histoire manuscrite de M, le prési- 
dent de Robien, nous dit M. de Kerdanet {2), « que 
les pierres de taille de la tour de la chapelle de 
Saint-Pierre, à Saint-Pol, étaient couvertes de carac- 
tèi^s armoricains ou celtiques et que le dérange- 
ment des lettres prouvait que les pierres prove- 
naient d'un ancien édifice construit par les celtes n ; 
quoi qu'il en soit de cette assertion, il est certain 
que la chapelle Saint-Pierre était ancienne, et son 



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DE 8A1NT-P0L DE LÉON 165 

ancien cïocher, que l'on voit figurer sur le tableau 
du Rosaire, à la Cathédrale, porte les caractères du 
xv« siècle. 

Voici la description de cette église d'après i'en- 
quète de 1698 (1} : 

M L'église située au quartier de Trégondern est 
grande, ayant deux croisées (bras de croix), ua 
mattre-autel et vingt autresautels tantdans lesdiles 
croisées que le long de la nef. L'église est pavée de 
pierres tombales. Joignant l'église, il y a un grand 
cimetière muré contenant de circuit au dedans plus 
de 600 pas et autour du cimetière il y a treize reli- 
quaires de pierre de taille ; le dit cimetière est pres- 
que entouré de pierres tombales; il y en a même 
quantité d'autres hors le même circuit ; il y a quan- 
tité de petits bénitiers proches les dites pierres 
tombales; il y a aussi quatre chapelles autour du 
cimetière, dont l'une est en ruine ; il n'y a pas d'au- 
tre cimetière dans tout le Minihy, excepté à Rosco 
et Santec », 

A cette époque, le sieur Pichard, clerc tonsuré, 
" fils du sieur de Quermerio Pichart, maire et séné- 
chal de S* Paul, était titulaire de l'église cimetière 
et gouvernement de S' Pierre ». 

<( Toutes les vitres de ladite église sont délabrées; 
dans la croisade au Midi il y a une grande rose de 
pierre de taille sans vitrage. Le bas de l'église sert 
de magazin pour y serrer les aflus de canon. Dans 

(1) R. G. 310. 



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166 LA CATHÉDRALE 

le cimetière se fait l'exercice des armes publique- 
ment tant des troupes qui viennent au quartier de 
S' Paul que de la milice du dit St Paul, n 

3- Notr«-Dame de Confort. 

<i Dans le cimetière de l'église de Saint-Pierre (1) 
il se voit UQ oratoire à part joignant l'église, gamy 
d'un autel fort dévot et dessus il y a une belle image, 
fort ancienne de N,-D, de Consolation, à laquelle 
autrefois on avait une grande dévotion, et l'on y 
célébrait pour l'ordinaire grand nombre de messes 
pour le soulagement des âmes du purgatoire, u 

C'est sans doute de cette chapelle qu'il est ques- 
tion dans le Bulletin archéologique (2). 

« 11 y avait dès 1524, une chapellenie dite de N. D. 
de Confort, inter duo osaaria pro leprotiê, desservie 
dans une cbapelle située dans le cimetière Saint- 
Pierre, châtiée d'une messe par semaine lorsqu'il 
y avait des ladres dans le Minihy de Léon, ii 

4° Sainte-Catherine. 

Chapelle située au cimetière de Saint-Pierre, siège 
d'une chapellenie dont était titulaire, en 1641, Jean 
de Silguy. Elle avait été fondée par les sieurs de 



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DE SAlNT-POlj DE LËON 167 

Kermorus de Penfentenyo, qui en étaient les présen- 
tateurs; mais la chapelle étant en ruine dès 1698, 
la desserte de cette chapellenie fut transférée au 
Creisquer (1). 

5° Saint-Nicolas. 



Chapelle voisine de l'église de Saint-Pierre, où se 
tenait la Congrégation des hommes depuis 17S4. 

Il y avait, de plus, au cimetière de Saint-Pierre, 
deux autres chapelles, mais, dit l'enquête de i698, 
elles avaient plutôt la forme d'oratoires, « n'étant 
fermées du côté du Couchant que par de simples 
balustrades en bois ». 



6o Les Carmes m. 

Ce couvent fut fondé par Jean V (Jean IV), et 
Marie d'Angleterre, sa femme, en 1348, « encore à 
présent, on voit en la grande vitre de leur église 
les représentations des dits ducs et duchesse, néan- 
moins les seigneurs de Kermavan, grande et an- 
cienne maison du dit Évêché (on prononce à présent 
Kerman ou Carman), s'en disent fondateurs, et 
véritablement s'ils ne le sont, ils ont été si insignes 
bienfaiteurs, qu'ils en ont toutes les marques : armes 



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168 LA CATBiDRALE 

en la grande vitre, tombeau élevé au milieu du 
chœur, ceinture ou liziere d'armes dedans et dehors. 
Le chœur de leur église fut fait et fermé de chaises 
et de menuiserie du temps de Guy le Barbu, évéque 
(1383 1410}, car sur la porte d'iceluy se voient qua- 
tre écussons, scavoir : d'un côté celui du dit évoque, 
et auprès celui du seigneur de Penhoet, et de l'autre 
ceux du seigneur de Kermavan et du seigneur de 
BoiséoD n. 

« Hervé de Kersulguen, seigneur de Kergoff (1) 
pour le manoir de Kergo a aux Carmes, un escabeau 
dans le chœur, attaché à la clôture jouxte le premier 
pilier du côté de l'Évangile, — item dans le cloître 
du dit couvent, au coin suzain devers midy, en la 
chapelle nommée Christ il a quatre tombes et esca- 
beau avec ses armoiries. » 

Cette chapelle, reconstruite en 1618, restaurée en 
1778, fut démolie vers 1830 (2). 



7> l-«s MfnimeB. 

Fondés par Prigent Le Ny, chanoine trésorier, 
recteur de Plougoulm, et par les habitants de Saint- 
Pol, qui, dès 1620, donnèrent 6,000 1. pour cons- 
truire la communauté et la chapelle qui fut dédiée 
à S. François de Paule et à S^ Geneviève (3). 

(1) G. n. 

(3) H. 1B5. 

(S) Archives de l'Ëvâcbé. 



p:h»Got)gle 



DE SAIKT-POL DE LÉON 169 

En 1769, cette communauté ne comptant plus que 
trois religieux, elle fut dissoute pdr autorité royale, 
et les religieux transférés à Saint-Fiacre, en Plourin- 
Morlaix. II fut alors question d'établir dans la com- 
munauté des Minimes une maison pour recueillir 
les prêtres âgés et infirmes; mais nous n'avons pu 
constater si ce projet avait été mis à exécution. 
Cette chapelle possédait une belle descente de croix 
d'après Rubens, qui se voit actuellement au Musée 
départemental. 



Cbapelle fort ancienne, près le cimetière de Saint- 
Pierre; il en est question en 1477, lors de l'entrée 
solennelle de Mgr Michel de Guibé, évéque de Léon. 
N'existe plus, 

9° Mouster Paul. 

Existait au xvi« siècle, entre Saint-Pol et Roscoil. 
Il n'en reste plus trace. 

10' Notre-Dam« de Bonne-Nouvelle 
ou de Pi<atcuiq. 

« Proche la ville du costé de l'Occident (i), la 
chapelle de N.-D. de Bonne Nouvelle, où se tient le 

(1> Père Cyrille, p. 498. 



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170 LA CATHEDRALE 

collège pour l'instruction de la jeunesse ; elle estait 
autre fois fort dévotement fréquentée lorsque le 
commerce d'Espagne florissait aux bourgs de Pen- 
poul, RosgofI et Ponldu, et encore maintenant, les 
habitants de la ville ne la peuvent oublier ni perdre 
de Tue lorqu'ils se trouvent pressés de quelque cala- 
mité publique, u 

M. de Kerdanet ajoute en note : « On n'en voit 
plus que les ruines, près du manoir de Penan- 
rue. H 

La première nomination du scholastique ou prê- 
tre chargé de l'école date de l'année 1580 (1), « il tint 
l'école en une chapelle dite de Notre-Dame de Prat- 
cuiq ou Bonne- Nouvelle, qui se trouve à quelques 
âOO pas loin des dernières maisons de la ville, du 
cdté du Couchant, et qui est à présent interdite et 
abandonnée » (2). 

Le 4 Septembre 1640, cette chapelle fut reven- 
diquée par des particuliers qui n'entendaient pas 
qu'elle servît désormais de classe. « L'école conti- 
nua cependant de s'y faire jusqu'au 6 Mai 1681, jour 
auquel les habitants de Saint-Pol, avertis par le 
S" Évéque, qu'il était dans le dessein d'empêcher 
qu'il ne se tint plus d'école dans la dite chapelle, 
pour éviter plusieurs inconvénients, firent la cen- 
sive d'une maison à four dépendante du Séminaire, 
alors régi par des prêtres du diocèse. » Ce fut l'ori- 
gine du collège actuel. 



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De 9AINT-P0L DE LÉON 171 

Le 8 Septembre 1739, M»' Jean-Louis de la Bour- 
donnaye érigea une congrégation de la Sainte-Vierge 
pour les hommes, et leur donna la chapelle de Prat- 
cuiq pour lieu de réunion. En 1734, te siège de la 
coQgrégatioi) fut transféré à la Ëhapelle de Saint- 
Nicolas, joignant Saint-Pierre. 

Cette congrégation d'hommes, supprimée le 23 
Juin 1791, fut rétablie le 15 Janvier 1815. 



11° Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. 

Autre chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nou- 
velle (1), i< entre la ville de Saint-Paul et le bourg 
de Roscol!, non loin d'une chapelle qu'on nomme 
Mouster - Paul, sur le bord du grand chemin. Elle 
est assez fréquentée de tous les passants. Elle est 
située au village de Lagat-Bran ». 

1 2» Notre-Dame de Lorette, 

DANS LE Cimetière du Couvent des Carmes (1607). 

(I Ce sacré lieu (2) est iort visité de tous les pas- 
sants. MM. delà Cathédrale de Léon, touttes les fois 
qu'ils viennent en procession à ce monastère, sor 
tant de l'église, s'arrestent par dévotion, devant 



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172 LA CATHËDRALE 

cette petite chapelle pour chanter une antienne en 
riionneur de la très immaculée Vierge. >) 
Chapelle démolie avec le couvent, vers 1830. 



13» Notre-Dame de Kersaliou CI. 

Notre-Dame de la Clarté, à Kersaliou, sur le che- 
min de Saint-Pol à RoscofF, petite chapelle sur une 
petite colline proche le manoir de Kersaliou. 

(I Les nautoniers de ce pays se trouvans jetiez à la 
coste, sans bonnement connaistre l'endroit où ils 
sont, et se voyant couverts et accablés de brouées 
et obscurités, ayant imploré l'assistance de la Vierge 
saincte, et fait promesse de visiter ce petit oratoire, 
se sont vus souvent délivrez de plusieursdangers et 
de faire naufrage. » 

Cette chapelle est signalée comme existant encore 
en 1856. 

14° Saint-Roch et Saint- Sébastien, 
près Rosooff. 

L'érection de cette chapelle, nous est connue par 
la délibération du général du Minihy, le 11 Juin 
1600 (2) : (#Au mois de Décembre 1598, les dits habi 
tants auraient, obstant la contagion qui lors y était, 
par dévotion singulière pour la conservation du 

(1) Père Cyrille, p. 499. 



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DE 8iJNT-P0L DE LÉON 173 

péril qui estait au dit temps, eu éminent danger de 
mourir sans administration des S" Sacrements et 
après la mort de venir carents de sépulture en terre 
benoiste, et n'avoir aucun endroit de ce faire aux 
bons catboliques romains pestiférés ou à pesliférer 
quand N. S. tout puissant rendra les dits habitants 
présents et à venir affligés en telle punition, fait vœu 
et offrande de prendre et acquérir pardeniers com- 
muns daulmônes, une pièce de terre afin de la bénir 
pour servir Dieu sous l'invocation de MM. S* Aoch 
et S. Sébastien pour y faire une chapelle et enseve- 
lir les cadavres pestiférés. Mgr de Neufville a arrêté 
la construction de la dite chapelle, et assigné le jour 
de demain (là Juin 1600) pour la bénédiction de la 
première pierre. » 

15° Saint-Roch. 

Une seconde chapelle dédiée à saint Roch fut 
contruile près de Saint-Pol, en 1630, pour le service 
des malades de l'hôpital bâti à cette époque pour 
recueillir les pestiférés. Voici quelques-unes des 
délibérations prises par la maison de ville à cette 
occasion (1) : 

{( Le 2 Septembre 1629, a été remonstré que la 
maladie contagieuse a prins en ville de Morlaîx et 
de Landeme, et arrivant que la ville de S' Paul 
serait atteinte de la même maladie faulte de maison 

(I) Registres de la muoicipalité de Saiot-Pal. 



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174 LA CÀTHtDHALC 

pour recepvoir les malades, la ville eeraît en danger 
d'ôtre désertée, il serait en conséquence nécessaire 
d'advlser et délibérer pour la construction de la 
maison de santé, disant (le procureur syndic) avoir 
fait tirer et rendre sur ce lieu, quantité de pierres à 
à la dite fin, offrant de faire travailler dès les pre- 
miers jours, pour l'édification de la dite maisoa et 
de la chapelle qui sera construite en l'honneur de 
Dieu et de Monsieur S' Roch, ainsi qu'il a été ci- 
devant délibéré. » 

Le 4 Août 1631, la chapelle n'est pas encore cons- 
truite, et cependant le mal de conta^on menaçant 
toujours Saint-Paul, l'on prend les mesures les plus 
énergiques pour éviter tout contact avec les locali- 
tés contaminées. « Sur ce que le procureur syndic a 
remonstré la maladie contagieuse estre en la ville 
de Morlaix, proche de cette ville de trois lieues, et 
que les habitants du dit Morlaix fréquentent et han- 
tent journellement cette ville, ont esté les habitants 
d'avis, deffense estre faite aux habitants de cette 
ville de quelque condition que ce soit de loger et 
bailler retraite à ceux du dit Morlaix, Plougaznou 
et autres lieux suspects de contagion, n 

Ce ne tut que l'année suivante, 6 Mars 1632, que 
M. le chantre, u en l'absence de Monseigneur l'Évê- 
que lut prié de mettre la première pierre en la cha- 
pelle de S^ Roch en la maison de santé ». 

Le 5 Juillet 1632, la chapelle s'achève et on décide 
que « l'on mettra au pignon de la chapelle S' Roch 
les armes du Roy et à cdté celles de Messire Rolland 



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DB BAINT-POL DE LAOK 175 

de Poulpiquet, sieur de Feunteunspeur.qui a donné 
le fond ». 

Cette chapelle de Saint-Roch se voit en perspective 
dans le tableau du Rosaire de la Cathédrale. 



16« Hdpltal Saint-Yves. 

L'hôpital sous le patronage de Saint- Yves existait 
avant 1498 (i). En 1650, « les seigneurs de Kerma- 
van et de Kergournadec'b y avaient de belles mar- 
ques de bienfaiteurs ». 

17* Chapelle Sa|nt-Nep. 

Chapelle voisine de la chapelle de Saint-Yves, 
n'existe plus. 

18° Saint -Vepnal. 

Cette chapelle se trouvait entourée d'un petit cime- 
tière, sur la route de Landivisiau. 

lO" Saint-Ënéoc. 

Nous avons trouvé mention de cette chapelle dans 
une pièce du xvn« siècle. 



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176 LA OATHÉDBAIiB 

20° Sainte-Anne. 

En 1640 (J), « non loin de la petite lie qui n'est 
quasi qu'un rocher, le Père Maillard, Carme de 
Saint -Paul, viei et atlaibli de ses longs travaux, 
restaurateur de son couvent, pour prendre quelque 
repos ou plutôt pour vaquer plus librement à la vie 
solitaire et érémitique, a bâti un petit ermitage et 
une chapelle dédiée à S^^ Anne à l'aide de René du 
Louet de Coetjunval, chantre (plus tard évêque de 
Quimper), dans la terre duquel il est bâti ». Cette 
petite chapelle n'existe plus, mais de ses ruines on 
a relevé un petit oratoire sous le même vocable, au 
manoir de Kerom. 

2i' Saint-Michel. 

Cette chapelle, appelée du Mont Saint-Michel ou 
de Creach-Mikel, était située près de Pratcuiq. Les 
seigneurs de Penhoet en étaient fondateurs. Nous 
avons dit qu'en 1628, le Chapitre s'y rendit en pro 
cession pour rendre grâces à Dieu de la prise de La 
Rochelle. 

220 L'Ëvdohé. 

Dans le palais épiscopal était une chapelle, dans 
laquelle se faisaient assez souvent les ordinations. 

(1) BiblioLhèquG nttioD., loc. cil. 



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DE BAINT-POL DE LÉON 177 

Sous l'Empire, l'Évêché était destiné au .logement 
du sénateur titulaire de la sénatorerie de Bretagne, 
M. Cornudet. De 1820 à 1827, il fut occupé par les 
Religieuses de la Retraite ; on y compta six cents 
Iiommes à la première retraite qui y iut donnée, 
sous la présidence de M. Le Gofl, curé de Saint-Pol, 
si bien que les exercices avaient lieu à la Cathédrale. 
De 1827 à 1837, le palais épiscopal, sous la direc- 
tion de M. Bohic, servit de maison de retraite aux 
prêtres âgés et infirmes. 

23° Saint - JosepK.' 

La propriété de Bel-Air fut acquise en 1837 pour 
servir de maison de retraite aux prêtres, et la cha- 
pelle actuelle, construite en 1846, fut couronnée de 
l'ancien clocher du couvent des Ursulines. 

24" Saint-Jean. 

Une chapelle de Saint-Jean et de Saint-Sébastien 
tut élevée près de la chapelle Saint-Pierre, vers 1520. 

26° La Retraite des femmes. 

Les dames de la Retraite, établies à Saint-Pol par 
les soins de Mgr Pierre le Neboux de la Brosse, dès 
le 1" Décembre 1680, acquirent du S' de Pennanru, 



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178 LA CATHËDBU.B 

pour la somme de 1700 liyres, le 14 Décembre 1686, 
une métairie noble appelée la Orange, rue Baz, pa- 
roisse Saint-Jean, <i donnant du pignon Occidenlal 
sur la dite rue et au Midy sur la vanelle qui mène 
de ta rue Baz à la croix et au couvent des Ursulines ». 
Le prix d'acquisition lut payé par Mgr de Léon qui, 
par acte du âS Juillet 1693 (1), demandait en retour 
« que la messe du dimanche de chaque retraite, tant 
bretonne que française, sera dite à notre intention, 
et que tant qu'il plaira à Dieu de nous laisser en vie, 
le prêtre qui aura célébré cette messe dira en se 
retirant de l'autel, à genoux sur le marcbepied, ces 
paroles : Dieu donne A notre Évêque les gtâces qtii 
lui sont néceesaires, et les personnes qui feront U 
retraite répondront : Ain»i »oit-il. Si la retraile est 
de femmes qui n'entendent que la langue bretonne, 
ces paroles seront dites en cette même langue. Et 
aprèsqu'il aura pluà Dieu nous retirer de ce monde, 
le prêtre dira au même endroit : Dieu donne à Pierre, 
et/ devant Évêque de ce diocèse, le repos étemel, et 
les femmes retraitantes répondront : Ainsi soit-il *■ 

Les dernières Religieuses, expulsées en 1193, 
étaient : 

Marie-Anne Jacquette de Matliézou, 

Marie Josèplie-Renée de Mathézou, 

Pétronille de Kerguélen, 

Marguerite de Kei^uélen du Meudy, 

Mirtille du Plessis, 

(t, H. 213. 



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DE 8A1MT-P0L DE L±OM 179 

Ma rie -Jacquette- Charlotte Mathézou de Kerveni- 
gant, 

Françoise- Nouel de Kersalaun, 
Marie- Renée de Larcbantel. 

26* Les UpBUlInes. 

La fondation de la maison doit être attribuée k 
M"" Anne de Perrien, douairière de Trévigner, dont 
deux des filles étaient religieuses Ursulines à Tré- 
guier. Sept religieuses de cette communauté arrivè- 
rent en conséquence à Saint-Pol, le 9 Septembre 1629, 
et le lendemain leur chapelle fut bénite par le R. P. 
Bony, jésuite. Dix ans plus tard, le monastère fut 
établi en un lieu plus convenable, et la nouvelle 
chapelle lut dédiée à Notre-Dame de Vrai-Secours, 
à raison de l'image miraculeuse d'une madone don- 
née à la Communauté par un sieur t< Tanguy de 
St George, commandant un vaisseau lors de la prise 
des lies S^" Mai^ueritç ». Voici, d'après les Annales 
des Ursulines, comment ce capitaine était devenu 
propriétaire de cette statuette de la Viei^e : 

« Comme les soldats étaient occupés au pillage, un 
capitaine hérétique se saisit d'une image de ta St« 
Viei^e qu'il trouva dans le trésor d'une église, et la 
jeta par terre pour en retenir la châsse, qui était 
toute d'or, ce que voyant le seigneur de S'-George, 
il la releva de terre pour la garder avec honneur, 
ensuite de quoy prenant congé du capitaine hu- 
guenot, il l'embrassa, et comme leurs têtes étaient 



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180 LA CATH&DKALB 

jointes ensemble, celle de l'hérétique fut emportée 
d'un coup de canon qui tua encore un homme qui 
le suivait, sans, que le sei^^eur S'-George reçut 
aucun mal. 11 s'en crut entièrement redevable à 
N.-D. et médita à son retour de faire rendre à son 
image tous les honneurs qui seraient en son pouvoir, 
vu même que par sa protection il avait échappé 
plusieurs autres périls pendant son voyage. Pour 
cette fin il la donna à ce monastère, lequel en reçoit 
de très grand bien et tout le pays aussi, u 

Le 9 Mars 1792, les religieuses Ursulines furent 
expulsées de leur communauté pour n'y plus rentrer, 
car lors de leur reconstitution au Concordat, elles 
s'établirent dans l'ancien Séminaire, près le Créis- 
quer. Le clocher de leur ancienne chapelle a été 
transféré sur la chapelle de la maison de retraite 
des prêtres âgés et inrirmes. 

27° Cpoaz'Baz. 

Notre-Dame de Croaz-Baz, à Roscoff, dont la tour 
porte la date de 1503, chapelle de la paroisse de 
Toussaints, érigée en succursale de cette paroisse du 
Minihy, vers 1590. 

28" Saint-NInien. 

Chapelle fondée en l'honneur de S. Ninien ou de 
S. Dreignon, en 1548, à l'endroit où débarqua Marie 



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DK 8AINT-P0L DE I,ÉON 181 

Stuart venant épouser François II, C'est dans cette 
chapelle, dite depuis de la Sainte-Union, que fut 
fondée en 1629 une confrérie ou association ayant 
pour but de prévenir ou de terminer les procès par 
voie d'arbitrage. 

29* Sainte-Anne. 

Nous trouvons mention de cette cbapelle à Roscofl, 
en i667 (1), fondée par Loïs Roiniant. 

30° Saint-Nicolas. 

Chapelle de l'Hôpital, dès 1603. 

31* Saint-Charlea Borromée. 

Chapelle appartenant aux Coetlosquet (1703), au 
terroir de Querigou, en Trefgondern. 

32° Les Capucins. 

Chapelle fondée en 1615. Les Capucins rendirent 
les plus grands services à tout ce pays, jusqu'à la 
Révolution. 



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LA. C&THtDBALK 



330 Sainte-Barbe. 



Chapelle «nouvellement édifiée (en 1619) lès le 
boui^ de Roscofi, pour au dit moyen de l'interces- 
sion de la dite Sainte supplier la Divine Bonté de con- 
server le peuple tant du Minihy que de toute la chré- 
tienté des incursions des pirates et autres ennemis 
de l'Église ))(1)- 

34» Sainte- Brigitte. 

Chapelle du cimetière de Roscofi (1698), faisant 
pendant au joli reliquaire que l'on y remarque 
encore transformé en chapelle. 

35" Santeo. 

Ancienne chapelle de Saint-Adrien, dépendante 
de la paroisse de Saint-Pierre, érigée en succursale 
de cette paroisse le 30 Avril 162i (2). 

36> Saint'Hiec. 

« En la paroisse de S. Pierre est une cornière de 
terre jadis attachée à la terre, maintenant séparée 



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DE SAINT-FOL DE LÉON 183 

par le flux de la mer, appelée lie Hyec, où il y a 
une petite chapelle dédiée à Monsieur Saint Hiec » 
(1623} (1). 

Cette chapelle est appelée encore Hyrec ou Herec 
ou lec, et sans doute que le nom actuel de l'Ue, Siec, 
vient de ce que sur les cartes on n'aura pas mis un 
point entre S. et le nom du «aint, lEG. Les sieurs 
de Jacobin y avaient droit de prééminence à cause 
de leur manoir de Keramprat. 

Comme on peut s'en convaincre par cette longue 
énumération, le nombre des chapelles du Minihy 
était considérable, si l'on songe surtout que, pri- 
mitivement, elles appartenaient toutes à une seule 
et même paroisse. 



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LA OATHÉDBALB 



LES CÉRÉMONIES A LA CATHÉDRALE 



1* Prise de possession 
de Mgr Guy Le Clerc en l'Ëvèché de Léon 

(51" ÉïÉQUE *DE LioN, 13 Mai 1520) (D 

In Noniine Domini, amen. Per hoc presens publi- 
cum instrumentum cunctis pateat evidenter et sît 
notum quod aonoa Nativitate ejusdem Domini mîl- 
lesimo quingentesimo vicesimo, indictioae octava, 
die vero Dominica, décima tertia measis Maii, pon- 



Au nom du Seigneur, ainsi soit-il. 

Sachent tous que l'an de la Nativité du Sauveur 
1520, !e dimanche 13 Mai, année vin« du Pontificat 
de Notre Très Saint-Père le Pape Léon X, en pré 

sence de nous, notaires soussignants, s'est présenté 

(I) Dom Morice » donné cet acle dans ses Preuves de l'Histoire 
de Bretagne, mais ua tronquant le teite en bien des poiols, sur- 
tout dans la deroièi'e partie. Nous publions cette piÉne sur une 
copio collalionnâe au xviii* siècle, conservée hui Archives de 
l'Evêché de Quimper, eo y ajaulanl une large traduction du teite 



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DE SAINT-POL DE LÉON 185 

tificatus Sanctissimi in Christo Patris et Domini 
nostri Domini Leonis divina Providentia Papae de 
.cimi, anno octavo ; in nostrorum notariorum tes- 
tiumque infra scriptorum ad hoc vocalorum specia- 
liter et rogatorum presentia, personaliter constitutus 
Reverendus in Christo, Pater et Dominus Dominus 
Guido Le Clerc miseratione Divina et Sanctfe Sedls 
Apostolics gratia Episcopus Leonen. qui vestigiis 
suorum predecessorum Leonen. Episcoporum in- 
hœrendo, laudabilesque et antiquas consuetudines 
ac usus, mores et ritus suorum anle hac predeces- 
sorum in eorum primariis et jocundis adventibus 
in ipsorum civitate et ecclesia Leonensi hucusque 
inviolabiliterobservari et teneri solitosobservando, 
suum in suis civitate et ecclesia Leonensi fecit pri- 
marium et jocundum adventum ingressumve, seu 
introitum modo et forma sequentibus : 

Et primo applicuit prefatus Reverendissimus Pater 
in magua et notabili quaterva magnatum et nobi- 



Révérendissirae Père en Dieu Guy le Clerc, par la 
miséricorde de Dieu et la grâce du Saint-Siège, 
Évêque de Léon, qui pour se conformer aux anciens 
usages constamment observés par ses prédécesseurs 
lors de leur Joyeux avènement dans leur ville épis- 
copale, a' voulu, à leur exemple, faire sa première 
et solennelle entrée en la forme qui suit : 

D'abord, le Prélat, avec une suite nombreuse, est 
arrivé au faubourg de la ville, près le cimetière de 



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186 LA CATHÉDRALE 

lium et uliorum proborum virorum prope cimete- 
rium eccle^iœ S" Pétri in suburbiis hujus civitatis 
Leoaensis silce, io itiDere quod ducit de ecclesia 
B. M. MagdaleuEB ad dictam ecclesiam S^' Pétri et 
prope fines dicti cimeterii, et cujusdam capeDœ 
inibi ad laudem et honorem Sanctorum Joaanis et 
Sébastian! novaliter in eisdem fînibus dicti cime- 
terii constructffi, ad queni locum etiam accessit 
nobilis scutiler Carolus de Kermavan, equester, do- 
miaus de Penanbnech, frater et procurator ac eo 
Domine nobilis ac potentis viri Tanguidi de Kerma- 
van, Seisploë et Lesquelea locorum et manerioruni, 
etc. Domini tune absentis, ut fertur, in regia curia, 
et predictum Carolum idem Rev. in Christo Pater 
interpellavit et monuit quatenus de equo descende- 
ret, ipsumque Rev. in Christo Patrem per frenum 
suae mulae usque ad ecclesiam S" Pétri conduceret 
prout alias in consimili actu per predecessores acte 
dicti domini de Kermavan fueratet erat consuetum 



l'église de Saint-Pierre, sur la route qui conduit de 
la Madeleine à cette église, non loin d'une extrémité 
du cimetière où se trouve la chapelle nouvellement 
élevée en l'honneur de S' Jean et de S' Sébastien. 
Lk s'est alors présenté noble écuyer Charles de Ker 
mavan, chevalier, seigneur de Penanech, frère et 
comme procureur de noble et puissant Tanguy de 
Kermavan, seigneurde Seisploë et Lesq uelen, absent, 
et immédiatement le Révérend Père en Dieu a fait 



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DS BAINT-POL DE LÉON 187 

et observatuin. Qui quidem Carolus de Kermavao 
ut procurator ipsius Tanguidî sui fratris faujusmodi 
monitioiiî et interpellationi prelibati Rev. in Chrislo 
Patris humillterobtemperando, de equo suo decea- 
dit et capite discoperto cepit per frenum mulani 
dicti Rev. Patris, ipsum que Rev. in Chriato Patrem 
pedestrîs coaduxit de dicto loco usque ad porticum 
ecclesiœ S'' Pétri, prope quam porticum, eodeDi Rev. 
in Christo Pâtre de equo descendente, idem Carolus, 
procurator prefatus, tenuit stipodium seu strepam 
dextrain sellée prelibati Rev. in Christo Patris dum 
descendebat et postquam ipse Rev. in Christo Pater 
prout premittitur de equo deseeoderat, aniedictus 
Carolus ut procurator prefatus et eo nomine cepit 
et secum duxit mulam ipsius Rev. Patris quani illuc 
usque equitaverat, et eamdem suo famulo ibidem 
existent!, ipse Carolus ut procurator et nomine ante 
dicto ipsam mulam sibi, que supra nomine, custo- 
diendam tradidit, tanquam eidem Carolo nomine 



observer au dit Seigneur qu'il devait descendre de 
cheval, et prenant la mule du Prélat par la bride, le 
conduire jusqu'à l'église Saint-Pierre, comme ses 
ancêtres les seigneurs de Kermavan l'avaient tou 
jours fait. Obtempérant à cette injonction, Charles. 
de Kermavan, comme procureur de son frère Tan- 
guy, descendit de cheval et, la tête découverte, prit 
par la bride la mule du Prélat et le conduisit ainsi 
jusqu'au portail de iéglise Saint-Pierre où le dit 



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168 LA CATHÉDRALE 

predicto ratione et causa predicti servitii seu obse- 
qui pertinentem et statim post, idem Rev. in Christo 
Pater dictam porticum intravit, et in quodam sedili 
seu scamno, loco utique sibi preparato et decenter 
omato in eadem porticu eccîesiœ Beati Pétri juïta 
valvas ejusdem a parte dextra ingressus ipsius eccîe- 
siœ sedit ; in quo quidem loco, supradictus Carolus 
ut procurator anted ictus et eonomiiieamovitetde- 
posuit eidem Rev. in Christo Patri calcaria sua et 
deinde ocreas, ac etiam reinovit ipse Carolus ut 
procurator antedictus et eo nomine eidem Rev. in 
Christo Patri capellum seu capucium et pileuni,nec 
non mantelium seu claniidem quod seu quam etquos 
idem Rev. in Christo Pater deferebat et quibus in- 
duebatur, ipsaque calcaria, ocreas, capellum seu 
capucium, pileum ac etiam mantelium seu clanii- 
dem seeum tulit ipse Carolus antedicto nomiceutet 
tanquam sibi antedicti servitii seu obsequli ratioDe 
et causa debitos et pertinentes. 



seigneur de Kermavan soutint l'élrier droit de la 
selle au Seigneur Évêque descendant de sa mon 
ture ; mais en raison de ce service, le seigneur de 
Kermavan s'empara de la mule du Prélat et la remil 
à son valet ; cependant, le Seigneur Évêque entra 
dans léglise Saint-Pierre, et s'agenouilla ù Tenlréc, 
sur un prie-Dieu préparé au côté droit de la porle, 
puis s'assit sur un siège disposé et orné à cet eilet. 
Là, le seigneur de Kermavan, toujours au nom de 



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DB 8AINT-P0L DK LÉOK 189 

Consequenter vero prelibatus Rev. in Christo Pater 
ipsani ecclesiam S" Pétri intravil, et coram magno 
altari ejusdem ecclesiœ preces et oratioaes sécrétas 
in quodam oratorio seu scabello quoad hoc eidem 
Rev, in Christo Patri decenter ornato et preparalo 
genibus flexis, fudit hujusmodi ; quibus secretis 
oratioDÎbus per eum iusis, in eodem scabello sedit 
vocarique lecit nobiles et potentes viros dominos 
de Kermavan, de Coettivi, de Kerguern, de Pen- 
march et de Coetmenech et mox coram prelibato 
Rev. in Christo Pâtre comparuerunt prefatus Carolus 
de Kermavan dominas de Pennannech ut procurator 
ante dicti Tanguidi de Kermavan sui fratris primo- 
geniti domini de Kermavan, ac ipsius domini de 
Kermavan absentiam allegans, ac nobilis eliam scu- 
tifer Richardus de Coetenezre dominus de Pratmaria 
ut procurator et procuratorio nomine nobilis etiam 
et potentis viri domini Jacobi du Juch militis armiftœ 
miiitis du Juch, du Mur et de Coettivy locorum et 



son frère Tanguy, retira au Seigneur Évéque sa 
chaussure, ses bottes, sa coiflure et son manteau, 
desquels il s'empara à raison de ce service. 

Ensuite de quoi le Prélat s'avança jusqu'au maître- 
autel, oùayant prié quelque temps sur un prie Dieu, 
il s'assit sur un fauteuil, et lit appeler les nobles et 
puissants seigneurs de Kermavan, de Coettivi, de 
Kerguern, de Penmarc'h et de Coetmenech. A cet 
appel, apparurent bientôt devant le Prélat Charles 



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190 LA CATHârDHALE 

maneriorum, etc. Domini, ac pro se nobîlis scutiier 
Olivarius Kerneau de Kergueni et de Goatanrocb 
locorum eliam et maneriorum dominas, et nobilis 
scutifer Carolus de Penmarch doiuinus de Coetles- 
tremeur ut et tanquam procurator et procuratorio 
DomiDe nobiiis etiara et potentis viri domini Jacob! 
du Juch et Henrici de Penmarch et de Kerelleau et 
nobilis scutifer Petrus le Louet dominus du Plessis 
et de Coetjunval ut procurator et procuratorio no- 
mine nobilis etiam et potentis viri Francisci domini 
de la Feuillée, Langarson et de Coetmeuech locorum 
etiam et maneriorum respective domini. 

Qui quidem procuratores quibus supra et Qomi- 
nibus et de eorum procuratoriis seu mandatis res- 
pective prelibato coram Rev. in Christ© Pâtre in for- 
ma antenticu inductis, edocueruiit allegantes prout 
allegarunt aniedicto respective modo absentiam eo- 
nimdem domioorum de Kermavan, Coettivi, et 
Penmarch et Coetmenez, supplicantes et supplica- 



de Kermavan, seigneur de Pennanech, comme pro- 
cureur de son frère aîné, Tanguy de Kermavan, 
absent ; Richard de Coetanezre, seigneur de Prat 
maria, procureur du seigneur Jacques du Juch, che- 
valier du Mur et de Coettivy ; écuyer Olivier Ker- 
neau (Cornouaille) de Kerguern et de Coatanrocli 
(Bois de la Roche) ; noble écuyer Charles de Pen 
marc'h, seigneur de Coetlestremeur, procureur de 
Henri de Penmarch et de Kerelleau ; enfin, écuyer 



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DE SAINT-POL DE LËOK 191 

verunt eidem Rev. in Ghristo Patri ad occupandum 
pro eisdem dominis respective adniitti et recipi, et 
cui quidein suplicationi eorumdem procuratorum 
annuendo propter eorumdem dominorum de Ker- 
niavao, de Coettivi, de Peûmarch et Coelmeoecli 
nottoriam abseotiam e dîœcesi Leoneosi, fuerunt 
tiac vice dumtaxat dicti procuratores eorumdem 
respective dominorum, ad occupandum pro eisdem 
et exercenda pro eisdem respective officia in liujus- 
modi actu admîssi, per prelibatum inChristo Patrem 
de sua gratia hac vice dumtaxat et citra quidem 
suorum successorum Leonensium Episcoporum pre- 
judicîum ; quibus supra nominatis ante dictisnpmî- 
nibus respective, prelibatus in Christo Pater expo- 
suit quod ad eos, nominibus respective predictts, 
spectabat et pertinebat jus deflerendi quatuor postes 
suas catbedriB in suo primario ingressu, suarum 
civitatis et ecclesiœ Leoneasis dicta die, Altissirao 
iavente, fîendo ; ipsosque supradictis nominibus 



Pierre le Louet, seigneur du Plessis et de Coetjunval, 
comme procureur de noble et puissant François, 
seigneur de LafeuiUée, Langarsau et de Coetmenech. 
Lesquels procureurs, en vertu de leurs mandats 
respectifs, prièrent le seigneur Évêque de les rece- 
voir et agréer pour faire l'oliice de leurs mandants 
les seigneurs de Kermavan, Coettivi, Penmarcb et 
Coetmenecb ; le Rév. Père en Dieu, constatant l'ab- 
sence notoire du diocèse de Léon des dits seigneurs, 



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192 LA CATHËDBALE 

tanquam vassallos nobilesque suse diœcesis et eorum 
quemlibet prequisivit quatenus îpsum ac suam 
ecelesiam Leonensem ab omnibus et singulisoppres- 
sioQJbiis, vexationibus, violentiis el injuriis sibi et 
predîctœ suœ sponsœ Leonensi ecclesiîe perquos- 
cumque in futurum forsan fiendis preservarent 
sibiqiie quoad admmistraiidam justitiam ipsamque 
exequendam suamque ecelesiam deSendendam coad- 
juvarenl, quodque auxilîum et favorem quoad pre- 
missa prxstarent prout ad ipsorum quemlibet et 
pertinetjuxta juris dispositionem. Qui quidem pre- 
nominati, antedictis respective nominibus, preli- 
bato Rev. in Christo Patri responderunt quod in sibi 
possibilibus prompti et parati erant, seque oflere- 
bant obtemperaturos et obtemperare prefatae requi- 
sitioni antedicti Rev. in Christo Patris prout debe- 
bant et de jure tenebantur. 

Quibus sic ut premittitur actis, ipsi prenominati 
antedictis respective nominibus, certes dissentiones 



admit, pour cette fois seulement, leurs mandataires 
pour remplir l'office que les dits seigneurs lui de- 
vaient personnellement ainsi qu'à ses successeurs, 
en qualité de vassals nobles du diocèse de Léon, 
leur rappelant qu'en cette qualité c'était leur devoir 
de le défendre, lui et son Église de Léon, de toute 
oppression et violence. 

Ce à quoi les dits mandataires s'engagèrent, dans 
la mesure du possible. 



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DE 8AINT-F0L DE LÉON 193 

seu controversias super modo portandi seu deffe- 
rentli dictam calhedram habueruat, saltem habere 
voluerunt et super quibus quidem dissentionibus et 
coQtroversiis, ipsi prenominati aotcdictis Dominibus 
ad certain interse concordiam seu pactum devene- 
runt, prout in litteris pacti et concordi» hujusmodi 
hic interius in idiomate gallico insertis iatiuscouti- 
netur et est facta mentio et quaruin ténor de verbo 
ad verbum sequitur et est talis : 



En l'endroit s'éleva entre les dits seigneurs une 
contestation sur la préséance à observer pour porter 
la chaise de l'Évoque. Cette contestation fut termi- 
née par l'accord suivant : 

Pour obvier au différent que ce jour à l'entrée et 
réception du Révérend Père en Dieu, Gui, par la 
grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique, évêque 
de Léon, en sa cité et église du dit Léon s'est trouvé 
entre Charles de Kermavan S' de Peunannech, pro- 
cureur pour noble et puissant Tanguy S' de Ker- 
mavan de Seizploé et de Lesquélen son frère, h faire 
les services, honneurs et révérences que doit le dit 
S"^ de Kermavan au dit S^'' Évêque en son entrée, 
Richard de Coateznere S' de Pratmaria aussi procu- 
reur pour noble et puissant Jacques du Juch che- 
vallier S*' du Juch, du Mur et de Goettivi, nobles 
hommes OUivier de Comouaille S' de Kerguern et 
du Bois de la Roche présents en personne ; Charles 
13 



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194 LA CATBÊDRALB 

de Penmarch S' du Coetlez Tremeur procureur de 
noble et puissant Henri S'' de Penmarch et de I^ral- 
lau, Pierre Le Loet S' du Plessis et de Coatjuuval 
pour noble et puissant S' de la Feuillée, Langason 
et de Coetmenech, desquelles procurations ont les 
dicts procureurs et chacun respectivement apparu 
et informé devant mon dit S^'' et de leiir mande- 
ment et procuration a suffire sur le fait et préémi- 
nence de porter le dit Révérend Père en Dieu en sa 
chaire en sa ditte entrée et les différends qu'ils 
avaient sur les postes d'ycelle chaire, ont les dits 
nommés chacun es dits noms les uns stipulans et 
acceptans vers les autres respectivement voulu et 
accordé, et par cette le font, que le dit S*' Evoque 
puisse et pourra sans préjudicier aux droits ne pos- 
sessions des dites parties et es dits noms et pour 
cette fois pour obvier à leurs dits différends, de met- 
tre -et de présenter quatre gentilshommes pour 
porter le dit &' Ëvéque en sa ditte chaire en son 
entrée de la manière accoutumée en acquit et dé- 
charge des dits nommés seigneurs et es dits noms 
et chaccun sans que les dits commis et députés à 
cesle fois ne aucun d'eux, puissent en l'avenir à cause 
de ce, prétendre aucuns droits ne possessions au dit 
privilège et sans aussi préjudicier aux droits de 
mon dit seigneur et Révérend Père en Dieu ; en- 
suivant quoi le dit Révérend Père en Dieu a commis 
et député ô les dittes conditions et réservations 
Rolland de Quergorlay S' du Cleusou, Jehan Quelen 
S»'' expectant de Guernizac, Jacques Kerourfil S"' ex- 



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DX SAINT-POL DZ LËON 195 

pectaDt de Kerarhae6(l), Jehan Kerleroux S*'expec- 
lant de Kergualle, présents et qui ont porté ie dit 
seigneur en sa ditte chaire en acquit des dits autres 
sans préjudice leur porter que devant, et sauf à 
discutter de leur dit diiTérent par autre tems que 
appartiendra, ce que dessus tenir, fournir et contre 
ne venir, ont promis et gré, promettent, gréent, 
jurent et s'obligent par ces présentes, sous hypoté- 
que et obligations de leur bien et par leurs serments 
renonciants et renoncent chacun d'eux quand à ce, a 
jour juge parles(!2)exoines résumes (3) d'office avoir, 
demander et en user et à touttes autres dilations, 
exceptions et cavillalions quelle oncques nuisants 
et impechants {4) l'eflet ou enterinance de cette et au 
droit disant generalie renonciation non valloir et 
par leurs dits serments, ce fut fait et gré en l'église 
de S'-Plerre près S' Paul, par cour sécullière du dit 
SI: Paul à laquelle se soumettent les dites parties et 
chacune et es dits noms à tout le contenu en ceste 
ie dimanche 13" jour de May l'an 1520. 



(1) De Penanquer [Dom Borice). 

13) Parlier flild.J. 

(3) Remu flOidj. 

ii) Puisaautes empâcbur. 



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196 LA OATHiOBALE 

Sic signatum H. KersaintgiUy passe, À. du Foux 
passe. 

Et hujusmodi concordia superius inserta sic ut 
premittitur facta, prelibatus Rev. in Christo Pater, 
suis poDtificalibus indutus predictisque nobilîbus 
quampluribusque aliis in non numéro associatus . 
ab eadein ecclesia S'' Pétri ad predictum porticum 
ejusdem ecclesiœ rediit, in qua quidem porticu in 
cathedra sibi ad Tmein ipsum portaadi et de&erendi 
parata et ornata sedit, juravilque manu ad pec- 
tus posita, antedicto Carolo de Kermavan, nomine 
predicto pro se et aliis prenominatis stipulant!, sic 
etiam dicto procuratori ipsius domini de Coettivi, 
dicto domino de Ket^uern prose, necnon prenomi- 
natis respective procuratoribus ipsorum domiaorum 
de Penmarch de Coetmenach presentibus nobibibus- 
que dicte ecciesie Leonen. ipsis superius norainatis 
antedictis respective nominibus representantibus 
et pro ipsis acceptantibus, se jura ecclesis Leonen. 



L'accord étant conclu, le Rév, Père en Dieu, revêtu 
de ses ornements pontificaux, quitta le chœur de 
l'église de Saint-Pierre pour se rendre au portail, 
sous lequel était déposée une chaise k porteurs; il 
s'y assit et, la main sur la poitrine, prêta serment, 
devant les seigneurs qui devaient le porter, qu'il 
détiendrait les droits, franchises et libertés de 
l'Église de Léoo, et confirmerait les dits seigneurs 
dans toutes leurs anciennes franchises et libertés 



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DE 9A1NT-POL DE LÉON 197 

franchisiasque et iiberlates ipsius ipsosque domi- 
nos et scutileros superius nominatos in eomm frao- 
chisiis et libertatibusantiquis et rationabilibus con- 
firiiiare deflendere et tueri, bona ecclesie immobilia 
non aliei^are nisi in casibus a jure permissis et 
alienata si quœ sint, ad jus et proprietatem ipsius 
ecclesix in quantum potuisset et poterit revocare. 

Quo quidem juramento sic ut premittilur pereum- 
dem wner. in Christo Patrem prestito, prenomi- 
nati nobiles deputatî vigore concordiae preinsertte 
ac ipsam insequendo, prelibatum Rever, in Christo 
Patrem, in pontilicalibus ut prefertur indutum, pre- 
cedentibus dominis de capitule et coUegio Leonen, 
supliciis et capis decenterornatis et indutis et hym 
nis et canticis a dicta porticu S" Pétri usque ad 
portam civitatis predicte Leonensis sitam in vico 
Verderel prope ecclesiain. B. M. V. de medio villfe 
hoDorilice et solemniter detulerunt ; ipso quidem 
Rev. in Christo Pâtre antedictam portam existente. 



raisonnables, n'aliénerait jamais en dehors des cas 
prévus par le droit les biens immeubles de l'Église 
et ferait son possible pour les recouvrer s'ils étaient 
aliénés. 

Ce serment une fois prêté, les dits seigneurs por- 
tèrent l'Evêque assis sur sa sedia, de la chapelle 
Saint-Pierre jusqu'à la porte de la ville située dans 
la rue Verderel, auprès de l'église de Notre-Dame 
du Greisquer- Le Chapitre et tout le clei^é de Léon, 



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198 LA CATHÉDRALE 

cives et habitantes ejusdcm civitatis, anfedictaia 
portam clauserunt et ibidem per oi^anum iiobilis 
viri Desiderii Leseleuc civis dictœ civitatis procura- 
torisque et eo nomiae civium dictx civilatîs requi- 
sivit ipse Leseleuc nomine ante dicto, in^presenfia 
quam plurium aliorum civium et habitantium dictœ 
civilatis prelibatum Rev.in GhriBtoPatreni,quatenus 
ante ipsius iogressum in eadem civitate ipsi, nomlne 
predicto, prestaret juramenta per predecfissores 
Episcopos Leonen. in tali atque simili actu tempori- 
bus retroactis prestarî solita et consueta. Quiquidem 
Rev. in Christo Pater lu presentia dictorum civium 
et habitantium ac ipsius Leseleuc eorum procurato- 
ris nomine ipsoruni stipulantis, juravit solemniter 
se jura ecclesiée suce, franchisias et libertates ipsius 
eosdemque cives et habitantes ac îpsam civitatem 
Leonensem in suis franchisas, libertatibus et im- 
munnitatibus antiquis, conservare, deflendere et 
tueri, bona ecclesiie immobilia non alienare preter- 



porlant des surplis et des chapes, précédaient pro- 
cessionnellement au chant des cantiques et des 
hymnes. 

Comme l'Évéque approchait de la porte de la 
ville, les citoyens et habitants la fermèrent aussitôt, 
et par l'organe de noble homme Désiré Leseleuc, au 
nom des habitants de la cité, demanda au Seigneur 
Évéque qu'avant de pénétrer dans la ville, il prêtât 
le serment qu'avaient 'coutume de prêter ses prédé- 



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DS BAIMT-POL DE LËOH 199 

quam m casibus jure permissis et alienata si qu» 
sint, ad jus et proprietatem ipsius juxta posse revo- 
care. Super quibus dictus Leseleuc procurator pre- 
fatus et eo nomiDe sibi fieri unum vel plura publi- 
cum instrumentum seu mstrumenta petiit a nobis 
nottariis infra scriptis, 

Quo quidem juramento sicut premittitur, per 
eunidem Rev. ia Ghristo Patrem prestito, cives et 
habitantes predictam portam ipsius civitatis ape- 
ruerunt, eumdeinque Rev, in Gbristo Patrem per 
prefatos nobiles deputatos delatum et portatum ut 
prefertur, honorifice in dicla civitate receperunt et 
intrare permiserunt et quemquidem Rev. inCtiristo 
Patrem antedicti nobiles deputati honorifice et 
solemniter detulerunt et portaverunt per eaindem 
civitatem usque ad portam inferiorera et occidenta- 
lem ecclesiœ Leonen. versus portam Episcopalem. 
Corsm qua quidem porta inferiori ejusdem ecclesie 
Leonen. constitutus venerabilisetcircumspectus vir 



cesseurs en pareille circonstance, et aussitôt le Pré- 
lat, devant les citoyens et liabitants ainsi que devant 
!e sieur Leseleuc, leur représenlant, jura solennel- 
lement de deilendre les droits de son Église et de 
conserver les dits ciloyens dans leurs anciennes 
libertés et franchises : acte de ce serment, sur les 
instances du sieur de Leseleuc, fut dressé par nous, 
notaires soussignants. 
Immédiatement, les habitants ouvrirent leur porte 



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300 LA CATBÉDBALB 

Magister Hamo Barberii in utroque jure licenciatus 
Archidiaconus de Quiminidilly in dicta ecclesia 
Leonen. canonicusque ecclesis dictœ Leonen. pro 
et nomine Capituli et ecclesis Leonen. et ab eodem 
capitule deputatus, quamdam brevem et compea- 
diosaiu orationem alto sîquidem et ornato stilo in 
et ad ipsius Rev. in Christo Patris laudem et hono- 
rem suique jocundi adventus ad suas civitatem et 
diœcesim congratulationem et Isetitiam admodum 
notabiliter et decenter compositam, in prelibati Rev. 
in Christo patris presentia deprompsit et proposuit, 
Et statim idem dominus archidiaconus nomine dicti 
capiluli et ecclesiœ Leonen. requisivit et ex^it ab 
eodem Rev. in Christo pâtre juramentum et jura- 
menta per predecessores suos Leonenses in consi- 
mili actu, temporibus retroactis prsesfari solita et 
consueta. Qui quidem Rev, Pater in Christo, pre- 
seotatis sibi per prelibatum domicum Arcbidiaco- 
num sacrosanctis evangeliis, juravit ipsis capitule 



et permirent l'entrée de la cité au Seigneur Évêque, 
qui continua sa route, toujours porté sur sa sedia, 
jusqu'à la porte occidentale de l'église cathédrale, 
vis-à-vis le palais épiscopal. " 

Là, devant le grand portait de l"église, Hamon Rar- 
bier, chanoine, archidiacre deQuemenedilly, au nom 
du Chapitre et député par lui, adressa un éloquent 
discours à TEvêque pour le féliciter de son joyeux 
avènement dans son diocèse, puis au nom du Cha- 



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DE SAIMT-POL DK LÉON 201 

et ecclesiœ in presentia dicti domini Archidiaconî 
canonici prefati pro ipsis ecclesia et capitule stipu- 
laotis et recipientis, se jura suœ spons» ecclesi» 
Leonen. et capituli Leonen. franctiisiasque et liber- 
tates ipsius ac consuetudioes laudabiles conservare 
defteadere et tuer), aliasque juramento prestitit 
item Rev. in Christo Pater, juxta formam juramenti 
quam in consimili actu Episcopi Leonen. sui prede- 
cessores per antea prestare consueverunt et solili 
fuerunt, quœ talis est videlicet forma juramenti, 
quod quitibet Episcopus Leonen. débet et tenetur 
facere ecclesiir et capitulo Leonen. in suo jucundo 
adventu antequam intret valvas inferiores eccle- 
siae Leonen. 

Vos Rev. in Christo Pater tanqtiam bonus pastor 
et Episcopus Léon, promittitis et juratis redditus et 
possessiones aliaque bona immobilia hujus eccle- 
siae Leonen. non alienare preterquam in casibus a 
jure permissis eaque secundum capacitatem fragi- 



pitre et du clergé de Léon, il pria 1 Évêque de prê- 
ter le serment accoutumé en pareil cas, ce qui se 
fit aussitôt de cette manière : 

n Révérend Père en Dieu, dit l'archidiacre, comme 
bon pasteur et Évêque de Léon, promettez -vous de 
ne pas aliéner, hors les cas prévus par le droit, les 
biens immeubles de cette Église et de les conserver 
autant que le comporte la fragilité humaine? 



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203 LA CATHÉDRALE 

litatis humano! iideliter custodire? Respondet Epis- 
copus : promittimus et juramus. 

Item, redditus possessioues et alia bona immobi- 
lia et quae sciverilis et repereritis indebile alienata 
ad jus et proprietatem ipsius revocare et ipsam 
super his pro viribus restaurarç ? RespoDdet Epis- 
copus : promittimus et juramus. 

1lem,dictœecclesiceet beneficiorum ejusdem capi- 
tuli et coUegii vestri fraocliisias, jura, libertates et 
immunitates ecclesiasticas cuslodirevirosque eccle- 
siasticos ejusdem ecclesiœ sub libertatibus franchi- 
siis et îmmunilalibus erclesiasticis fideliter tenere, 
deffendereque et tueri prout tenemini ex debito 
pastoralis ofTicii super his Vobis commissi et prout 
vestri predecessores laudabiliter facere consueve- 
runt? Respondet Episcopus : promittimus et jura- 
mus. 

ilem, statuta ejusdem ecclesiœ et capituli rationa- 
biliter édita consuetudinesque et laudabiles obser- 



— i( Nous le promettons et le jurons, » répond 
lÉvêque. 

— Il Promettez-vous de récupérer selon votre 
possible les rentes ou biens immeubles îndàment 
aliénés ? 

— « Nous le promettons et jurons, 

— (( Promettez-vous de garder et défendre à l'ins- 
tar des Évêques vos prédécesseurs, les libertés. 



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Ji 



DE BAINT-POL DE LÉON 203 

vantias ejusdetn ecclesis et capituli tenere et lideli- 
ter observare, oisi aliqua rationabilis causa in forma 
juris super hoc obsistat ? Respondet Episcopus : pro- 
mittimus et juramus. 

■ Item promittitis premissa et eorum singula prout 
premittitur tenere, custodire et fideliter adimplere, 
ita vos Deus adjuvet et hfec'sacrosancta Evangelia ? 
Respondet Episcopus : amen, et sic inirat ecclesiam 
processionaliler, 

Quo quidem juramento per prelibatum Rev, in 
ChristoPatrem prestilo ut preferlur, prefati domini 
de Capitule et collegio ecclesiœ Leonen. ipsum 
Rev. in Christo Palrem honorlfice et soleinniter 
cum himnis et canlicis spiritualibus intra eccle- 
siam suam receperunt, eumdenique Rev. in Christo 
Patrem usque ante portam chori ejusdem ecclesiœ 
prœfati nobiles deputati detulerunt et portarunt. 

Quibus sic actis ipse Rev. io Christo Pater e cathe- 
dra predicta descendit dictumque chorum intravit 



franchises et immunités ecclésiastiques de ce Cha- 
pitre et Collège ? 

— « Nous le pronietlons et jurons. 

— << Prometlez-vous d'observer fidèlement les sta- 
tuts et coutumes louables du Chapitre et de l'Église 
de Léon ? 

— « Nous le promettons et jurons. 

— « Promettez vous de garder et remplir toutes 



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204 LA OATH&DBA.I.E 

et ab inde una cutn dotninis de capitulo ac«essil 
intravitque capitulum seu locum capitularem dicts 
ecclesisB, in quo, quadam brevi et succinta oratione 
et propositione per ipsum domiDum Archidiaconun^ 
in preseatta prelibati Rev. in Christum Patris iacta, 
ipse dominus Archidiacùnus pro et nomine ipsius 
ecclesiEB et capitulî Leoneo. a prelibato Rev. in 
Christo Patrem exegit et recepil consimitia jura- 
menia per ipsum Ven. in Chrislo Patrem, juxta 
formam dicti juramenti superius narrati, ut prefer- 
tur prestiti et quse quidem juramenta per eum ut 
preferlur prestita iterum et denuo in eodem loco 
capitulari prestitit prelibatus Rev. in Christo Pater; 
juramento sic per eum prestito, dominos canonicos 
dictœ erclesiœ successive ad osculum recepîtet post- 
modum a dicto loco capitulari eum indumentis pon- 
tificalibus ut moris est recessït, dictumque chorum 
ejusdem ecclesiie intravit, magnamque missam in 
ibi solemniter celebravit; missaque per eumdem in- 



et chacune des susdites promesses avec l'aide de 
Dieu et des saints Évangiles ? » 

L'Evêque répond « Amen, n et entre procession- 
nellement dans l'église, où le Chapitre et le Collège 
le reçoivent comme leur père en Dieu, et au chant 
des hymnes et cantiques spirituels le conduisent, 
toujours porté sur sa sedia, jusqu'à la porte du 
chœur. Où étant descendu de son siège, il entre au 
chœur accompagné des chanoines, puis, il est con- 



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DE 0AINT-POL DE LËON 205 

Christo Patrem celebrata, depositis per eum in loco 
capitulari iDâumentis pontificalibus, aâiit uoa cum 
(lictis dominis de capitulo, dominis et aobilîbus pre- 
dictis atque pluribus aliis magnalibus et oobilibus 
promiscuis ad suum palatium et domum episco- 
palem et in porta dictî palatii episcopalis, aonnullos 
in suis carceribus detentos et incarceratos et de cer- 
tis criminibus delatos et accusâtes ab eisdem carce- 
ribus Mberari et relaxari jussit et maadavît. 

Et antequara prelibatus Rev. in Christo Pâtre se- 
disset ad mensam, dictus procurator ipsius domini 
de Coettivi, nec non prefatus dominus de Kerguera 
et procuratores antedicti prenominatorum domino- 
rum dePenmarcii et deCoetmenech nomioibus res- 
pective autedictis, prelîbalo Rev. in Christo Patri, 
exposuerunt qualiter pro eodem praadio non nuUa 
servitia et obsequia hic inferius declarata ipsis 
prenominatis dominis respective facere et impen- 
dere incumbebat, et ob hoc non nulla jura seu deve- 



duit dans la salle capitulaire, oili après une courte 
allocution de l'Archidiacre, le Prélat renouvelle 
' dans la même forme les serments rapportés plus 
haut, et reçoit successivement tous les chanoines au 
baiser de paix. Puis, sortant du Gliapitre, il rentre 
au chœur, revêtu des ornements poutiflcaux et y 
célèbre lui même la grand'messe. Après quoi, il se 
dépouille de ses vêtements pontificaux, et accompa- 
gné de ses chanoines et de plusieurs personnages 



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206 hè. CATHËDHAI.B 

ria de quibus inferius et seriosiiis fiet mentio, hic 
persequi debebaut et ad quœ qùidem servitia el 
obsequia inipendenda juraque sua hujusmodi 
eorum cuUibet respective ob hœc débita levanda el 
consequenda, prelibato Rev, in Christo Patri supii 
caverunt, quatenus ïpsos eteorum quemlibet ante 
dictis respective nominibus, permilleret et loleraret 

Qui quidein Rev. in Christo Pater eosdem procu 
ratores et eorum quemlibet quibus supra respective 
nominibus ad huiusmodi servitia impendenda pro 
aotedicto suo prandio juraque et deveria solila et 
consueta recipienda, consequenda el levanda proul 
et quemadmodum in primariis ingressibus seu 
introitibus suorum predecessorum Leonen. episco- 
porum temporibus relroactis, domini de Coettivi, 
Kerguern, Penmarch, et Coetmenech pro tempore 
existentes, facere habereque et consequi consueve- 
ruQt, recepit et admisit, permisitque et toleravit. 

Et cum hiis vocatus fuit idem de Coatenezre do- 



de la noble assistance, il se rend sans cérémonie au 
palais épiscopal, et parvenu à la porte du palais, il 
ordonne la mise en liberté d'un certain nombre de • 
prisonniers. 

Avant que le Prélat ne prenne place au repas pré 
paré, le représentant du seigneur de Goelivi, le 
sieur de Kerguern et les représentants des seigneurs 
de Penmarcb et de Coetmenech exposent au Sei- 
gneur Évéque qu'ils ont pendant ce repas certains 



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DS SAINT-POL DS LÉON 207 

minus de Pratmaria procurator anledicti domini de 
Coettivi ut deserviret eidem Rev. in Christo Patri 
ad lavandum ac sibi in.mensa scioderet et deser- 
viret ad potandum prout ipsius domini de Coettivi 
incumtiebat ofiicio. Quiquidem procurator ipaius 
domini de Coettivi obtulil se fore et esse quoad se 
paratum ; prelibatum ob hoc, Rev. Palrem requl- 
sivît ut ad lotionem fiendam pelves argenteas et 
ad dictam scissuram cultellos argento garnitos et 
pro dicta potatione cupam una cum cipho et aqua- 
ria argento deaurato ad dictum potum inserviret; 
quas quidem pelves argenleas, cultellos argento gar- 
nitos, cuppam unacumciphoetaquariaargentideau- 
rati prelibatus Rev. in Christo Pater eidem procura- 
tori ipsius domini de Coettivy monslrari fecit : 
et illico nobilis et potens vir Carolus du Quellenec 
dominus du Quellennec ad preces et rogatum pre- 
fati de Coatenezre procuratoris ipsius domini de 
Coettivi deservivit eidem R. in Christo Patri ad 



olUces à remplir, auxquels quelques droits et profits 
sont attachés, ils demandent donc au Prélat qu'il 
veuille bien les admettre à remplir ces offices et à 
en percevoir les profits. A quoi le Révérend Père 
en Dieu. déclara consentir. 

En conséquence, Messire de Coatanezre, seigneur 
de Pratmaria, représentant du seigneur de Coettivi, 
ayant été appelé pour donner k laver au Seigneur 
Évêque, découper à table, et verser à boire, il s'ol- 



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308 LA OATHÉDBALE 

lavanâum et antequam prelibatus R. in ChrisLo 
Pater ad mensam sederet prefatus dominus de Ker- 
guern intravit cellariuin ejusdem domus seu pala- 
tii, ubi vinum exlstebat expoiienduiii pro dicto 
prandio ejusdem diei, il)a die inibi liendo et îaibi 
inveait nonnullos servitores dicti R. in Christo 
Patris, eisque exposuit idem dominus de Kerguern 
qualiter ad ipsuin speclabat et pertinebat disponere 
de hujusmodi vino et quod officium picernse babe- 
bat prout babebant sui predecessores in illo pran- 
dio, et residuum vinoruminpipis dicti cellarii exis- 
tentium postquam ab eisdem pipis média pars vini 
predicto prandio tractum fuisset, eidem domino de 
Kerguern ob causam predicti sui offîcii spectabat et 
pertinebat. Ad quae premissa facienda et exercenda 
fuit idem dominus de Kerguern per se et sues ser- 
vitores et geutes perservitores ipsius R. in Christo 
Patris permissus et tolleratus et per hoc ipse domi- 
nus de Kerguern capit gubernationem dicti cellarii 



frit immédiatemeni pour remplir cet office, et on lui 
montra, à cet etiet, les bassins d'argent qui devaient 
servir à laver, les couteaux garnis d'argent pour 
découper, et la coupe et aiguière d'argent doré pour 
verser et boire le vin. Et immédiatement,. Charles 
du Quélennec, sur la prière du sieur de Coatanezre, 
représentant du seigneur de Coetivi, donna à laver 
au prélat. 



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DE 8AINT-P0L DB LÉON 209 

et vini in eodem existentis, nonaullosque suos servi- 
tores ad gubemandum dictum vinum ipsumque tra- 
henduin commisit et députa vit. 

Prout etiam aatequam prelibatus R. in Christo 
Pater ad mensam sederet dictus Petrus Le Louet 
dominus Duplessix ejusdem domini de Coetineoecli 
etCaroIus dePeDmarch ipsius domini de Penmarcli 
respective ut premittitur procuratores, asserentes 
se habere inter ipsos guberaationem coquinfe dictée 
domus seu palatii pro dicto prandio et de omnibus 
hujus modi quse in eadem coquina fièrent, requisi- 
verunt QODDullos servitores Ipsius R. in Christo 
Patris in eadem coquina tune existeates ut eis nioDs- 
trarent ustensilia eis necessaria pro deserviendo 
pro illo prandio in illa coquina. 

Qui quidem servitores prelibati Rev. in Christo Pa- 
tris permiserunt et tollerarunt prenominatos procu- 
ratores dictorum dominorum de Penmarc'h et de 
Coatmenech ad deserviendum in eadem coquina pro 



En môme temps, et avant que le Prélat ne s'assit 
à table, te seigneur de Kerguem entra au cellier du 
palais épiscopal où se trouvaient les pièces de vin 
destinées pour le service de ce repas ; là, il exposa 
aux serviteurs de l'Ëvéque que c'était à lui de dis- 
poser de tous ces vins en sa qualité d'échanson, et 
qu'à raison de cet ofTice, il avait droit à tout le vin 
qui resterait dans les fûts après le repas, que du 
reste le service de la cave serait fait par ses propres 



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210 LA OATB&DBALB 

aûtedicto prandio, ïpsorumque procuratorum, servi- 
tores quoad hoc receperunt et admiserunt ac usten- 
silia circa faœc spectantia eis ministraveruat, videli- 
cet : vasa stanaea et serea, olla3,verus et alia usteositia 
et instrumenta ad deserviendum îq dicta coquina 
Decessaria et tuDC ipsi prenominati procuratores 
eorumdem dominorum de Penmarch et de Coetme- 
nech, principales eoruiu servitores et gentes dicta 
coquina intrare fecerunt, ipsosque suos servitores 
ad deserviendum in eadem coquina pro dicto pran- 
dio ut prefertur commiserunt curamque et admi- 
nistrationem ustensilium dictse coquins eis dede- 
ruDt, prout etiam in dicta coquina durante dicto 
prandio deservierunt. 

Quibusque ut premittitur actis, ipse R. in Christo 
Pater ad mensam in magna aula ejusdem domus seu 
palatii sedit, ipseque de Coatenezre procurator dicti 
domini de Coettivy eidem R. in Christo Patri durante 
dicto prandio coram ipso, cibos seu victualia scidit ac 



valets, que, dès lors, les serviteurs de l'Évéque pou- 
vaient se retirer. 

Également avant le commencement du dtner, les 
sieurs Pierre du Louet, représentant du seigneur de 
Coetmenech, et Charles de Penmarch, représentant 
de Tanguy de Penmarch, descendirent aux cuisines 
et signi&érent aux serviteurs de l'Évéque que le 
gouvernement de la cuisine pour ce dtner les regar- 
daient, qu'ils devaient en conséquence mettre à leur 



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DE SUNT-POL DE X.ËOH 211 

sibi ad potandum mÎDistravît vinumque et aquam 
coram ipso R. in Cbristo Pâtre et quie potaturus erat 
applîcuit(l) et aliter sibiiadîctis offlciîs deservivit; 
fînitoque prandio ipsius R. in Christo Patris, prefa- 
t«8 de Coatenezre procurator dicti doinini de Coet- 
tivi eidem R. in Christo Patri ad lavaadum minls- 
travit et pro hujusmodi servitiis per ipsum de 
Coatenezre nomine ipsius de Coattivi ut prefertur 
impensiff, cœpît et 8ecum sine aliqua contradictïone 
portavit omnes mapas, manutergios et servietas cum 
fracmentis et residuo panis ex debito et jure ofG- 
cii predicti domini de Coettivi, de super mensis 
ipsius domus Ëpiscopalis una cum predictis pelvi- 
bus argenteis, cultellis et cuppa coram dicEo Rev. in 
Cbristo Patri existentibus, et in qua quidem cuppa 
potaverat idem R. in Cbristo Pater, una cum olla seu 
aquaria, britonice vocata eguer et quodam cipho 
argenteo in quo cipho ipse de Coatenezre nomine 
ipsius domini de Coattivi, obtulerat (2) dictum vinum 



disposition les ustensiles nécessaires, ce qu'ils firent 
immédiatement en leur montrant les casseroles d'é- 
tain et de cuivre, les marmites, broches et ,autres 
ustensiles nécessaires, que les dits seigneurs con- 
fièrent à leurs propres serviteurs pour apprêter le 
repas du jour. 
Après quoi, te Seigneur Évéque se mit k table dans 



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213 LA OATHËDBALE 

et aquam ; quie preinissa bona superius declarata, 
ipse Coatenezre procurator ipsius doniini de Coa- 
tivi dixit et asseruit ex nobilitate dicti officii sibi 
spectare et pertioere, et ea secum a dicta domo Epis- 
copalt asportavit per se et suos servîtores, nemiae 
coDtradicente. 

Atque etiain prefatus dominus de Kerguern per se 
et suos gentes seu servitores durante dicto pran- 
dio et pro eodem, traxit quant plura et diversa vina 
in eodem celario existentia et In officio picerns 
bujusmodi deservivit, et postquam traxerat per se 
et suos servitores ab una pipa vini usque ad mediam 
partena, dictus dominus de Kei^ueru rupit brocam 
In dicta pipa existentem pro trahendo aliud vinum, 
ad denotandum et demomstrandum suum hujus- 
modî jus. Postmodumque ipse dominus de Ker- 
guern adivit dictam magnam aulam ejusdem palatii 
episcopalis durante dicto praodio, ubi vasa ai^en- 
tea cipbique et cuppae super tecta sive repositorio 



la grande salle du palais, et durant tout le repas, le 
seigneur de Coatanezre, au nom du seigneur de 
Coetivi, Ht l'otTice d'écuyer tranchant, découpant tous 
les mets et servant à boire et à laver au Révéren- 
dissime Père en Dieu et pour ce service, à la fin du 
dîner, il fit enlever, sans la moindre opposition, par 
ses valets, toutes les nappes, serviettes et essuie- 
mains, ainsi que tous les fragments de pain, sans 
oublier les bassins et couteaux d'argent ainsi que la 



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DE 8AINT-POL DB LftON 213 

pro deserviendo aulam hujusmodi existebaot, dixit- 
que et asseruit quod sibi pertinebat deservire vinum 
in eîsdem cuppis et ciphis ac vasis argenteis pro 
praodio et quod propter servitium et obsequium, 
sibi apeclabat et pertinebat vessaiequod fuissetdes- 
serviendo in hujusmodi prandio, empta cuppadequa 
idem Rev. in Christo Pater bibisset et vasis argen- 
teis in quibus maaus lavasset, hagariaque et cipho 
de quibus supra est facta mentio; permiseruntque 
servitores dictî Rev. in Cbristo Patris super custo- 
dia dictorum vasorum argenteorum exisleDtes,quod 
ipse dominus de Kerguern per se et suos servitores 
hujusmodi offîcium exerceret, ipseque domiBUS de 
Kerguern durante dîcto prandio per suos servitores, 
prandentibus in dicta magna aula ad polandum, vina 
in eisdem vasis existentia, ministrare fecit, deinde 
secum per se et suos servitores et gentes illud ves- 
sale nec non ciphos argenteos de super dicto repo 
sitorio seu tecta, demptis predictis cuppa, olla seu 



coupe dans laquelle avait bu le Prélat, et l'aiguière 
et hanap d'argent, dans lequel le dit Coatanezre lui 
avait offert l'eau et le vin. 

De même, le seigneur de Kerguern, durant le 
dîner, servit et fit servir diverses sortes devin qu'il 
tira du cellier avec l'aide de ses valets, et s'acquitta 
ainsi de son office d'échanson ; seulement, dès qu'une 
pièce de vin était à moitié vidée, il en brisait la 
broche et perçait un nouveau fût pour constater le 



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314 LA oathAdbalb 

aquaria et cipfao argenteo ad probaodum dïctum 
vinum et etiam vasis argenteis in quibus bibit et 
lavit ut prefertur ipse Rev. in Christo Pater, ad do- 
mum habitationis Francisci Roussette suj hospitis, 
in qua domo illo die hospitabat, ipse dominus de 
Kerguem, Demioe ad hoc se opponeute seu con- 
tradiceute, ac unam pipatam viui a celario predicti 
ejusdem Rev. in Christo Patris, per suos servitores 
adduci fecit coram dicto suo hospitîo.ac illam pipa- 
tam vint surgere iecit super butum seu caput et 
aliud butum seu caput ejusdem pipse sursum eleva- 
tum exterlus per suos gentes et servitores frangi et 
dilasserari fecit, prout fuit fractum et dillaceratum 
bujusmodi butum superïus, vinumque iu eadem 
existens pipa, omnibus ah eo hibere volentibus con- 
cessit et hibere permisit ; 

Factoque hujusmodî prandio, dictus dominus de 
Kerguern fregit brocas in eisdem pipis vini in eodem 
celario ipsius Rev. in Christo Patris existentibus de 



droit qu'il avait sur ce vin. Puis, entrant dans la 
salle à manger, il déclara que toute la vaisselle 
d'ai^ent et les coupes qui se trouvaient sur la table 
pour servir au repas lui revenaient à raison de son 
ofUce, excepté la coupe du Prélat, le bassin à laver 
et l'aiguière, comme il est dit plus haut, et en con- 
séquence, après avoir exercé son office d'échanson 
pendant le dit repas avec l'aide de ses serviteurs, il 
fît enlever par eux toute la vaisselle d'argent et les 



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DB SAIMT-POL DE LAON 21S 

quibus fuerat tractum usque ad mediam partem pro 
dicto praadio et iUo durante, ad deaotandum dic- 
tum suum jus. 

Demumaue ipse Carolus de Penmarch dicti Hen- 
rici domini de Penmarch, ac predictus Petrus Le 
Louet dominus du Plessis prefati domini de Coat- 
menech respective procuratores, finito dicto pran- 
dio, antedicta bona seu ustensilia ad deserviendum 
in dicta coquina pro antedicto prandio, ut prefer- 
tur necessaria, scDicet vasa stannea, œrea, cuprica, 
ferrea, verus, audenas seu landeria, ollas, cultellos 
et quœcumque alla utensilia dictas coquinse seu ins- 
trumenta pro deserviendo in eadem coquina pro 
dicto prandio, existentia, ipsi prenominati procu- 
ratores dictorum dominorum de Penmarcti et de 
Coetmenech secum a dicta coquina e domo seu pala- 
tio Episcopali tanquam sibi, nominibus respective 
antedictis, ratîone predicti servitii seu obsequii 
etiam débita et pertinentia, nemine etiant contradi- 



coupes lui appartenant, qu'ils portèrent cbez François 
Houssette, hôte dudit seigneur de Kerguern, le tout 
sans la moindre opposition, puis te dit seigneur lit 
apporter devant cette maison une pièce de vin, et la 
faisant défoncer par ses serviteurs, il déclara que 
tout venant pouvait y puiser librement. 

De leur côté, Charles de Penmarch et Pierre Le 
Louet du Plessis, mandataires des seigneurs de 
Penmarch et de Coatmenech, après le dtner se ren- 



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216 LA OATHÏDBALB 

CBDte, aut se oppooente, per se et suos gentes et 
servitores tulerunt et secum extra dicta domum 
episcopalem e^cportarunt. 

De et super quibus premissis omnibus et siagulis, 
prelibatus Rev. in Christo Pater nec non antedidîcti 
procuratores quibus supra, nominibus respective, 
dictus dominus de Kerguern, ac etiam prefatus do- 
minus archidiaconus de Kemenedilly nomine dicti • 
capituli, et ecclesiœ Leonen. et eorum quilibet prout 
lactum et negotium suprascriptum eos et eorum 
quemlibet tangit et concernit sibi a nobis notariis 
publicis infra scriptis unum vel plura publicum seu 
publica lleri atque conâci petierunt instrumentum 
et instrumenta. 

Acta fuerunt hœc gradatim et successive in locis 
supra dictis sub anno, indictione, die mense et 
pontificatu predictis, presentibus ad premissa om- 
nia et sîogula, demptis bis qu» acta iuerunt in dicto 
capitulo, nobîlibus viris magistro de Kersaint- 



dirent aux cuisines et en firent enlever sans oppo- 
sition tous les ustensiles d'élâin, d'airain, de cuivre 
et de fer, jusqu'aux landiers et couteaux qui avaient 
servi à préparer le dit repas. 

De tout quoi le Révérendissime Père en Dieu 
ainsi que tous les dits seigneurs et l'archidiacre de 
Kemenedilly, au nom du Cbapitre, nous ont prié de 
rédiger le présent instrument publique, ce que nous 
avons tait les dits jours et an que dessus, en pré- 



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DB SAINT-FOL DE LÉOK 217 

gilly domÏDo de Keruzoret, et Jofaanae an Nobletz 
domino de Kerozerii, et ad ea quae fuerunt in dicto 
capitule, nobilibus viris Jotianne de Aloeto domino 
de Castelhenec et Henrio Audren Leonen. diœcesis 
testibus ad premissa vocatls specialiler atque rogatis. 
Sic signatum : Alanus de Fago nottarius qui a sinis- 
tra scripsit : ego Ala&us de Fago clericus Leooeu. 
diœcesis publicus autoritate nottarius, premissis 
omnibus et singulis dum sîcut premittitur ûerent, 
dicerentur et agerentur, una cum prenominatis tes- 
tibus presens personaliter interiui, eaque sic fieri 
atque dici, vidi, et audivi ; idcirco presens publi- 
cum instrumentum manualteriusfidelitergcriptum 
exinde confeci et in banc publicam et autentiquam 
formam redegi signoque et nomine meis solitis et 
consuetis signavi et subscripsi in fidem, robur et 
testimouium veritatis omnium et singulorum pre- 
missorum requisitus et rogatus — et inferius signa- 
tum sic : 



sence des témoins suivants, savoir pour les actes 
passés hors du Chapitre, nobles maistres de Ker- 
saintgilly, seigneur de Keruzoret, et Jean le Nobletz, 
seigneur de Kerozern ; pour les actes passés au Cha- 
pitre, Jean de Aulnet, seigneur de Castellennec, et 
Henri Audren. 

Ainsi signé : Alain du Fou, clerc de Léon, 

notaire, et François Kerhbt, notaire 

apostolique et impérial. 



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318 LA OATHiDBALB 

Fraociscus Kerret Dotarius qui a parte sinistra 
scripsit : Ego Praaciscus Kerret LeODCD. dioscesis 
publicus autoritatibus notarius Apostolica et Impe- 
riali, quia premissîs omnibus et siuguljs dum sic ut 
premititur fièrent, dicerentur et a^erentur una cum 
QOtario supra scripto et prénom inati s nominibus et 
testibus quai fuerunt, in dicto capitulo presens 
persoDaliter interfui eaque sic fieri atque dici, vidi 
et audivi ; idcirco presens publîcum instrumentum 
manu alterius fideliter scriptum exinde confeci et 
in banc publicam et autenticam fonnam redegi, 
sigDoque et noniine meis solitis et consuetis subs- 
cripsi et signavi in ûdem et robur et testimoDium 
veritatis omnium et singulorum premissorum requi- 
situe et rogatus. 

Apograpbum tstud antiquo exemplari accurrate 
conforme fieri curavit et adjuvit subsignans juris 
utriusque licenciatus, in suprema Aremoric» curia 



La copie de cet acte, dûment coUationnée, a été 
faite à Léon te vi des calendes de Novembre 1747, 
sur l'ordre de Mgr Jean-Louis Gouyon de Vaudu- 
rant, évéque et comte de Léon, par le sieur Carof, 
licencié in utroque, avocat au Parlement de Breta- 
gne, doyen des avocats de la ville de Léon. 



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DE BAINT-POL DE LËOH 219 

causarum patronus, et advocatorum civitatis Leo- 
nensis decanus, jussu I.I. ac R.R. in Cbristo Patris 
et D.D, JoaDQÎs Ludovic! Gouyon de Vaudurant Ep. 
comitis Leonen. 

Leoniœ aono D. M.DCCXLVII sexto kalendas No- 
vembris. 

GAROF. 



2° Réceptron des seigneurs de Rohan 
en qualité de chanoines de Léon. 

Il était parfois d'usage de recevoir en qualité de 

chaDoines laïcs, des princes fondateurs ou dotateurs 

insignes de certaines églises ; c'est ainsi que les 

souverains français ont toujours revendiqué la qua- 

. lité de chanoines de Saint-Jean de Lateran. 

Un privilège de cette nature fut accordé, en 1444, 
par le Chapitre de Léon, k Alain de Roban. Voici 
l'acte rédigé en cette occasion, pris sur une copie 
du xvma siècle conservée aux Archives de l'Évêcbé, 

<i Nous, buroble Chapitre de Léon, comme pour 
la fondation de certains auiversaires et autres ser- 
vices nagueres ordonnés par bault et puissant et par 
très redoutté seigneur Mgr Allain, vicomte de Roban, 
comte de Porboet, le Seigneur de Léon, a estre faits 
dits et cellebrés en l'église de Saint Paul de Léon, 
il luyâit pieu donner et transporter pour la dotation 
d'yceux et pour ce que yceulx se puissent perpétuer 
et continuer, toutes et cbaqunes les dismes qu'il 



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330 LA CATHÉDRAI/E 

avoit et luy appartenoient eu la paroesse de Ploevenan 
avec certaines rentes à plaÎD desclerez ez lettres de 
la ditte fondation desquelles la tenneur s'ensuyt : 

« AUaia, vicomte de Roban comte de Porboet et 
seigneur de Léon à tous ceux qui ces présentes 
lettres verront et erront, Salut. Sçavoir faisons que 
nous meus de dévotion, désirant l'accroissement du 
service divin, et estre participant, au temps à venir 
ez prières et oraisons qui à tout temps se feront en 
l'église de Léon, avons donné et donnons par ces 
présentes au Chapitre de la ditte église, certaines 
dismes à nous appartenans en la paroisse de Ploe- 
venan avecques cinq quartiers de fromant la 
cognoissance, obéissance et toute aultre redevance 
que avons et nous appartenoit et peut appartenir sur 
la disme du Chapitre estant en la ditte parroesse 
sans rien en excepter ne retenir, fors seuDement ce 
que ensuyt et que par ces présentes sera déclaré. 
Laquelle disme qui estoit en nostre main pour 
dellaut des dittes obéissances leur avons mis et par 
ces présentes metons a délivre et voulons qu'ils en 
jouissent entièrement au temps à venir et des dites 
choses avons fait ceix et transports à jamais en 
perpétuel. 

K Moyennant ce que le dit Chapitre nous a promis 
et s'est obligé, et de ce nous a baillé ses lettres, de 
recevoir en la ditte église nous et nos successeurs 
Chanoines ainsy et en la manière qu'est accoustumé 
des autres seigneurs temporels qui sont chanoines 
dans les églises en province de Tours, et venir au 



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DE 8AINI-F0L DE LÉON 221 

devant de nous et de nos successeurs chacun eu son 
temps successivement o croix, bannière et procession 
solempnelle Iiors du cimetière de la ditte église, et 
à la réception de nous et nos successeurs faire son- 
nerie solempnelle pendant la ditte procession et bail- 
ler à nous et à nos dits successeurs successivement 
ciiechun en son temps, apprès la ditte réception 
douze pains de Chapitre et l'envoyer jusques à notre 
logeix, et quand ils savront le cas du deceixde nous 
ou de nos dits successeurs feront ou seront tenu 
faire en la ditte église sonnerie solempne et dedans 
ouict jours apprès pour chacqun de nous et nos 
dits successeurs, service solempnel au plus bel et 
notable lieu de la ditte église qui sera armoyé de seix 
escuczons des armes de Roban et de Léon, et aussy 
des a présent feront enlever en pierre nos armes de 
Roban et de Léon en deux lieux par nous désignez. 
En oultre chaqun an en perpétuel, diront ou feront 
dire deux anniversaires annuelles l'une d'elles à la 
feste de la Conception Notre-Dame, o vigiles et neuf 
leçons de mort et sonnerie notable la veille d'icelle 
ieste amprès vêpres et le jour de la ditte feste entre 
prime et la grand messe qui se dîent en la ditte 
église, sera aussy faicte sonnerie notable et sera dicte 
une messe de requiem a diacre et soubzdiacre, et à 
l'issue de la ditte messe une belle et notable recom- 
mandation comme en tel cas est accoustumé de 
faire et pareillement l'autre anniversaire o tel ser- 
vice, messe, vigile recommandation et sonnerie que 
dessus, les veilles et jour S. Yves en May par cha- 



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222 LA OATHiDBiJjE: 

chunan, a estre les dites vigiles messes et recom- 
mandations dits cellebrés de sept notables chape- 
lains, comme en tel cas est accoustumé de faire en 
notables anniversaires fondés en la dite église, et se 
feront en la nef de la dite église en lieu publicq et 
apparent, et pour mieux éclarcir et publier le dit 
service, le fera le dit Chapitre assavoir en deux di- 
manches prochains précédens les dites lestes, par 
chacun an, au prousne de la messe commune d'icelle 
église ; pour lesquelles choses faire et entretenir, 
leur avons donné et transporté, donnons et trans- 
portons notre dite disme avec cinq quartz de fro- 
mant o les seigneuries, oboïssances et redevances 
sur la disme du Chapitre, scavoir est les dits cinq 
quartiers de froment pour le dit pain du Chapitre, 
armes et service faire, et nostre dite disme pour les 
anniversaires, processions, réceptions et sonneries 
à estre distribués et départys au-dit Chapitre, mais 
très et chapelains de la dite église, comme est 
accoustumé de faire es autres anniversaires fondés 
en icelle, sauf ce que nous avons réservé du con- 
sentement du dit Chapitre, que nous et nos succes- 
seurs en cas de deflaut de faire et accomplir les 
dites choses ainsy qu'est devisé et déclaré par nous 
et nos officiers, pourrons nous saizir, de nos autho- 
rittés, des dittes choses par nous baillées jusques à 
réparation et enterrinance du dit defiaut o laquelle 
réservation, supplions au Duc qu'il Ini plaise amor- 
tir les dittes choses par nous baillées et consentir 
notre ditte fondation et sur ce bailler ses lettres en 



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DX SAINT-FOL DE LÉON 323 

forme dQe, et par ces dittes lettres présentes avons 
cassé et annullé toutes autres lettres et obligations 
qu'avons du dit Chapitre pour l'accomplissement et 
enterrinance des dittes choses et voulons qu'elles 
soient de nul eflect et valeur sauf à nous aider ces- 
tes présentes du contenu en icelles. 

<i Si donnons en mandement à nos senechalx 
baillifs, procureurs, recepveurs et officiers de Léon, 
leurs lieutenants et à tous autres à qui de ce appar- 
tiendra que des dittes choses par nous baillées comme 
dessus qu'ils fassent et laissent à toujours à jamais 
au temps a venir, jouir et uzer les gens du dit Cha- 
pitre, sans empeschement quelconque sur celuy 
mettre ni souffrir qu'il soit fait, mis ou donné en 
aulchune manière ainsy que dessus. 

« En tesmoin de ce et pour mémoire perpétuelle, 
nous avons fait mettre et apposer à cestes présentes, 
nostre propre sceal et icelles signer des signes 
manuels de nostre très cher et très amé fils le sei- 
gneur de Léon et de Jehan de Keradreux, nostre 
conseiller, le 7= jour de septembre 1444. 

<( Scavoir faisons que Nous, aians la dite fondation 
agréable, avons assemblement au lieu de Chapitre, 
et Nous, le dit Chapitre faisans ezlieu et heure dues 
et la campamne sonnée comme en tel cas est accous- 
tumé, promis, et promettons et nous obligeons par 
cestes présentes pour nous et nos successeurs à tou- 
jours mais au temps à venir, faire et cellebrer en la 
ditte église les dits anniversaires et services dessus 
dits et selon la forme et teneur des dites lettres et o 



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221 LA O&TBÉDRÀLB 

les rezervations et moyeas y contenu etdeclerez sans 
jammais ne venir à rencontre et a ce, avons ypo- 
thequé et ypothéquone et obligeons par ces mesmes 
présentes, les choses et chachune à nous baillées par 
mon dit Seigneur. 

« Eo témoin de ce nous avons à ces présentes fait 
mettre et apposer le sceal dont avons coustume 
d'uzer et îcelles fait signer du signe manuel de véné- 
rable et discret Maitre Jehan Le Normant, archidiacre 
d'Acre, cy mis à nostre requeste le quinzième jour 
de Septembre l'an 1444. » 

Cette fondation fut approuvée par François, duc 
de Bretagne, comte de Montfort et de Richemond. 

Le 6 Octobre 1503, le vicomte de Rohan prit 
possession du canonicat auquel il avait droit, dans 
la forme suivante. Nous traduisons l'acte rédigé en 
latin. 

« Sachent tous par ce présent écrit que l'an du 
Seigneur 1503, le 6 Octobre, le Siège Apostolique 
étant vacant, en présence de notre notaire public et 
des témoins soussignants, sur l'annonce que haut 
et puissant seigneur Jean le vicomte de Rohan et 
de Léon avait l'intention d'entrer dans la ville et de 
visiter la Cathédrale ; le Chapitre et le clergé de !a 
dite église voulant lui rendre honneur, firent sonner 
les cloches à son entrée dans les faubourgs, et à 
l'heure de vêpres vénérable et circonspect Missire 
Morice de Kergoavec, vicaire général le siège épis- 



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DU SAINT-POI. DE LÉON SS5 

copal vacant (1), Hervé Lanpezr, chantre, François 
Albi (le Guen), trésorier, Guillaume Tredern, Guil- 
laume Fougay, Philippe Tuonelorn, Derien Ynizan 
et Tanguy du Fou, chanoines, avec les vicaires per- 
pétuels et les employés du chœur, se rendirent pro- 
cessionnellement et en grande pompe, au son de 
toutes les cloches, jusqu'à la croix située au milieu 
de la place ou du cloître, entre la Cathédrale et la 
rue Porzmeur, pour recevoir avec les honneurs qui 
lui. sont dus en qualité de chanoine, puissant et 
illustre seigneur le Vicomte de Rohan. 

(( Là se présenta, entouré d'une nombreuse et 
noble suite, te seigneur de Rohan, lequel, après les 
salutations échangées de part et d'autre, les cha- 
noines reçurent comme collègue et lui présentèrent 
raumusse,dont Us le revêtirent à l'instar des autres 
chanoines. 

(c Puis le Chapitre et tout le clergé marchant en 
tête, Ils le conduisirent processionnellement au chant 
du Te Dewm, au son des cloches et des orgues, jus- 
qu'au chœur de la Cathédrale, où un priedieu avait 
été préparé pour lui au côté de l'Épltre du maître 
autel. 

(( Après les vêpres, les chanoines reçurent le sei- 
gneur de Rohan en Chapitre, lui tirent vénérer ainsi 
qu'à sa suite, les reliques conservées au trésor de la 
Cathédrale, après quoi le dit Vicomte de Rohan se 
retira en son hôtel, où les chanoines ne tardèrent 

(I) Par la mort de Jehaa de Lespinai (1500-1501]. 



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326 LA CATHftDBALB 

pas à venir lui offrir le pain du Chapitre, et comme 
il était question d'une prochaine élection d'un Évê- 
que pour l'église de Léon, le 5ei§;neur de Léon voyant 
que le Chapitre avait l'intention d'élire Maître Jean 
de Kermavan (1), déclara qu'il joignait sa voix à 
celle des autres chanoines, pour parvenir à cette 
élection. De tout quoi le Vicomte de Rohan nous a 
prié de dresser acte, ce que nous avons lait à Léon, 
les jour, an et mois que dessus. » 

Ces prises de possession d'un canonicat par les 
ducs et princes de Léon se renouvelèrent plusieurs 
fois encore dans la suite. Nous donnons ici le pro- 
cès-verbal dressé à cet effet, le 20 Juin 1696 : 

« A tous presens et a venir. Scavoir faisons que 
ce jour, veille de la feste de Dieu, vingtième du mois 
de Juin l'an de grâce 1696, très haut et 1res puissant 
seigneur Monseigneur Louis Bretagne AUain de 
Rohan Chabot, prince de Léon, au moyen de la dé- 
mission à lui faite par très haut et très puissant 
seigneur Monseigneur Louis de Rohan Chabot, duc 
de Rohan, pair de France, prince de Léon, comte 
de Porhoët, marquis de Blein de Vardes Morel, etc., 
son père, par contract rapporté par devant les con- 
seillers notaires du Roy au Chatelet de Paris, daté 
du 27 Septembre 1693. 

« En conséquence de laquelle démission, mon dit 
seigneur le prince de Léon s'estant rendu en la ville 

a fui Doiuiné évSque. de Léon le mois 



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DK 8A1NT-P0L DK l40N 227 

de Landemeau, siège principal de la dite princi- 
pauté de Léon, et ayant dessein et volonté de prendre 
possession réelle et personnelle dans les droits qu'il 
a en l'église de S' Paul à cause de la dite principauté 
de Léon, entrautres dans le canonicat, qui appartient 
de fondation ancienne aux seigneurs ses prédé- 
cesseurs. 

« A cette Sn, mon dit seigneur le prince de Léon 
étant parti de sa dite ville de Landemeau accom- 
pagné de Messire Thomas de Robien chevalier sei- 
gneur comte de Kerambourg et des seigneurs de la 
Violay la Palue, le Borgne de Confranc, gouverneur 
de Pontivy, et de la Rocheliere Gouverneur de mon 
dit seigneur prince de Léon, et de Messire Guillaume 
de Kerguvellen, seigneur de Penhoat, son senechal et 
premier magistrat de la dite principauté, et autres 
gentilshommes, il a esté devancé aux approches de 
la ville de S' Paul par MM. de la noblesse du dit 
lieu qui l'ont aussy accompagné jusqu'en la dite ville, 
où il a été reçu par les sieurs bourgeois et habitans 
sous les armes, et à son arrivée on a tait, sonner 
toutes les cloches de l'église Cathédrale jusques à ce 
qu'il auroit mis le pied à terre et descendu au Palais 
épiscopal du dit Léon, où Illustrissime et Révéren- 
dissime Père en Dieu Messire Pierre de Neboul, 
seigneur Ëvéque et comte de Léon, abbé commen- 
dataire de Landevennec, conseiller du Roy en ses 
conseils, l'aiant reçu et fait entrer dans le principal 
appartement du dit palais, il y a esté complimenté 
par MM. les juges, maire et echevins et par les 



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328 LA CATHÉDRALE 

communautés régulières de la ville, après quoy mon 
dit seigneur prince de Léon aurolt déclaré qu'il 
entendoit prendre la possession du dit canonicat le 
jour de demain, et a pris son logement au dit palais 
épiscopal, et de tout ce que dessus, nous Claude 
Geslard, seigneur de Menoignoo, et Louis CaroS, 
sieur de Quermenguy, notaires royaux et aposto- 
liques gardenote héréditaire de la dite Cour et séné- 
chaussée de Léon au dit siège de Lesneven, demeu- 
rant scavoir le dit Geslard à Lesneven, et le dit 
CarofT, en la ville de S' Paul, avons rapporté notre 
présent acte, les dits jour et an, à 8 heures de l'après 
midy, et ont esté les réceptions logemens et hon- 
neurs cy devant mentionnés faits par honnêteté. 
« Ainsi signé : 
« Louis B. A. DE RoHAN Chabot, prince de Léon ; 
DE RoBiEN DE Kerambourq ; Pierre Raoul 

DeSCOURANGE ; DE LA ViOLAYE ; La BACHE- 
LIÈRE; G. DE Kerguvelen ; Jean le Borgne 
DE LA Palue, Caroff et Gellart. 

« Et advenu le lendemain, feste de Dieu 21 Juin 
1696, environ les 9 heures du matin, mon dit Sei- 
gneur le prince de Léon, assisté des seigneurs gen- 
tilshommes nommés cy de l'autre part et autres 
gentilshommes, s'étant rendu auprès de la croix 
située sur le cloître et martrais donnant sur la rue 
le Portzmeur, l'y sont venus prendre et devancer 
MM. du Chapitre, avec la croix procession ellement, 
composé de nohles et circumspecis messires Rolland 



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DK 8AINT-P0L DE LÉON 229 

François de Kercoent de Coetanfao, chantre, pre- 
mier dignitaire et chanoine de Léon, Jean de Nebout 
de la Brosse, grand archidiacre, chanoine de Léon, 
François-Marie le Jacobin de Keramprat, archidia- 
cre de Quiminidilly, Pierre Salmon de la Retau- 
dière, trésorier et chanoine de Léon, Christophe de 
Lesguen, sieur de la ville Goësmont, Louis Bossart, 
sieur du Clos, François Aulnett, sieur de la Grene- 
laye, Guillaume Collet, Fulgence de la Tour, théolo- 
gal, René RaSîas et Ollivier Hervé, pénitencier, 
tous prêtres chanoines de Léon, et les autres prêtres 
suppôts et choristes. Duquel lieu mon dit sieur le 
chantre, après avoir complimenté mon dit seigneur 
le prince de Léon et luy avoir présenté l'eau bénite, 
lui a aussy présenté et mis le surplis et l'aumusse 
sur le bras gauche et ensuite a été entonné le 
Te Deum; en chantant le quel psaulme, les cloches 
et les orgues sonnantes, a esté mon dit seigneur le 
prince de Léon conduit au chœur et mis dans la 
place d'honneur, sçavoir dans le stal cantoral, le- 
quel était orné et couvert d'un tapis de velours 
rouge avec le carreau de mesme situé à la main 
gauche en entrant dans le dit chœur, et de l'autre 
costé était mon dit seigneur l'Ëvéque et comte de 
Léon avec pareils tapis et carreau sans aucun day, 
auquel stal mon dit seigneur le prince de Léon a 
assisté à la grand messe qui a esté dite par le dit 
sieur Colet, chanoine, à l'issue de laquelle il a esté 
conduit par mon dit sieur le chantre jusqu'au maî- 
tre autel, qu'il a baisé, et ouvert le missel, de là 



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230 LA GATHÂDKALK 

reconduit processioDnellement bors la porte de la 
dite église, durant la célébratioo de laquelle grand 
messe mon dit seigneur le prince de Léon a eu l'en- 
censement à l'Évangile et la paix à baiser, et luy ont 
été rendus en son logement de là part de nos dits 
seigneurs du Chapitre les douze pains lui deubz. 
Toutes lesquelles cérémonies cy dessus on estées 
faites en présence de Messires les gentilshommes 
accompagnants Monseigneur Je prince de Léon cy 
dessus nommés, et de Messire Hamon le Jacobin, 
seigneur de Dourdu, sénéchal et premier magistrat 
des reguaires de Léon, Messire Hamon de Kerguz, 
seigneur de Troffagan, gouverneur de la dite ville 
du Minihy du dit Saint Paul, et autres gentilshom- 
mes. De tout quoy nous avons rapporté notre pré- 
sent acte. 

V Caroff et Gesllar». 

« Et ce jour de vendredy, vingt deuxième de Juin 
1696, nous dits notaires, le requérant le seigneur 
de Penhoat, sénéchal de la dite principauté de Léon, 
nous estant transportés dans le cimetière et porti- 
que de l'église de S. Paul, nous lui avons donné 
pour adveré que dans le plus haut lieu du dît por- 
tique qui est dans la principale entrée de la dite 
église, il y a deux écussons en bosse, l'un desquels 
du côté droit porte les armes de Rohan et l'autre du 
costé gauche celles de la maison de Léon. De quoy 
avons pareillement rapporté acte. 

(1 Caroff, .Gbllart. 



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DE SAINT-POL DE LÉON 231 

« Ce jour, vingt troisième de Juin 1696, Monsei- 
gneur de Rohan estant en son hôtel de la ville de 
Landerneau, ayant pris lecture-des actes cydessus, 
a protesté qu'ils ne pourront préjudicier aux droits 
et prééminences attachés à la dite principauté, 
entrautres à ce qu'on a donné le day requis à Mon- 
, seigneur le prince de Léon ainsi que Monseigneur 
le duc l'a eu lorsqu'il fit sa prise de possession au 
même canonicat l'an 1667, et de plus a protesté que 
par les dits actes on a donné à Monseigneur l'Évoque 
la qualité de Comte de Léon, de quoy il a requis 
acte à nous notaires royaux. Les quelles protesta 
lions mon dit seigneur le duc de Rohan a déclaré 
taire comme père garde et bienveillant de mon dit 
seigneur le prince de Léon attendu sa minorité et 
non encore instruit de ses droits. » 

Cette protestation fut signifiée à l'Évêquede Léen 
en son palais épiscopal, le 26 Août 1696. 



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L OATHADBALZ 



VII 



INVENTAIRE 

s OBJETS MOBILIZEIS DE LA SACRI8TIB DE SAIKT-POL 

lait le 31 Dâoembre 1790 10 



R Descendus et entrés dans la sacristie, avons 
fait ouverture des armoires y étant, et se sont trou- 
vés : 

^'> Un grand soleil d'argent doré avec son étui, 

â" Un autre soleil de vermeil, 

3" Un anneau de vermeil enchâssant un diamant, 

4° Deux livres d'Épltres et Évangiles, couverts en 
argent modelés en figures de Saints (2), 

5» Un autre livre gothique couvert en argent, 

6" Un bénitier d'argent avec son goupillon, 

7" Une suspense de cuivre doré, 

8" La statue de saint Paul en argent, 

S*" La botle qui servait de pied estai, en bois, con- 
tenant des reliques, 

10° Une croix et deux châsses en aident doré, à 
l'autel de la férié, 

(1) Archives dépariemeDUles, L. 1. 

(3) Cet livres sont conserva à la Bibliothèque de la ville de 
Lyon. 



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DB eAiirr-POL de lAon 233 

11" Une couronne de vermeil n'ayant que quatre 
fleurs de lys, 

12" Une croix de vermeil, 

13" Une croix d'argent, 

14" Deux grands anneaux d'argent, 

15" Une aiguière d'argent, 

16" Un plat d'argent, 

17" Deux orceaux unis d'argent propres à mettre 
les saintes bulles et le saint chrême, 

18" Un petit plat de vermeil, 

19" Une paix en vermeil, 

20" Quatre flambeaux d'argent, 

21" Deux encensoirs d'argent, 

22" Deux navettes, 

230 Deux grands croix d'argent, 

24" Un bâton cantoral, 

25" Deux petits orceaux d'argent avec leur plateau, 

26« Quatorze calices d'argent, 

27" Trois calices de vermeil, 

28" Seize patènes, 

29" Deux calices d'argent dont l'usage a été accordé 
aux s" Keroulas et Tromelin pendant leur vie, 

30" Une petite couronne d'argent servant au grand 
soleil, 

31" Des pantes de dais, 

32" Une châsse d'argent contenant le chel de 
s* Edme, 

33" Deux bras en argent, 

34" Un dôme en vermeil soutenu de quatre lions, 

35" Deux ciboires d'argent, 



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334 LA oathAdbalb 

36° Ud custode en vermeil, 

37» Une boite à hostie en aident, 

38° Une lampe d'argent dans le chœur, 

39° Six grands chandeliei^ de cuivre, 

40" Un grand chandelier de cuivre, 

41" Une grande croix en cuivre, 

42» Deux petits chandeliers au grand autel, 

43" Deux chandeliers en fer, 

44" Vingt- deux chandeliers de diBérentes gran- 
deurs en cuivre, 

45" Quatre bras et leur plaque en cuivre, 

46" Deux petites croix en cuivre, 

470 Une coquille en argent, 

48" Une boite en aident en contenant trois autres 
plus petites à l'usage des fonts baptismaux, 

49" Une fontaine en cuivre, 

50" Un bénitier avec son goupillon en cuivre, 

51" Quatre grands chandeliers de fer, 

52" Deux aubes uniforme avec des garnitures, 

53" Vingt-deux autres aubes, 

54" Une grande nape de communion pour les prê- 
tres, 

53" Neuf essuie mains, 

56" Vingt- deux corporaux, 

57" Vingt-six purificatoires, 

58" Cinquante napes d'autel, 

59" Six napes de communion, 

60" Un ornement complet rouge à galon et fleur 
d'or, 

61" Un ornement rouge complet à galon d'or, 



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DE 8AINT-F0L DE LÉON 235 

62^ Un ornement rouge à dentelle d'argent, 
-63" Un ornement en laine rouge complet, 
64» Un ornementdesoieàcouleurde rose à grande 

dentelle d'or, 
65» Un ornement à croix blanifte à fleur d'or avec 

de petites dentelles d'or, 
660 Un ornement de velours cramoisi à croix d'or 

relevé en bosse avec les dentelles et les Iranges des 

étoles en argent, 
67° Une chasuble soie et laine avec des galons d'or, 
6S° Une chasuble à Heur fond blanc et rouge à 

petite dentelle d'argent, 
69" Huit chasubles de diverses couleurs, 
70" Un ornement complet avec dalmaliques et 

cinq chapes dont trois pareilles, le tond à grandes 

fleurs rouges et or et deux dalmatiques. 
71" Cinq ornements complets, 
72" Dix-huit chapes de toutes couleurs (six rouges, 

six blanches, trois violettes, trois vertes). 
73" Vingt-huit ornements pour les basses messes, 
74° Trois ornements complets pour les messes de 

férié, 
75" Cinq chasubles vertes galon d'or et d'argent, 

- 76" Une étole pastorale, 
77<» Cinq devant d'autel (servant au chœur), 
78" Une chasuble verte à galon d'argent, 
79° Tous les livres nécessaires au service, 
80" Un grand dai en velours cramoisi galon mat 

d'or et franches d'or avec quatre panaches. » 
Pour compléter cet inventaire, nous donnons la 



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886 LA CATa&DBALB 

nomenclature des reliques encore conservées à la 
Cathédrale : 

Une Sainte Épine de la couronne de Notre-Sei- 
gneur. 

Le doigt de saint Pol et un 03 de son bras. 

L'omoplate et une vertèbre de saint Hervé, 

Une partie du fémur de saint Laurent, 

Un fragment d'os de saint Goulven. 

Pour l'histoire de ces reliques, nous renvoyons k 
l'intéressant ouvrage de M. le chanoine Thomas : 
Saint P<d Aurêlien et se» premier» successeur». 

Du trésor de la sacristie, il ne reste plus à la 
Cathédrale qu'un très beau calice en argent repoussé 
ayant appartenu, au commencement du xvne siècle, 
au chanoine de Lesguen, protonotaire apostolique, 
chevalier du Saint-Sépulcre, dont on voit les armes 
sous le pied du calice, d'or au palmier d'azur, avec 
les initiales de son nom X. L. Sur la coupe, sont 
représentées les scènes du baiser de Judas, et de 
saint Pierre coupant l'oreille à Malchus. Sur le nœud 
se voient, en trois compartiments. Moïse, Aaron et 
David jouant de la harpe. Sur le pied, Notre - 
Seigneur tombant sous le poids de sa croix, et la 
Véronique essuyant la sainte Face. 

C'est un très joli travail d'orfèvrerie, dans le style 
de la Renaissance. 



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DE BAIKT-POL DE LÉON 
VIII 

LE CLERGÉ DE SAINT-POL 



1» État d«s Ecclésiastiques du Mlnlhy de Léon, 
en i 790. 

CHAPITRE 

Mgr Jean-François de la Marche, évéque. 

Jean-Corentin de Troërin, né au château de Kerjean, 
en Plouvorn, chanoine, chantre, vicaire général, 
prêtre en 1767,liceacié en droit.(Mortle3Mail8l}8.) 

Charles-Thomas Micault de SouUeville, archidiacre 
de Léon. 

Jean-Louis Roussel, né à Hoscoff, archidiacre de 
Quimînidilly depuis 1774, docteur en théologie, 
ancien professeur de philosophie à Mazarin, vicaire 
général. (Mort pendant la Révolution.) 

Jérdme de Keroullas, né à Lesneven en 1733, licencié 
en droit, recteur de Saint-Martin de Morlaix, de 
1758 à 1768, depuis à Léon, archidiacre d'Acre, 
chanoine, vicaire général. [Mort le 16 Août 1808.) 

Louis-Jean de Gouzillon de Kermeno, trésorier. 



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238 LA OATBiDRALa 

Honoré Le Dali de Tromelin, né à Brest, docteur en 
théologie, oflicial, chanoine, vicaire général. (Curé 
de Morlaix, mort le 25 Juin 1829.) 

Jacques-Marie de Mathézou, né à Trébabu en 1749, 
chanoine. (Mort le 4 Avril 1817.) 

Pierre-François de Puyferré, né à Lesneven en 1746, 
bachelier en théologie, chanoine. (Curé de Lesneven 
en 1805, mort le 2 Septembre 18^.) 

JérAme Prigent, chanoine pénitencier, vicaire géné- 
ral, docteur en théologie, ancien professeur de 
théologie à Rennes. 

Quentric, du diocèse de Tréguier, licencié en théo- 
logie, chanoine, vicaire général. 

Louis-François de Limoges, chanoine, vice-otGcial 
depuis 1775, élève de l'HOtel des Gentilshommes à 
Rennes, licencié en droit, curé de Saint-Houardon, 
a eu le brevet de joyeux avènement de Louis XVI 
pour le premier canonicat vacant. 

Jean-Guillaume Le Gac, chanoine. 

Guillaume Hardy, né à Plounéour - Trez en 1728, 
recteur de Bréventec en 1775, chanoine. (Vicaire à 
Plounéour-Trez en 180S.) 

Michel Henry, chanoine théologal, vicaire général. 
(Curé de Quimperlé en 1805, chanoine, vicaire 
général, mort le 29 Décembre 1829.) 

Jean - Marie - Dominique de Poulpiquet, chanoine, 
recteur de Plouguerneau, vicaire général. (Évéque 
de Quimper en 1824, mort en 1840.) 

Hyacinthe - Joseph Niquet, chanoine clerc, depuis 
1787. 



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DK SAINT-FOL DE LËOK 239 

Amaury de la Motte, chanoine clerc, demeurant à 
la Guyomarais, paroisse de Saint -Donoual, en 1790. 

BAS - CHOEUR 

Hervé Le Lann, né au Minihy en 1736, vicaire de 

chœur. (Vicaire à Pleyber-Christ, mort en 1804.) 
Tanguy Jacob, né à Ploudalmézeau en 1751, vicaire 

de chœur. [Vicaire à Landemeau en 1805, mort le 

21 Septembre 1826.) 
Jean-Louis Collet, né à Saint Brieuc en 1756, vicaire 

de chœur. (Prêtre habitué à Brest en 1805, renvoyé 

à son diocèse.) 
François-Ignace Luguern, prêtre en 1775, sacristain. 

I Mort vicaire à Plounéventer le 24 Janvier 1814.) 



PAROISSE 

Le» Chanoine», Recteurs primitifs. 

Ëlie- Joseph Corre, né au Minihy, recteur par le 
choix du Chapitre en 1775 ou vicaire perpétuel. 
(Mort curé de Saint-Pol en 1815.) 

Yves Kerébel, curé, né à Brélès en 1762, vicaire à 
Saint-Pol en 1785. (Mort recteur de Plounévez- 
Lochrist le 3 Avril 1809.) 

Nicolas-Marie Moal, curé, né à Recouvrance en 1767. 
(Mort le 5 Octobre 1805.) 

Branellec, curé. 

Hervé Grall, curé. (Recteur de Guiclan en 1804, direc- 
teur du Séminaire, mort en Janvier 1811.) 



/ 



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240 Là oath^râlS 

séminaire 
7^u par le» Lazariste». 

Gbanfrel, supérieur. 
Richenet, procureur. 
Sar, professeur. 
Liard, professeur. 

COLLÈQB 

Jean Pérou, né à Saint-Pol en 1754, priniHpal, supé- 
rieur du Petit-Séminaire, vicai^ général. (Mort 

. principal du Collège de Léon le 2 Septembre 1827.) 

Toussaint Costiou, né à Lesneven en 1764, scholas- 
tique, professeur de philosophie. (Recteur de Saint- 
Martin de Morlaix en 1804, mort chanoine de 
Quimper le 29 Mars 1819.) 

Charles -Marie Fercoc, né à Plougonven en 175S, 
professeur de philosophie. (En 1794, déporté à 
bord des Deux-Associêa.) 

François Abgrall, né à Guimiliau en 1757, prêtre eu 
1784, professeur de rhétorique. (Recteur de Pley- 
ber-Christ en 1804, mort curé de Sizun en 1843.) 

Le Roux, professeur de seconde. 

Le Men, professeur de troisième. 

Le Gall, diacre, professeur de quatrième. 

Pierre Liscoat, minoré, professeur de cinquième. 
(Mort le 28 Novembre 1826.) 



François Corrigou, directeur. (Exécuté à Quimper 
le 16 Septembre 1794.) 



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DB BAIHT-POL DB LÉON 



RETRAITE DES FEMMES 



Jacques BleunveB, directeur. (Mort à Mespaui eo 
1803.) 



Tanguy Leyer, né à Saint-Houardon en 1752, aumô- 
nier. (Vicaire à Ploudiry en i798.) 

SANTEC, TRÊVE DU HINIHT 

Hervé Paul, curé. (Mort en 1803.) 

HOSCOFF, SUCCURSALE DU HINIHY 

Michel-Jacques Boutin, curé. (Recteur de Mespaui 
en 1804, mort recteur de Commana en 1816.) 

Julien-Jean-Marie Bourgonnière, prêtre, né à Saint- 
Martin de Morlaix en 1761. (Vicaire à Roscoll en 
1804, mort en Novembre 1806.) 

Jacques-Maurice Décourt, prêtre, né à Saint-Martin 
de Morlaix en 1754. 

COMMUNAUTÉS D'HOMHES 



Carmes. — 6 prêtres. 
Minimes. — 2 prêtres. 
Capucins. — 5 prêtres. 



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LA CATHËDSALS 



2° Cuf>é» de Saint-Pol depui» -1802. 

Élie-Joseph Corre, né à Saint-Pol le 25 Avril 1741, 
prêtre en 17fi5, curé, de 1775 à 1815. 

François Le Gofi, né le 21 Décembre 1763 à Plouénan, 
prêtre en 1803, curé, du 10 Avril 1815 à 1846. 

Salomon Pouliquen, né à Landerneau le 1" Mars 
1802, prêtre en 1825, curé, du 5 Novembre 1846 
à 1872. Sous son administration la Cathédrale fut 
restaurée grâce à l'intelligent concours de M. Pol 
de Courcy. 

François Ollivier, né à Saint-Pol en 1829, curé, de 
1872 à 1879, nommé supérieur du Séminaire. 

Jean-Marie Messager, né à Pleyber-Christ en 1825, 
curé, de 1879 à 1898. La Catbédrale lui doit l'autel 
et le beau reliquaire renfermant les saintes reli- 
ques, ainsi que les lêtes magnifiques de leur 
translation, au mois de Septembre 1897. 

Louis-Aimé Le Goff, né en 1843 à Châteauneuf-du- 
Faou, curé depuis 1898. Se prépare, en cette année 
1901, à célébrer solennellement l'érection en Basi- 
lique mineure de la Cathédrale de Léon, sous le 
titre de Notre-Dame de l'Annonciation. 

3' Vicaires de SaInt-Pol depuis 1802. 

Jacques-Marie Mathézou, né à Trébabu en 1749, 
ancien chanoine de Léon, mort en 1817, désigné 



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DE sâint-pol de Léon 243 

comme vicaire de Saint-Pol depuis Novembre 1802, 
Yves Kerébel, né à Brélès en 1762, vicaire de Saint- 
Pol depuis 1785, nommé recleur de Plounévez- 

Lochrist en 1806. 
Nicolas-Marie Moal, né à Recouvrance en 1767, 

vicaire de Saint-Pol depuis 1790, mort en 1808. 
Le Père Paul-Marie, de Landerneau (Alain Kerau- 

tret), né à Locmélard-Sizun, 21 Décembre 1756- 

1808, mort le 6 Mars 1821. 
Jean Péron, ancien principal du Collège, né à Saint^ 

Pol le 24 Mai 1754, <( est d'une très grande ressource 

pour les confessions et les offices,' » principal du 

Collège en 1805. 
Jérâme Keroulas, né à Lesneven (alias Quimper) 

le 16 Décembre 1733, infirme. 
Le GoK, 1806 1815, nommé curé de Saint-Pol. 
Perrot, 1806-1808. 
Prigent, prêtre, 1808. 
Gabon, 1814. 

Yves Léran, de Guiclan, prêtre, 1815. 
Jean Bohic, né en 1788 à Carantec, 1816. 
François Silliau, né en 1796 à Lanmeur, 1820. 
Tanguy Guéguen, de Cléder, 1821. 
Olivier- Yves-Prémel Cabic, né en 1801 à Cléder, 1824. 
Yves Quiviger, né en 1797 à Sibiril, 1827. 
Alain-Yves Brénéol, de Goulien, 18291843. 
Alexis Le Troadec, de Carhaix, 1839-1841. 
Jean-François Boizard, de Moriaix, 1838. 
Hervé Kerrien, de Carantec, 1841-1854. 
Jacques-Marie Prigent, de Lanmeur, 1844-1830. 



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214 LA OÀTHÉDRALB 

Guillaume-Marie Bothorel, <te Morlaix, 184S-18S1. 
GusUve Bernard, de Brest, 1850-1853. 
Guillaume Guéguen, de Plouguerneau, 1851-1855. 
Nicolas Boulier, de Rosporden, 1854-1866. 
Guillaume Goliès, du Folgoët, Août 1855-1860. 
Joseph Le Pennée, de Quimper, Novembre 1855-1857 

(Missionnaire du Saint Esprit), 
Jean-Guillaume Garichon, de Quimper, 1857-1869. 
Philippe Huet, de Morlaix, 1860-1872. 
Théodore Salaun, dOuessant, 1866-1879. 
Guillaume Iliou, de Plouzané, 1869-1873. 
Jean-Marie Moullec, d'Esquibien, Mars 1872 1886. 
Alexandre Fléiter, de PontlAbbé, Juillet 1872-1876. 
Auguste Dourver, de Plougasnou, 1873-1879. 
François Abernot, de Lesneven, 1876-1879. 
Olivier Le Pape, de Landivisiau, Mars 1879-1895. 
Pascal Le Bras, de Morlaix, Octobre 1879-1883. 
Léon Derrien, de Saint-Pol, 1883. 
Joseph Gadon, de Châteauneuf, 1886-1900. 
Prosper Messager, de Plounéour-Trez, 1889-1900. 
Thénénan Colin, de Plouédern, 1893-1899. 
Jean-François Renaot, 1899. 
Léon Pichon, 1900. 
Auguste Conq, 1899. 
Jean-LouiS'Marie Floc'h, 1900. 



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TABLE DES MATIÈRES 



I. — NOTICES PRÉUMINilBBS 

1* L'BTécbé de Léon I 

a* Catalogue des Évâques de Léon 6 

3* Service paroissial du Hinihy 11 

n. — U CITBSDBALE DB SAJHT-POL 

1* Tue d'eniembla !8 

S- Chapelle de Toussauts 33 

3* Les deux chapelles de l'entrée de la sacristie...,. 48 

4* Chapelle du Bosaire 49 

5* Notre-Dame de Cabel 66 

6* Chapelle de Keraulrel. (H 

7* Trausept Nord et basHsftté de la nef. 66 

8* Portail et net 70 

9* Collatéral Sud 72 

10* Transept méridional 79 

11* Chapelle de Snint-Jaseph 92 

13° Chapelle de Saiot-André le Barbu 88 

13* Chapelle de Eenneur ou de Poulpiquet 88 

14' Chapelle de Saint-Pierre 89 

15° Chapelle de Saiot-HaUiieu 9S 

16* Le chteur. . . . .■ 98 

m. — LA PSALLBTTE DB LfiON 113 

IT. — EXTRAIT DES CCAlPTEâ 

I* Les cloches 139 

2* Travaui à la Cathédrale 136 

3* Travaux d'orfàrrarie 140 



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S46 TABLE 

PlfCS. 

4* DéptDSfli de la ucristie 14S 

&* Collationi à l'occulon des mtrcbâi US 

6* lot prtdicaleura 114 

7* Le* prooMiioiw 149 

V. — LIS CBiPSLLBS DU HINIBT 

1" [fotre-D4me du CreiNjuv 153 

2- Saint-Pierre. , i64 

S* Notre-Dame de CauTart 166 

4' Sainte-Catheriae 16$ 

5* Saint-Nicolas 167 

6* Lea Ctrmea 167 

7* Lei Hînimes 1S8 

8* La Hadeleine 169 

9* NouBter Paul 169 

10* Notre-Dame de Pralcuiq 169 

11* Notre-Dame de Bonuo-Noa relie 171 

U* Notre-Dame de Lorette 171 

18" Notro-Dame de CeraaJîou 172 

14* SaJDt-Rochet Saint^bastien 178 

IS" Sainl-Boch 173 

la* HôpiUl Saiot-rres 175 

XT* Saiot-Hep 175 

18" Saut-Teana) 175 

19" SaintSaâDC 175 

SO" Saiote-Anne 178 

21- Saiot-Michel 176 

sa* Chapelle de i'ËvAcbé. 178 

33* Saint-Joseph 177 

84' Saint-Jean 177 

36' La fietraite des femmes 177 

28* Lea Ursulioes 179 

27' Croaz-Baï 189 

28* SaJDt-NiDieD 180 

29* SaiDie-inae , 181 

30* Saint-Nicolas 181 

31° Saint-Charles Borromée 181 

se- Les Capacins 131 

as* Sainte-Barbe 18S 



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TABLS 347 

34- Sainte-Brigitte ISS 

35- Santeo ...~. IK 

36- Saint-Hiac 18Ï 

TI. — LBS CBREHONIES A U CATHEDBALB 

l> PriBe de possession de V Gaj Le Clerc ISl 

3* Réception des Si" de Hoban en qualité de clianoiaea. . . 219 

VU. — UIVKHTAIRE DE n» 233 

Vm. — tB CLERfiÉ DE SAINT-POL 

1* Eut des ecciteiastiques du Uiniby en 1790 S37 

S- Curés de Saint-Pol depuis 1602 343 

3' Vicaires de Saiot-Pol id 3d9 



Qulmper, Imp. de Kenaisl. 



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DU MÊME &tITE[IR 

Dooumanu pmip Mrvir à l'hiatolre du Otopgi païKfurt la 

Révolution. — 1 loi. in-t*. 

La PoMe A Qulmpar an 1089. 

Hotpo-Danta da Bon-Vogrago. 

L-éflUa* Saint- Mathiau da Qulmpar. 

ppooia pour falU de SoreBllerle au XVII* alAola. 

HoUée sur ta Ohapalla Ty-Mam-Doua. 

Notra-Dama du Mur at la Oonfféria da la Trinité i Moriata. 

Abrégé da la Via da Marla-Amloa Ploark 

Reohorohaa aur la Curto da aaint Mlohol dana la dtocéaa 

da Qulmpar. 

Doux Reotoura bratona méconnus. 

ToMamanta at Fondatlona ancHannaa. (Ëuiil« sv ie> mmis 

ei Matomet da temps pisat.) 
ExpulBlon daa Uraullnaa at daa Hoapltalléraa da Oarhalx. 
ilofla da la Bratagna at d* aalnt V*aa. iDocmunt di iv* attic.l 
Fondation da l'Abbaya d« Karlot. 
Panmaro'h at lea barona du Pont- 
La Martyra at aa foira. 
L'Ilwendia da rÉvéohé de Qulmper en 1666. 
Fin da l'ÉglIae Oonatltutlonnella, Mort d'Audreln. 
Alain Hédélee ou la Révolte de Poueanaot. 
L'Abbaya da Daoulaa. 
Prébandaa at Revanue du Chapitra da Oornouallfa. 
RaataurMlon du Culta dana la dlooéaa da Qulmpar, 

1802-1004. 

NotlM aur Ploflonneo. 
Hotloa sur lea Séminaire* de Qulmper «t de Léon. 

£h tehtk crbz h. SâLAUN, LiBH*iRfe, a Quihpbr. 



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3 2044 034 465 708 



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